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Pourquoi le shofar parle-t-il sans mots ?

Le kol du shofar, ses trois sons et ce que la Torah veut qu'on en entende, à partir du Sinaï et du Rambam.

1 h 18

Plusieurs Rabbanim

Ensuite : Le temps, dette à rembourser : Manitou sur Roch Hachana, 1 h 03

En bref

Le Rav explique comment la Torah ne prescrit qu'un seul son du shofar à Roch Hachana, alors que la pratique en compte cent, et il en déduit la structure des sonneries (tekia, teroua, tekia). Il s'appuie sur le texte de Bamidbar, sur la gzera chava avec le Yovel, puis sur la logique du langage des trompettes pour dégager un code de sens. Il conclut que le son du shofar rejoint le cri primordial de l'homme et qu'il rappelle à Hachem la brisure du monde accompagnée de sa réparation.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Je le dis chaque fois: ça fait toujours plaisir de vous voir, de vous retrouver, de nous retrouver. Et comme je l'ai dit tout à l'heure, b'ezrat Hachem, que chacun ait une bonne année, Shana Tova et Sivav Hachana Tova, puisque pour moi c'est le dernier cours de Tavshin Membet, de 5782, ici, en Zoom. Et b'ezrat Hachem, qu'on ait chacun, nous, nos familles, toute l'armée israélienne, tout le peuple juif, qu'on ait vraiment une bonne année.

Que ce qui sera décidé par HaKadosh Baroukh Hou à Roch Hachana soit des choses de bracha, de bénédiction et de bien, pour le peuple juif et pour chacun de nous.

J'ai envoyé le titre au dernier moment, je n'ai pas eu le temps. Je l'avais envoyé à Johan, mais je ne l'ai pas mis ici. On peut ouvrir le screen, comme ça on le verra ensemble: c'est la Kavana des Tekiot de Roch Hachana, deux points, un pour cent. C'est ça, le titre: un pour cent. On va voir ce que ça veut dire.

Aujourd'hui, ce qu'on va étudier, c'est un sujet qui me tient toujours beaucoup à cœur. J'en ai parlé dans les années précédentes, à ceux qui étudient avec moi depuis de longues années. Ils connaissent un peu le thème, mais je vais vous dire une chose: ça ne change pas grand-chose. Quand on se prépare à Roch Hachana, comme chaque fois qu'on se prépare à une fête, c'est comme quand on étudie chaque année les halakhot: il faut se remettre dedans, se remettre dans le bain, et c'est toujours bien de revenir un petit peu.

La première question que je vais poser, c'est: quand on va parler du chofar, de la tekia du chofar, bien entendu, et qu'on est debout, pour les hommes avec le talit sur la tête, au moment de Tekiat Chofar, on ressent que c'est un moment extrêmement important, extrêmement solennel, bien entendu pour ceux qui ont une mémoire d'enfance. C'est-à-dire qu'ils se souviennent comment ils étaient, enfants, auprès de leur père ou de leur mère. Il y a quelque chose qui se réveille toujours, de toute notre histoire, pour ceux qui ont rejoint le peuple.

Le Beit Hamikdash, c'est un peu plus tard, ils n'ont pas ce souvenir-là. Mais quoi qu'il en soit, la solennité, on sait que ce sont les Yamim Noraïm, c'est-à-dire le jour du jugement, donc on sent quelque chose de très profond, de très important.

La seule chose, c'est que, en tout cas pour certains qui aiment comprendre les choses, qui aiment être dans le Naassé v'Nichma, c'est-à-dire pas seulement le naassé, entendre, mais aussi comprendre, on est un petit peu désemparés. On se dit: ok, j'entends, je sens quelque chose au niveau du ressenti, mais comment est-ce que je peux mettre un sens sur ce que je suis en train d'entendre ? Parce que ce ne sont pas des paroles. La techouva, c'est la musique, mais ce n'est pas vraiment la musique. En fait, c'est un chofar, un instrument assez primitif au niveau musical. Je ne parle pas de la kedoucha du chofar, mais du niveau musical.

