Rav Menahem Akerman : la voix du chofar et la techouva
Lire le langage des sonneries du chofar (tekia, chevarim, teroua) dans le Choumach, et ce qu'elles disent à Hachem à Roch Hachana.
Plusieurs Rabbanim
Ensuite : Roch Hachana, deux jours et la Akéda selon Manitou, 1 h 22
En bref
Le cours part de la question de la sonnerie du chofar à Roch Hachana : pourquoi le son sans parole a-t-il une telle force, et que signifient les sonneries tekia, chevarim, teruah. Le Rav s'appuie sur Bamidbar 10 (les deux trompettes d'argent, la tekia pour rassembler et la teruah pour le départ des camps) pour montrer que la tekia exprime le repos et le rassemblement, la teruah la brisure et le mouvement. Il en tire que la sonnerie transmet le passage du jugement à la miséricorde, et que le chofar rappelle que le monde a été créé pour être mené à son tikoun.
Début du cours (texte)
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Hello. Donc, comme c'était indiqué, ce soir on est proche de Roch Hachana, on s'approche de Roch Hachana. L'enseignement de ce soir sera lié, comme tous les cours, et les pioutim aussi, comme vous l'avez vu, seront liés à la fête de Roch Hachana et à sa préparation. Mon exposé de ce soir, comme le titre l'indiquait peut-être un peu, est une manière d'écouter le chofar et de lier la voix du chofar à l'idée de la techouva.
Pour introduire la question qui se pose à moi chaque année, il y a la difficulté, pour une personne qui a l'habitude d'un entendement rationnel, de comprendre la force et la puissance du chofar, puisque la voix du chofar n'est pas une parole, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de mots qui sont dits.
On prie à Roch Hachana. Mais la halakha est claire dans le Choulhan Aroukh. Il y est marqué que, si on peut aller au sud, où il y a les tefilot de Roch Hachana avec minyan, et que si on va au nord, il y a tekiat chofar, mais qu'il n'y a pas les deux ensemble, on doit préférer aller écouter le chofar plutôt que d'aller prier dans une kehila avec une tefila. Donc le chofar est plus fort, plus important, plus essentiel que même toutes les tefilot qu'on fait à Roch Hachana.
Chaharit, moussaf, minha, arvit, tout ce qu'on fait. C'est pour cela que je pense que, si on pouvait, au-delà du sentiment que chacun a quand il entend le chofar, rationaliser un peu ce sentiment, peut-être que ce serait bien. Le texte dit: « Im yitaka chofar be'ir ve'am lo yeheradou » — c'est-à-dire que si l'on sonne du chofar dans la ville, le peuple ne va-t-il pas commencer à trembler ? Nous avons tous notre mémoire individuelle et collective de la signification du chofar.
Je ne pense pas qu'il y ait quelqu'un ici qui reste insensible au sentiment profond qu'on a, chacun, au chofar. Mais si on pouvait un peu rationaliser cela, ce serait peut-être une bonne chose. C'est donc ce que je voudrais vous livrer ce soir, en me basant sur le Choumach, c'est-à-dire en trouvant une source dans le Choumach qui va nous donner la signification des sonneries du chofar.
Il y a dans le chofar trois choses. Il y a la matière du chofar, le chofar en tant que tel: Hilkhot Chofar, comment fait-on un chofar, de quel animal, etc. Il y a une deuxième chose, qui est le fait de sortir un son. Et il y a une troisième chose, qui est l'expression exprimée par le son, c'est-à-dire tekia, teroua, tekia; avec tous les détails que vous connaissez: tekia, chevarim, tekia, teroua, tekia, chevarim-teroua, tekia. C'est sur ce troisième sujet que je vais parler aujourd'hui, c'est-à-dire sur le message qui passe dans ce qu'on sonne, le langage même de la sonnerie du chofar.
