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Paracha Teruma (16/02/10)

48 min

Rav Yossef David

Ensuite : Paracha Teruma (24/02/09), 50 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

J'ai l'intention de m'attaquer à quelque chose de particulièrement difficile pour quelqu'un qui vient, comme vous, du monde occidental. C'est le concept de korbanot. Le concept de Panamikdash, le concept de korbanot. Le concept de korbanot est tout à fait naturel pour quelqu'un qui vient de l'Extrême-Orient. Pour lui, c'est évident, un korban. Pour quelqu'un qui vient de France, c'est archaïque, ou cruel, ou dépassé. Beaucoup de choses, mais pas logique, en tout cas.

On imagine mal un homme qui sort de son usine de high-tech en Israël, qui prend sa brebis, voit le Beit Hamikdash, et qui lui fait la shehita, et c'est avec la bouche partout et tout et tout. Quand vous dites ça à un juif, même religieux: « Tu sais, on va construire le Beit Hamikdash, on va faire les korbanot », il répond: « Le Beit Hamikdash, on verra ça en vidéo sur Skype, quoi. » D'accord ? Donc la pensée occidentale d'aujourd'hui se heurte à la notion de korban.

Et nous, comme juifs venant de l'Occident, nous avons du mal avec ça. Nous avons du mal parce que notre sensibilité, qui est née justement en Occident, est complètement réfractaire à ce type d'idées. Je n'ai donc pas du tout l'intention, comme on a l'habitude dans notre chiour, de laisser ça de côté. J'ai l'impression qu'il faut en parler et expliquer pourquoi c'est nécessaire, pourquoi ça manque au monde d'aujourd'hui, pourquoi c'est vrai et pourquoi on a besoin de ça. On va essayer de répondre à toutes ces questions.

Avant, évidemment, nous allons passer sur le contenu de la paracha pour expliquer un peu de quoi elle parle, parce qu'on ne va pas voir l'envers. La paracha de Térouma est la première des quatre parachiot qui vont décrire — les quatre prochaines parachiot, avec une petite interruption au milieu. Pas les korbanot: plus précisément la construction du Mishkan.

Ça, les korbanot, on ne les fait pas dans la rue. Il faut les faire dans un certain endroit, qui s'appelle le Mishkan. Le Mishkan, si l'on veut, c'est le Beit Hamikdash portatif, pour se déplacer d'un endroit à l'autre. Et là je parle de la construction du Mishkan. Une mitsva ? Chayek. Bon, donc vous avez compris l'importance d'étudier ces parachiot-là, parce que beaucoup de gens étudient la Torah et se disent: « Bon, c'est marqué dans la Torah, c'est bien, tout et tout et tout. » D'accord ?

Il y a une règle qu'on dit à tous les élèves, pratiquement: ce n'est pas parce qu'il y a quelque chose qui est marqué dans la Torah qu'il est vrai. Mais… Et c'est quoi qui dit ? Parce que c'est vrai que c'est marqué dans la Torah, ce n'est pas que c'était faux et que d'un coup, c'est marqué dans la Torah et c'est devenu vrai. Je répète: c'était déjà vrai, et c'est marqué dans la Torah. C'est-à-dire que le Rav dit des choses vraies, des choses bien, et le fait que ce soit marqué dans la Torah est là pour nous dire, tout simplement, que ce n'est pas que d'un coup c'est déjà vrai.

Donc n'importe quoi qui est marqué dans la Torah, on doit être capable, à un niveau ou à un autre, pas forcément à tous les niveaux, parce qu'il y a des choses qui nous dépassent un peu, de comprendre pourquoi c'est marqué. C'est pour cela que tous les hakhamim qui écrivent des livres d'émouna expliquent pourquoi la Torah demande ce que nous faisons. Il est facile de comprendre: « Tu ne tueras point ». Si on commence à tuer sans limite, il n'y a plus grand monde. Il y a donc une logique interne. Il y a des lois plus difficiles, comme, par exemple, « tu feras un Mishkan ». Le 613, oui, mais il y a dedans le « Je suis Hachem ton Dieu » et compagnie. Donc tu sais déjà. Genre: « Moi je fais seulement les dix commandements, ça me suffit. » Non, non.

On a besoin du Mishkan, on a besoin du Mizbéa, on a besoin de faire des korbanot. C'est une chose qui nous manque, à nous les juifs, c'est une chose qui manque au monde. On va essayer de répondre aujourd'hui. Les dix commandements, ce n'est que l'introduction. Ce n'est pas toutes les mitsvot, les dix commandements: c'est l'introduction, c'est ce que l'on a reçu en premier, au mont Sinaï. Donc commençons. Par quoi commence la paracha Térouma ? On a dit que quatre parachiot vont traiter de la construction du Mishkan. Vous vous rappelez des noms ? On a Térouma, Tetsavé,

et Vayakhel Pekoudé. Je vous recommande d'arriver au chiour avec un stylo. Est-ce que quelqu'un a un stylo ? Tiens. Il est mordu mais il marche. Donc Vayakhel Pekoudé, c'est la deuxième partie, les deux autres. Deux groupes: Térouma et Tetsavé, Vayakhel Pekoudé. D'accord ? On va nous raconter comment le Mishkan est construit, et là on peut comprendre pourquoi on a besoin de tant de mitsvot. Vous comprenez que, par exemple, pour les Michpatim, toutes les lois qui concernent la manière de régir la société israélienne d'après la loi de la Torah, on a très peu de bases finalement. On a trois, quatre, cinq bases avec lesquelles on va faire des dizaines de mitsvot, des centaines de halakhot, de nezikin et compagnie. Et là on a besoin de quatre parachiot. Pourquoi, à votre avis ? Pourquoi a-t-on besoin de tant de parachiot pour expliquer le Mishkan ?

Il y a plein de choses que tu peux comprendre avec la raison, avec le cerveau: si celui qui a tué une personne doit être puni comme ça, celui qui a tué deux personnes doit être puni au moins comme ça. Le cerveau peut marcher sur ce terrain. Mais le Mishkan ? Non, ce ne sont pas des choses déductibles. Il y a d'abord une différence de niveau entre la Torah écrite et le reste: c'est ce qui est marqué dans la Torah écrite. Cela a une certaine importance, car cela a été donné directement comme ça par HaKadosh Baroukh Hou. La Torah orale aussi, mais elle a été transmise. Maintenant, le Mishkan, on n'aurait pas pu deviner tout ça. C'est trop précis. Si tu as fait les onze composantes de la Ketoret, l'encens, et qu'il te manque une seule, tu n'aurais pas pu la deviner. Les onze. D'accord ?

Tu n'aurais pas pu faire: « Ah, je vais mettre ceci par-ci, cela par-là. » Il faut que tu aies entendu ces choses-là. Encore moins. Donc tout ça, on a besoin de beaucoup de mitsvot, et on a besoin de quatre parachiot rien que pour la construction du Mishkan. Et le Mishkan sert de base pour construire ensuite le Beit Hamikdash, parce que le Beit Hamikdash, quand on regarde à quoi il ressemble, ressemble au Mishkan, mais en plus grand. C'est une bonne question, retiens-la, parce que je vais passer à des questions auxquelles il faut répondre dans la paracha. C'est la réponse: c'est, en gros, la question quand on l'énonce plus grandement.

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