Le libre arbitre selon le Ramhal : étudier sa nature
Le libre arbitre suppose la connaissance de sa nature, et la Torah éclaire l'homme pour la réaliser pleinement.
Rav Yehoshoua Zuckerman
Ensuite : Le libre arbitre selon le Ramhal, la Torah comme lumière, 58 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Au niveau de ce qui est écrit ici, je relis en français, et nous allons voir dans le texte. Quand nous traitons du libre arbitre, c'était le sujet que nous avions commencé, nous traitons nécessairement d'une situation ambivalente, une situation assez difficile, que toutes les créatures, instinctivement, se conduisent d'après leur nature. Et la nature, c'est ce que le Créateur a implanté, ce qui force toute créature à recevoir cette nature. C'est-à-dire que toute créature, sauf l'homme, n'a pas de libre arbitre.
Et c'est dans le même sens qu'en français: le mot nature vient du mot naître. Chacun de nous naît avec la nature et les lois de vie naturelles. C'est la base, la base même. L'homme aussi a reçu une nature, il naît lui aussi avec une nature d'homme et avec des lois qui… et qui doivent être respectées fidèlement pour vivre.
Malgré tout, il y a un problème: on ne peut pas décider qu'il va faire ce qu'il veut. Le libre arbitre n'est pas que l'homme fasse ce qui lui vient à l'idée. C'est ce qu'on appellerait en hébreu efker, c'est-à-dire quelqu'un qui serait comme à l'abandon. L'homme, pour réaliser son être, pour être vraiment fidèle à sa personnalité, n'a pas d'autre moyen que de s'étudier, d'étudier quelle est cette nature. Et une fois qu'il a la connaissance de cette nature, il peut de plus en plus être fidèle à sa réalité propre. D'accord ? En d'autres termes, le libre arbitre dépend de la connaissance.
Celui qui n'a pas cette connaissance, dans le monde où il vit, n'est pas nouveau: il est laissé à l'abandon, sans savoir quelle est la voie qui lui est propre. Il a réalisé sa santé physique, si je suis d'accord, c'est ce que nous avions dit. C'est ce qu'il dit ici, le Ramhal, dans Messilat Yécharim. Il faut les étudier, et voir.
Deux choses ont été créées dans les facultés de l'homme. Sékhel haadam, d'une part, l'intellect de l'homme; et la Torah, d'autre part, qui lui enseigne par l'intellect. Torah veut dire enseigner. Torah veut dire éclairer. Le mot Torah vient du mot or, la lumière.
Éclairer, pas au niveau physique, pas au niveau spirituel. Comment ? C'est toujours le mot or. L'arche sainte dans laquelle on met le livre de la Torah s'appelle Aron. C'est aussi le mot or, avec une terminaison. Si on pourrait dire, le coffre où l'on met la lumière…
Au sujet de la Torah, il est dit: « Or, mes paroles sont comme le feu ».
La Torah, qui est donnée à Israël, va éclairer. On ne peut pas la comparer à la sagesse des nations, ni aux connaissances du profane, qui ne sont en fin de compte que des représentations…
… de certaines réalités. C'est comme les yeux: cela représente la chose. Ainsi, le rationnel de l'homme va se définir la chose, cela va la représenter. La Torah, elle, n'est pas une représentation; elle est de l'ordre du sacré ], qui appartient aux sphères supérieures. Ce n'est donc pas du tout l'entendement rationnel humain: c'est une tout autre catégorie de science.
L'homme va s'en occuper ici-bas. Or, c'est vraiment une lumière qui va l'éclairer dans sa personnalité pour l'élever vers ses sphères supérieures, les mystères divins. Comment la Torah va-t-elle l'aider ?
J'ai lu cela pour nous mettre un peu dans le texte en hébreu. Je vais essayer d'expliquer l'idée.
Revenons à ce que j'avais fait remarquer: le libre arbitre de l'homme, c'est l'intellect, c'est l'étude. Si subjectivement, dans sa pensée, l'homme n'est pas à même de connaître sa nature, pourquoi ? Je crois que nous l'avons déjà mentionné une fois au passé.
