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Jérusalem, la réunification et la division de 1948

Pourquoi Jérusalem est restée divisée en 1948, et comment l'unité du peuple a permis sa réunification en 1967.

49 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Yom Yerouchalayim (27/05/14), 56 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bon. Shalom tout le monde. Il y a dans l'existence des limites, des frontières. Les limites, les frontières, c'est quelque chose d'extrêmement oppressant. Nous aimons la liberté, ça fait partie de la nature de notre âme, et donc quand il y a des limites, des frontières, ça nous oppresse. Il y a trois limites.

La première, c'est par exemple le lieu. Quand je suis là, je ne suis pas là-bas. Je ne peux pas être partout à la fois. Je ne suis pas ce qu'on appelle en français « omniprésent ». C'est très gênant, parce que ça crée des difficultés dans les communications, etc. C'est la raison pour laquelle les hommes ont décidé de surmonter ce handicap, et qu'on a développé la vitesse, et qu'on essaye aujourd'hui d'être présent partout dans le monde à la fois, par le téléphone, l'internet, etc. Il y a toujours, de toute manière, une limite qu'on ne pourra jamais dépasser: on ne peut pas être partout à la fois. Je ne peux même pas regarder devant et derrière à la fois. Impossible.

Il y a une deuxième limite, qui est la limite dans le temps. Extrêmement grave, cette limite. Je suis là, maintenant. Hier, c'est passé. Demain, ce n'est pas encore venu. Je ne peux être que dans un temps à la fois. Il y a une quantité infinie de moments dans l'histoire, dans l'histoire du monde, des milliards d'années, et je ne peux pas faire autrement que de vivre aujourd'hui, à cette heure-là. L'imagination humaine a inventé, par exemple dans les ouvrages de science-fiction, des choses de ce genre: des machines

à remonter le temps, à partir dans l'avenir, etc. Pourquoi ? Parce que l'homme se sent frustré justement du fait qu'il ne peut pas être dans tous les temps à la fois. C'est très difficile de faire tout à la fois: d'écouter un cours au Machon Meir, d'étudier la Guemara, c'est très embêtant, on ne peut pas faire les deux choses à la fois. Il y a donc cette limite temporelle. C'est évidemment une des raisons pour lesquelles les hommes essaient de prévoir l'avenir, d'étudier l'histoire, de savoir ce qu'est

le présent, le passé et l'avenir. Mais il y a toujours cette limite qui est infranchissable, la limite du temps.

Si on réfléchit bien, il y a une troisième limite, encore plus oppressante. C'est la limite de l'être. Je ne peux être que moi et pas toi. Même si j'apprends beaucoup de choses sur toi, je resterai toujours moi et pas toi. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle on dit: si ce n'est pas toi, c'est donc ton frère. Le problème de rester une personne fermée est terrible. Je m'intéresse aux autres. C'est pour cela qu'il y a des livres: les gens écrivent des livres, des romans, pour transmettre à d'autres ce qui se passe dans leur for intérieur. Mais même quand j'apprends les pensées d'un autre, en tant que pensées de l'autre, ça restera toujours ses pensées à lui, et ce que j'apprendrai de lui passera par ma pensée. C'est comme disait Leibniz: les monades n'ont pas de fenêtres. Je suis finalement dans un monde fermé.

Je suis donc limité par l'espace, par le temps, et par la personnalité, par le psychisme. En hébreu, les kabbalistes appellent cela olam, shana, nefesh: olam, c'est l'espace, shana, le temps, nefesh, l'âme, l'être. Alors, il y a quand même des moyens de s'en sortir. Un des moyens, c'est d'essayer de sortir des limites du monde: ça s'appelle le suicide. Par un acte d'un quart de seconde, on peut se libérer de toutes ces emprises-là, mais c'est extrêmement embêtant, parce que c'est pessimiste, c'est-à-dire que c'est refuser la vie. Il y a un autre moyen, qui est de trouver un lieu dans lequel les limites de l'espace n'existent pas, un temps où l'on peut dépasser les limites du temps, et un être qui contiendrait tous les êtres.

Par exemple, au niveau des êtres, dans le peuple juif, il y a ce qu'on appelle le grand prêtre, le Kohen Gadol. Le Kohen Gadol a une particularité extrêmement intéressante: il est capable de faire le vidouï pour les autres. Le vidouï, c'est-à-dire la confession des péchés: quand on fait techouva, il y a un moment où l'on fait le vidouï, on reconnaît ses péchés, ça fait partie de la techouva. Il serait ridicule de dire: « Est-ce que tu vas faire techouva à ma place ? J'ai pas le

temps. » Ou bien: « Est-ce que tu peux aimer mon prochain à ma place, parce que j'ai pas le temps de l'aimer ? » Ça ne marche pas, ces choses-là. Il y a des mitsvot qu'on peut faire par délégation. Il y en a qu'on ne peut faire que soi-même. Tout ce qui a rapport à la volonté, à l'être, ne peut pas être fait par quelqu'un d'autre. J'ai pas le temps d'aimer: est-ce que tu peux aimer à ma place ? Non, ça ne va pas. Et pourtant,

le vidouï, qui fait partie de la techouva, le Kohen Gadol le fait au nom de tout Israël. Est-ce se moquer du monde ? Est-ce du formalisme ? En fait, c'est parce que le Kohen Gadol est une personnalité particulière. Il comprend dans sa personne toutes les personnes d'Israël. Ce qui fait que, lorsqu'il fait le vidouï, quelque chose se transforme en moi. Donc on a réussi, à travers une personne au moins, à dépasser les limites qui séparent les personnes. Moi, je fais partie du Kohen Gadol, son moi

et mon moi. C'est merveilleux. C'est pour cela qu'il a sur sa poitrine un pectoral sur lequel sont écrits les noms des douze tribus d'Israël, parce qu'elles sont dans son cœur.

Il y a également un temps où l'on peut dépasser les limites du temps: c'est Kippour. À Kippour, on fait l'expiation des péchés du passé. On revient en arrière dans le temps, au moment où le péché a été commis, on transforme la volonté, et c'est dénoué, comme par enchantement. Il y a également un lieu où les limites du lieu n'existent pas: c'est par exemple Erets Israël, qui est appelée Erets Tsvi, le pays du cerf. Tsvi, c'est le cerf en hébreu. La Guemara explique pourquoi Erets Israël est comparée à la peau d'un cerf: la peau du cerf est élastique. On peut y faire rentrer des tas de choses. Si vous ouvrez les entrailles d'un cerf et que vous en faites sortir les organes, la peau se rétrécit. On a alors l'impression de se demander comment on a pu faire rentrer tout cela dedans. De même, Erets Israël grandit selon le nombre des enfants d'Israël qui l'habitent.

Exemple de cela: en 1937, une commission britannique est arrivée en Palestine. C'était le nom d'Erets Israël à l'époque. C'était la commission Pil, pour vérifier les capacités d'absorption d'immigrants de la Palestine. À l'époque, il y avait 400 000 juifs dans toute Erets Israël. La conclusion de la commission était: il n'y a plus de place pour un chat. Puis la commission a quitté le pays, et on a découvert …

Cours de Machon Meir

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