Pour introduire cela, je voudrais le relier au caractère général de Roch Hachana. L'une des premières remarques du Choulhan Aroukh à propos de Roch Hachana nous dit qu'à Roch Hachana on n'a pas le droit de faire vidouï, c'est-à-dire qu'on n'a pas le droit de dire qu'on a fauté. Chez les Séfarades, on dit Avinou Malkeinou sans dire Hatanou lefanekha. Chez les Ashkénazes, on s'est arrangé avec le Saint, béni soit-Il, pour le dire quand même, bien qu'on dise qu'on ne le dit pas. Mais en tout cas, on ne fait pas de vidouï. On n'a pas le droit. Et, comme vous le savez, pendant toute la prière de Roch Hachana, au niveau du caractère de la prière, celle-ci est, on pourrait dire, complètement l'antithèse de Kippour.
À Kippour, on passe son temps à dire Hatanou, Avinou, Pachanou, Hachem Hachem, El Rahoum, à réciter les Yod Gimel Midot, les treize attributs de miséricorde. C'est-à-dire que pendant tout Kippour, on récite nos fautes et on demande pardon. Et à Roch Hachana, bien que ces deux jours soient les Yamim Noraïm et qu'ils soient liés entre eux par les Assérét Yemei Techouva, les dix jours de techouva qui sont entre les deux, tout ce qu'on doit faire à Kippour, on n'a pas le droit de le faire à Roch Hachana. Il faudrait donc comprendre quel est le caractère différent de chacun de ces jours.
Pour commencer à le comprendre, il y a une petite exception, qui est amenée dans le Choulhan Aroukh, Siman 584, premier Seif, c'est-à-dire, en bon français, le paragraphe 584, premier seif. Ce n'est pas dans le Choulhan Aroukh lui-même, mais cela figure dans le Kaf HaHaïm, etc., et dans le Choulhan Aroukh haArizal, que le Ari a dit que, bien qu'on n'ait pas le droit de faire vidouï, vidouï c'est la confession, en bon français, c'est-à-dire qu'on dit toutes les mauvaises choses qu'on a faites, eh bien, à Roch Hachana, on n'a pas le droit de faire vidouï, mais pendant la sonnerie du chofar, on veut le faire.
C'est une hanaga, c'est-à-dire une recommandation des mekoubalim. Cela veut dire que vous n'êtes pas obligés de le faire, la halakha ne dit pas de le faire, et vous ne devez pas rentrer chez vous en disant à votre mari ou à votre femme: « Le rabbin a dit qu'il faut faire vidouï pendant la sonnerie du chofar. » Pendant la sonnerie du chofar, le mieux, c'est d'écouter le chofar. Et par exemple, le Chela, le Chnei Loukhot HaBrit, a dit — je ne sais pas comment c'est chez les Séfarades, mais chez les Ashkénazes il est coutume de dire Yehi ratzon entre chacune des tekiot, c'est-à-dire qu'il y a une prière entre chacune des tekiot. Il a donc dit que, pendant que les autres disent Yehi ratzon, on peut faire vidouï.
Il a trouvé une solution pour se concentrer pendant la sonnerie du chofar. Mais je ne prends pas la question au niveau de la halakha ou de la manière de faire; je la prends au niveau de la question elle-même: comment se fait-il que, pendant la sonnerie du chofar, le Ari dise que c'est un bon moment pour faire vidouï, alors que c'est Roch Hachana ? Vous comprenez ? À Roch Hachana, c'est interdit, mais à ce moment-là, c'est permis. Il l'explique de la manière suivante.
Cela repose bien entendu sur un peu de Guemara et de midrashim, mais ensuite sur l'enseignement du Zohar. À Roch Hachana, il y a le Satan, les quatre règles. C'est-à-dire quoi ? Le Satan, ce n'est pas forcément le Satan, il y a un katrig. C'est-à-dire qu'il y a un… un réquisitoire. Un réquisitoire, voilà: il y a un réquisitoire dirigé pour chaque, contre chacun.
Et aussi au niveau individuel, au niveau collectif, c'est ce qu'on appelle le yamadit. C'est-à-dire que ce que nous savons, c'est que chacun passe en justice à Roch Hachana, s'il passe en justice, et qu'il y a un procureur qui est là pour faire le réquisitoire. C'est pour cela, nous explique le Zohar entre autres, qu'il ne faut surtout pas commencer à dire nos fautes. Parce que si tu dis tes fautes, alors il va s'en servir contre toi. Donc le jour de Roch …
Cours d'Orot veKelim
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