Car il est, on pourrait dire, dans la prison de sa personnalité. Il ne peut pas comprendre ce qu'il ne comprend pas. D'où pourrait-il tout à coup avoir cette possibilité de comprendre ? C'est comme un petit enfant qui, disons à deux ans, n'est pas capable de comprendre les choses abstraites. Je peux lui expliquer les choses abstraites, cela ne sert à rien: il n'est pas capable de les saisir. Et de lui-même, il ne lui vient même pas à l'idée que cela existe.
Quand l'homme est dans une situation quelconque, il est toujours, en fin de compte, en prison. De sa personnalité, pas de son corps, de son entendement, du subjectif. Si je te demandais maintenant de comprendre autrement que ce que tu comprends, qu'est-ce que tu pourrais faire ? Tu ne peux rien faire. Tu es ce que tu es. Tu es fidèle à toi-même. Tu ne peux pas m'indiquer des choses que tu ne connais pas.
Qu'est-ce que cela veut dire, revenir à la base ? Il faudrait donc trouver une solution. Alors, la solution que la Torah donne, c'est la prophétie. En d'autres termes, une connaissance qui est hors de nous va nous éclairer. Nous allons rencontrer une chose qui va nous ouvrir des horizons dont nous n'avions pas idée, qui va nous permettre de comprendre non seulement la situation dans laquelle nous sommes: un enfant de dix ans, un homme de commerce de vingt ans, quelqu'un qui fait déjà l'université, il est dans son petit monde, etc. La prophétie va lui dévoiler un monde totalement nouveau.
Maintenant, nous allons devoir demander comment, par mon rationnel humain, je peux accéder à la compréhension de cette prophétie. Il ne suffit pas que la prophétie vienne: si j'enseigne les mathématiques à un enfant de deux ans, cela ne sert à rien. C'est exactement notre état. Je n'ai pas encore donné de réponse, mais nous avons déjà une possibilité de sortir de ce tunnel, de sortir de cette réalité subjective.
Très honnêtement, cela ne me vient pas à l'idée de me changer. Même si je cherche, même si je ne suis pas content, et que quelqu'un n'est pas content, qu'il se sent trop petit, mesquin, pas assez moral, ou qu'il voudrait comprendre des choses plus profondes, même à ce niveau-là, il ne voit pas comment s'en sortir.
J'ajoute encore une chose: chaque nuit, nous traitons du rêve. Chaque nuit, la prophétie nous vient, vient à nous. C'est la Guemara de Berakhot 55 qui dit que c'est un soixantième de prophétie. C'est donc un rien, et cela ne nous ajoute pas grand-chose. Seulement cela nous indique que nous avons une possibilité d'accéder à cette pensée, puisque chaque nuit elle œuvre sur nous, elle vient à nous.
Je crois qu'on a un peu parlé du rêve, non ? Quel ? Quel ? D'accord.
Un élève: — Est-ce qu'on peut assimiler à la prophétie ce qu'on appelle aussi une idée de génie ?
Non, non. Le génie d'un homme plein de talents intellectuels reste toujours humain. Il va peut-être arriver à déceler des choses que les autres ne voient pas, comme Einstein. Il va peut-être approfondir des connaissances que nous avions déjà, mais toujours dans le même domaine, celui du rationnel. Il doit toujours suivre les lois de la logique.
Entre autres, Einstein a totalement refusé la théorie des quanta, car c'est contre la logique. Bohr et ceux qui ont discuté …
Cours de Machon Meir
Dans la même série
Cours sur le libre arbitre, la nature de l'homme et la liberté d'être fidèle à soi.
- 1
Le libre arbitre selon le Ramhal, l'homme et l'autonomiePourquoi l'homme seul ne peut atteindre la réalité objective, et ce que signifie être atzmaï, autonome. - 2
Le libre arbitre selon le Ramhal : étudier sa natureLe libre arbitre suppose la connaissance de sa nature, et la Torah éclaire l'homme pour la réaliser pleinement. - 3
Le libre arbitre selon le Ramhal, la Torah comme lumièreÉmouna, prophétie et étude vivante de la Torah, à partir du Ramhal et de la notion de lumière. - 4
Le libre arbitre selon le Ramhal, la liberté est d'être fidèle à sa natureLe Ramhal distingue la liberté de faire ce qui plaît de la fidélité à sa nature, qui se connaît par l'étude. - 5
Le libre arbitre selon le Ramhal : se connaître pour choisirComment l'étude de la Torah permet à l'homme d'être fidèle à sa nature et de s'éveiller à l'inspiration.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav