Le libre arbitre selon le Ramhal, l'homme et l'autonomie
Pourquoi l'homme seul ne peut atteindre la réalité objective, et ce que signifie être atzmaï, autonome.
Rav Yehoshoua Zuckerman
Ensuite : Le libre arbitre selon le Ramhal : étudier sa nature, 1 h 02
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Et pour cela, il nous explique – nous allons voir tout ce texte – qu'est-ce que c'est, l'étude elle-même, mais surtout, et ce sera la page 186, c'est-à-dire la deuxième page, il nous enseigne en quoi consiste le libre arbitre. Je dirais d'abord une façon en français, orale.
Et puis nous allons voir le texte, pour comprendre ce qu'est l'étude de la Torah. Quand nous parlons de l'étude – je reprends ce mot plusieurs fois, l'étude – nous sommes arrivés à un stade où la pensée humaine, qu'on nous emprisonne, nous tient prisonniers dans notre personnalité. Dans notre, je dirais plus précisément, dans notre subjectif.
C'est évident que je ne peux pas penser autrement que ce que je pense. C'est-à-dire que chacun va voir la réalité, va décider des buts de sa vie, va en fin de compte prendre des décisions qui toutes sont une conséquence de ce qu'il comprend. Il ne peut jamais arriver à penser autre chose que ce qu'il pense. Je crois que c'est simple.
Vous avez le droit de parler aussi, malgré le micro, d'accord ? C'est-à-dire, en d'autres termes, de façon que l'homme puisse arriver, avec son libre arbitre, à la réalité objective, il doit nécessairement trouver une issue, on pourrait dire une aide de l'extérieur.
— Exactement. C'est juste l'envers. C'est ce que je suis en train d'expliquer: la pensée cartésienne, c'est vraiment, vraiment l'envers du cheminement de la Torah. Nous l'avons déjà dit la fois précédente, à notre première rencontre, que l'homme a un instinct comme toutes les autres créatures. Je pourrais dire, au lieu d'instinct, je dirais la nature. La nature.
Pas la passion, une nature. OK ? C'est-à-dire qu'en nous, a donc été implanté, on pourrait dire, par le fait que nous avons été créés hommes, avec des lois spirituelles, des lois de pouvoir parler, des lois de vie qui nous dansent, nous dirigent aussi. Nous sommes astreints à certaines lois physiques et psychiques, qui sont spécifiques à l'homme. Elles ne sont pas des lois qui sont celles des plantes ou des animaux.
Seulement, la différence est celle-ci: c'est que l'instinct, chez toutes les créatures, il est actif. C'est-à-dire que toutes les créatures sont déterminées par une certaine nature qui a été mise en elles. On pourrait donc dire que l'instinct, chez elles, les dirige. Elles sont programmées et n'ont aucun libre arbitre.
Donc ce qui est commun à toutes les créatures, sauf l'homme, c'est qu'elles n'ont aucune possibilité de changer. Elles n'ont aucune possibilité de faire autrement que ce que leur instinct les mène à faire. D'une part, on pourrait dire que c'est magnifique. Elles sont exactement comme Dieu les veut. En hébreu, on pourrait dire qu'elles sont des tsadikim. Toutes les plantes, tous les animaux, tous les anges sont vraiment des tsadikim.
En hébreu, tzedek veut dire le chemin juste. Elles sont exactement ce qu'elles doivent être. Elles suivent les bons chemins, les vrais chemins. Elles sont naturelles. Or, en hébreu, le mot atzmaout. Comment le traduisez-vous en français ? Comprenez-vous la différence entre atzmaout et indépendance ?
Indépendant, c'est-à-dire que tu n'es pas dépendant. Mais est-ce que tu es toi-même ? Tu ne dépends pas de l'autre. Il n'y a personne qui te dirige, qui décide de ta destination. Mais est-ce que toi, tu sais qui tu es ? Est-ce que tu te diriges et tu te conduis d'après ta nature ? Le mot atzmaout veut dire: tu es toi-même. Etsem veut dire l'essence.
