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Les mots inventés contre le peuple juif et leur détournement

Comment des termes forgés pour les juifs (déicide, ghetto, génocide, apartheid) sont retournés contre Israël.

20 min

Ensuite : Juifs intellectuels et critique d'Israël : une dérive, 25 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

— Bonsoir. Mon intervention a pris la forme lorsque j'ai entendu l'ONU déclarer qu'il y avait une famine à Gaza, tout simplement en manipulant les chiffres et en les transformant pour prouver qu'il y avait effectivement une famine, alors que vingt-quatre heures plus tôt, les chiffres qu'utilisait l'ONU pour désigner une famine quelque part n'étaient pas les mêmes.

Et donc j'ai découvert que l'ONU avait créé une langue spécifique pour les juifs, une novlangue, comme la langue d'Orwell dans 1984. Je vais vous faire un inventaire de mots. Vous les connaissez tous, vous allez voir l'affiliation de tous ces mots. Je ne vais pas vous donner la définition des mots, vous les connaissez, mais ce qui m'intéresse, c'est de voir comment ces mots s'enchaînent les uns après les autres. Le premier de ces mots, qui désigne le peuple juif,

est très ancien. C'est le mot déicide. C'est-à-dire que le peuple juif est ce peuple absolument incroyable qui a réussi à tuer un dieu. Est-ce que vous pouvez imaginer un crime plus important, plus extraordinaire que celui-là ? C'est le premier mot. Une fois qu'on a défini ça, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire évidemment que les juifs sortent de l'humanité. Et en fait, on va voir dans la liste de mots que je vais vous apporter que c'est à peu près toujours

ce qui est en jeu. Comment fait-on pour sortir les juifs de l'humanité ? Le deuxième mot que vous connaissez: ghetto. Le ghetto est un mot inventé au Moyen Âge pour les juifs de Venise. En France, on avait les juiveries. Donc on a déjà inventé un mot pour isoler les juifs, encore une fois. Mais il se passe quelque chose: ces mots qu'on invente vont vite être dévoyés,

pour être utilisés non pas comme simple mot qui représentait ce que les juifs vivaient, mais pour représenter ce que les juifs vont faire subir à d'autres. Et si le mot ghetto a disparu après son dernier avatar, celui du ghetto de Varsovie, celui du ghetto nazi, on va réapparaître aujourd'hui dans l'histoire de la Palestine, avec des gens qui vont parler du ghetto de Gaza.

Et c'est quelque chose qu'on va revoir systématiquement. Ces mots qui exprimaient ce qui se passait pour le peuple juif vont être utilisés contre eux pour exprimer ce qui se passe pour leur ennemi. Le mot suivant, c'est génocide. Bon, on a oublié, on est dans un monde déchristianisé, on a oublié qu'on a tué un dieu. Qu'est-ce qu'on peut avoir fait de pire ? Tuer un peuple. Ce mot génocide

s'applique d'abord au peuple juif. C'est lui qui a subi un génocide. Mais aujourd'hui, qu'est-ce que vous entendez partout ? Ce sont les juifs qui, à leur tour, commettent un génocide. C'est-à-dire qu'on a fait un tour de passe-passe absolument incroyable: de la victime du génocide, on a fait le coupable d'un génocide. Le mot suivant associé à génocide, Shoah, est un mot hébreu

qui veut dire catastrophe, et qui ne correspond qu'à l'histoire du peuple juif. Eh bien celui-là aussi, on va le détourner. On va diminuer son impact, on va arrêter de parler de la Shoah, on va essayer d'en parler le moins possible, et en contrepartie on va créer un mot arabe, Nakba, qui va remplacer l'histoire de la Shoah. Un autre mot, encore une fois un crime inexpiable: l'apartheid. Qu'est-ce que ça a à voir avec les juifs ?

