Le libre arbitre selon le Ramhal, la Torah comme lumière
Émouna, prophétie et étude vivante de la Torah, à partir du Ramhal et de la notion de lumière.
Rav Yehoshoua Zuckerman
Ensuite : Le libre arbitre selon le Ramhal, la liberté est d'être fidèle à sa nature, 59 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
La relation entre Dieu et nous n'est pas une relation, disons, philosophique, mais une relation de vie. C'est-à-dire que la émouna (je ne sais pas comment l'introduire en français) est une certitude. Le mot Amen: je certifie, j'affirme. Ça, c'est la émouna: on y arrive, on y accède. Je certifie une chose dans laquelle j'ai émouna.
Ce n'est pas nécessairement une relation avec Dieu. C'est un des moyens que j'ai de connaître mon entourage. Nous avons l'entendement, l'intellect, le sensible, nous avons l'essence. Nous avons aussi la émouna, et la émouna consiste à arriver à la certitude.
Et cette certitude, nous pouvons y arriver en vivant la chose à laquelle nous avons émouna. C'est-à-dire, on en a parlé. Donc la relation entre nous et Hachem, c'est que nous en vivons. La vie qu'Il réalise en nous, en fin de compte, cette vie-là nous sert aussi à arriver à cette évidence:
que nous vivons. Et nous vivons la vie, avec un grand V, la vie dont nous ne définissons pas la source. Ça, ce sera la Enim. Maintenant, cette relation-là est beaucoup plus détaillée. Ce n'est pas seulement « je vis », car en fin de compte c'est assez primaire, on pourrait dire. Les plantes vivent aussi, et le fait qu'elles vivent certifie cette grande vie qui est dans toute chose, dans toute créature.
L'homme, en plus, peut détailler cette connaissance par le moyen de ce qu'on appelle la prophétie, qui, elle aussi, vient à nous. Ce n'est pas nous qui allons vers la chose pour la connaître, car il y a toujours le manque de ce qui est subjectif quand moi je vais vers la chose pour la connaître. Ici, la prophétie procède de la source même, et elle vient à nous.
Je résume ce qu'on a déjà dit: chaque nuit, chacun de nous s'occupe de prophétie. Je rappelle le rêve: un soixantième de la prophétie. À ce niveau-là, nous pouvons vraiment dire que c'est une aptitude que chaque homme a. Maintenant, il faut la développer. Cette faculté se trouve dans chaque être humain: être capable de percevoir
une science qui vient à lui, une science qui vient définir l'objet lui-même, qui vient de l'objet. Ce seraient donc des objectifs. La prophétie, c'est la Torah. Nous essayons ici de comprendre comment l'étudiant qui s'occupe de Torah peut arriver à s'élever,
être au-delà de son entendement rationnel. Car le rationnel est humain, donc subjectif. Il n'y a pas de doute que ce rationnel, nous le percevons, excusez-moi: la prophétie, nous la percevons par le rationnel. C'est ce que nous avons. Il est sensible. Il faudrait donc savoir comment arriver à réaliser cela.
Ce que nous disons en général, c'est: en étudiant la Torah. Pour cela, il faut maintenant comprendre cette étude de Torah: comment elle se réalise, et comment elle réalise le fait que chacun de nous, en ayant une Torah, peut arriver à une certaine inspiration, un certain éclairage qui vient de hors de lui, à lui. Nous avions déjà vu le premier passage, en disant qu'il est assez important de remarquer que la Torah est hors.
Donc lumière. Le mot Torah, vous avez étudié le yifil, c'est le binyan, cette forme de verbe: je fais faire. Donc je fais de la lumière. Torah. Moré: quelqu'un qui éclaire, qui fait la lumière pour d'autres, un professeur, un enseignant. Donc la Torah aussi est cette lumière qui vient nous éclairer, un éclairage qui vient à nous. L'arche sainte dans laquelle on met le livre de la Torah s'appelle Aron. C'est le mot lumière, ce que nous avons déjà cité.
Je voudrais, avant de lire le texte, dire les choses un peu oralement. Quand nous parlons, nous savons que parler est le propre de l'homme. La parole est une chose très mystérieuse, on pourrait dire tout entière mystère. Quand je parle, physiquement, qu'est-ce que je fais ? Je fais vibrer les cordes vocales et j'émets des lettres. Comment dit-on en français… « sortir » ? Il y a certainement en français un mot qui définit la lettre: élocution. Et en hébreu, c'est motsa sefatayim, car les lettres sortent de la bouche. Et mon but est qu'elles arrivent à votre tympan.
Maintenant, si je suis en train de parler, je fais cet acte, on écoute, et celui qui m'écoute s'endort. Il n'y a pas de raison que j'arrête de parler parce qu'il s'endort, puisque physiquement je continue à faire des lettres. Pourquoi donc arrêterais-je de parler s'il s'endort ? Vous comprenez pourquoi ? L'intention de la parole n'est donc pas de faire cet acte physique et ce réceptacle physique, mais de faire passer ma pensée à sa pensée.
C'est une chose très, très mystérieuse: comment une chose tellement spirituelle, tellement du domaine du non-physique, le physique peut-il arriver à ce but, transmettre la pensée. L'autre terme, je dirais, pour être un peu plus complet, ce n'est pas mon sujet, mais je vais quand même l'approfondir un peu: parler, en fin de compte, c'est la relation entre deux âmes. Il y a deux êtres vivants qui veulent approfondir leur relation, et c'est en se parlant.
Nous disons dans la Torah que quand Dieu a créé le monde, il l'a créé par la parole. La parole, c'est la relation. Qu'est-ce qu'il y a de plus profond que cet être qui n'a pas pour nous de définition, qui est infini, et celui qui est écrit ? Donc c'est ce qu'il y a de plus profond dans cette vie: c'est lui qui va en vivre.
« Dieu dit: que la lumière soit, et la lumière fut. » Il est dit dans les Pirkei Avot, au chapitre 5, au traité des Pères, que Dieu a créé le monde par dix paroles. Il faut s'en souvenir: c'est mentionné dans l'acte de la Création, Vayomer Elohim, be'assara ma'amarot nivra ha'olam. Les réceptions, c'est lui qui a été créé. C'est le réceptacle: il est devenu réceptacle de cette vie.
Donc il faut se débarrasser de cette pensée que la parole est une information, que la parole n'est que dire une chose que je voulais qu'il sache. La pensée, c'est beau, la parole. La parole n'est pas une information. Si je voudrais que les autos s'arrêtent, je fais que le feu devienne rouge. Si c'était pour informer, pour que toute la file de voitures s'arrête puis se remette en route, quand il reste un lien, le feu passe au vert. Donc, si c'est la parole, ce n'est pas nécessaire. La parole, ce n'est pas seulement que ma pensée passe à sa pensée: c'est beaucoup plus profond.
Cette relation de vie, j'ai parlé de l'âme, cette relation de vie entre deux êtres humains, c'est aussi la relation de vie entre le Créateur et la créature. Comme c'est une relation de vie entre deux êtres humains, ce qui est le plus élevé dans l'être humain, c'est sa pensée rationnelle. Donc, entre autres, c'est la parole qui fait passer: on passe dans une relation humaine, et c'est déjà suffisant. C'est aussi la pensée qui passe à …
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