On pourrait traduire autonome. Ça serait mieux traduit. Autonome: je suis auto, je suis moi-même. Autonome, c'est la loi de moi-même. En grec, c'est nomos auto, la loi de soi-même. OK ? C'est-à-dire, en d'autres termes, c'est ça le but que nous devons atteindre. La liberté, ce n'est pas de faire ce qui me vient, ce n'est pas de faire ce qui me plaît. Par exemple, fumer. C'est très nocif de fumer, seulement, j'aime bien fumer.
Oui, mais tu n'es pas naturel. Tu ne te conduis pas par toi-même. Tu es esclave de quelque chose d'autre que toi-même. Donc tu n'es pas encore vraiment Atzmaï. En d'autres termes, je dirais encore une autre chose, que je crois avoir mentionnée la fois précédente: où est la Torah, où est-elle écrite ? C'est clair ? La Torah est écrite en nous.
Après, on la copie dans un livre. Mais d'abord, la Torah est écrite dans l'arbre, ou dans l'animal, ou dans le Juif, ou dans le Goy. Le Japonais, d'après sa Torah, l'Anglais, d'après la sienne, respectera sa Torah, s'il veut être vraiment atzmaï et autonome. Et le Juif respectera sa Torah. Voilà. Donc nous devons être totalement fidèles à nos instincts.
Il faut donc abandonner la pensée des Goyim, pour qui trouver la volonté de Dieu, c'est dans les cieux, dans le spirituel, après la mort, mais surtout pas dans le corps. Nous disons, nous, que nous devons trouver Dieu en nous, dans l'âme et dans le corps, dans le social et dans le terrestre. En d'autres termes, notre but est d'être divins sur terre. Et c'est une responsabilité.
Ce n'est pas fuir le corps, fuir le social, fuir les valeurs humaines et terrestres. C'est le contraire: c'est sanctifier le terrestre. Est-ce que nos instincts véritables, c'est d'être divins ? Voilà. Donc nous comprenons que, puisque Dieu a tout créé, il est dans toute plante, il est dans toute pierre, il donne vie à toute chose, et on l'appelle pour cela l'Être, Alvaya.
Et nous existons de cet Être. C'est-à-dire que l'existence découle de l'Être. C'est l'Être qui irradie son existence dans tout existant. Et donc nous respectons chaque créature, car elle est divine. On n'a pas le droit de prendre une feuille d'arbre sans aucune raison. On n'a pas le droit de faire du tort à l'animal. On n'a pas le droit de manquer de respect à la créature humaine, ou à quoi que ce soit.
Ça, c'est clair ? Si l'animal est nuisible, alors il faut se défendre. D'accord ? Mais si cet animal n'est pas nuisible, il n'y a aucune raison de lui faire du mal. Au contraire: tu aimeras ton prochain comme toi-même. Envers tous les Juifs, et envers tous ceux qui aiment Dieu, qui aiment ses créatures. OK ? Dans le social. Dans le social même. OK.
— Alors, pourquoi les patriarches étaient-ils retirés de la société, justement ?
Je ne voudrais pas te répondre trop longuement, c'est un sujet très important: savoir pourquoi le divin est aussi dans le social, quand nous parlons du peuple d'Israël. Et tu me demandes donc pourquoi Abraham, Isaac et Yaakov n'étaient pas sociaux. Nous pourrons dire clairement et simplement qu'Abraham, Isaac et Yaakov ne sont pas encore des Juifs. Ils sont encore des Bné Noa'h. Ils sont arrivés à une sainteté au niveau individuel qui est même l'équivalent, d'eux-mêmes, de nos mitsvot. C'est une chose que nous ne comprenons pas.
À quelle sainteté est arrivé Abraham, Isaac et Yaakov ? Mais ils sont seulement nos pères. Leur mérite, c'est qu'ils sont les pères d'Israël. Abraham a vu nous. Et c'est seulement au Sinaï qu'apparaît le peuple juif. C'est seulement au Sinaï que nous sommes …
Cours de Machon Meir
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