Il suffit de prendre cinq minutes, trente secondes même, pour comprendre qu'on ne vit pas dans un pays d'apartheid. Comment un tel mot a-t-il pu marcher dans l'inconscient collectif ? C'est absolument invraisemblable. Mais cette falsification d'un mot qui s'appliquait à un régime bien particulier, qui voulait dire certaines choses, si on l'a transposé chez les juifs aussi facilement, c'est parce que cette falsification opère et qu'elle trouve un terrain très fertile

auprès d'une génération inculte et démunie de repères historiques. Et finalement, ça marche. Encore un autre mot. Qu'est-ce que ça a à voir avec nos colonisations ? C'est nous qui avons été colonisés pendant deux mille ans, à droite, à gauche, etc. Comment peut-on parler d'un peuple juif colonisateur, alors que c'est peut-être le seul peuple sur Terre qui revient dans sa terre ? Et c'est parce qu'il s'ancre dans sa terre ancestrale qu'il serait tout d'un coup un colonisateur ? Non, mais toujours pareil:

génération totalement inculte en termes historiques, ça marche, on peut dire tout ce qu'on veut. Avant de continuer le répertoire, je vais vous faire remarquer quelque chose que vous avez peut-être remarqué: on n'est pas des brigands de la petite semaine, on n'est pas des voleurs ordinaires. Ah non, on nous accuse toujours du plus grand des crimes qu'on puisse imaginer.

C'est extraordinaire, c'est-à-dire qu'on n'est pas un peuple ordinaire. On est douze, treize millions, et à nous seuls, on a commis les plus grands crimes de l'humanité. On a tué un dieu, on a tué les peuples, on a créé leur partenaire, etc. Je vais reprendre un peu plus vite maintenant un certain nombre de mots, pour vous montrer comment, au cours des siècles et en tous lieux, on a utilisé ce vocabulaire pour marginaliser les juifs

pour dire qu'ils étaient finalement de grands criminels. Prenez le mot famine, qu'on revendique à droite et à gauche aujourd'hui. Les juifs ont été eux-mêmes victimes de famine au cours des âges, partout, et surtout pendant la dernière guerre mondiale. Mais encore une fois, on voit comment le vocabulaire peut être détourné, falsifié et transformé en outil d'accusation contre Israël. À chaque fois, le mot est repris

pour accuser Israël. Je vous fais une petite liste, vous allez voir. C'est impressionnant. Et je pense qu'en sortant d'ici, vous allez vous-même réfléchir, vous trouverez d'autres mots. Pogrom est un mot russe, inventé pour dire comment on massacrait des juifs en Russie au XIXe siècle. Pogrom va être réutilisé dans l'imaginaire pour dire comment les juifs peuvent faire des pogroms, ou autre chose. Marrane, mot espagnol,

qui veut dire cochon. Ils l'ont inventé, encore une fois, pour stigmatiser les juifs. Qu'est-ce qui peut être pire que tout ? C'est le marrane. Crime rituel. Qui a inventé l'idée du crime rituel ? C'est-à-dire que les juifs, encore une fois, ont été accusés d'un truc absolument horrible dont on n'avait accusé encore personne. Les juifs étaient capables du pire. Deux mots extraordinaires, qui viennent de l'hébreu,

sont des mots qui sont presque notre honneur, et ils ont été complètement retournés dans l'histoire. Le mot cabale. Vous savez bien ce qu'est une cabale. En français, une cabale, c'est désigner une conspiration. Donc ce mot qui est pour nous un mot juif traditionnel peut servir à nos ennemis pour véhiculer l'idée folle d'une conspiration. Évidemment, en particulier les juifs qui conspirent.

Le deuxième mot, sabbat, sabbat en français et en anglais, est utilisé pour désigner la nuit orgiaque des sorcières. Qu'est-ce qu'on peut imaginer de pire ? C'est-à-dire qu'encore une fois, on a pris nos mots pour transformer ce que nous sommes en êtres non humains. En arabe, vous avez l'autre mot, Farhoud.

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