On entend en tout trois sons: la tekia, le chevarim et la teroua. Et c'est tout ce qu'on entend. Alors, qu'est-ce qui fait que ça réveille en nous ce que ça réveille ? Est-ce que c'est uniquement, on pourrait dire, la psychologie, l'habitude, la connaissance du fait que c'est Roch Hachana ? Ou bien y a-t-il en soi-même un code, un langage dans la sonnerie du chofar ? Est-ce qu'on pourrait l'apprendre, est-ce qu'on pourrait le comprendre ? C'est le sujet qu'on va étudier.

Il faut rappeler que, dans la paracha, on fait l'Hachmiâ Kol Chofar: c'est-à-dire que les poskim ont expliqué, les décisionnaires ont expliqué, que la mitsva, c'est d'entendre la voix du chofar. Ce n'est pas de sonner du chofar. La mitsva n'est pas de sonner du chofar, c'est d'entendre la voix du chofar. Donc il faut bien savoir ce que nous devons comprendre: ce que signifie ce kol, cette voix, le kol du chofar.

La deuxième question, la question du texte, la question d'étude, c'est: allons tout de suite voir dans le texte. Il y a un très grand étonnement: la Torah, en fait, est très avare d'explications sur ce kol chofar, sur cette mitsva du chofar. Pourquoi ? Regardez: dans toute la Torah, je ne parle pas des Nevi'im et des Ketouvim, c'est-à-dire des prophètes et des hagiographes, mais des cinq Houmache, de la Torah écrite, on a uniquement deux références à Roch Hachana et à la mitsva du chofar. Regardez, on va le voir.

La première: Vayedaber Adonaï él Moshé lémor... Vous avez les références, je les enverrai b'ezrat Hachem. Le texte, j'aurais pu l'envoyer avant. Parachat Emor, Vayikra, chapitre 23. Vayedaber Adonaï él Moshé lémor, dabèr él Bnei Israël lémor... Bachodech hachvi'i be'ehad lachodech... Yihyé lachem Chabbaton. Donc on nous dit que c'est un jour de fête. Zikhron Teroua, Mikra Kodech: ça, c'est la première référence. Kol Mela'kha Avoda Lo Ta'assou, Ve'hikravtem Icheh La'Adonaï. Ça, c'est ce qui est classique dans la Torah pour nous signifier que c'est un jour de fête.

Mais tout ce qu'on nous dit, c'est Zikhron Teroua. On a une deuxième référence, au chapitre 29 de Pinh'as: c'est le premier du mois de Tichri. C'est exactement la même chose, c'est-à-dire que c'est un jour férié. Et c'est tout ce qu'il y a.

Autrement dit, vous pouvez ouvrir votre Houmache du début à la fin, chercher encore des références à la sonnerie du chofar à Roch Hachana, et vous verrez que vous avez uniquement ces deux références, en tout quatre mots: Zikhron Teroua et Yom Teroua. C'est un grand étonnement. Pourquoi ? Qu'est-ce qui manque ? La première chose qui manque, c'est qu'on ne sait pas, dans la Torah, dans ce texte, avec quoi on doit sonner. On ne sait pas. Vous me direz: avec quoi peut-on faire des teroua ? On va voir qu'on peut les faire, par exemple...

...avec des trompettes. Au niveau de la Torah, bien entendu, on peut le faire avec n'importe quel instrument. Mais on a un pasouk que nous connaissons bien, on le dit tous les vendredis soir au moment de Kabbalat Chabbat: Ba'hasotsrot, Kol Chofar, Ariou lifné Hamélèkh Adonaï. C'est-à-dire: vous ferez des teroua devant Hachem, avec les hasotserot et avec la voix du chofar. Donc il nous dit comment on sait... alors Roch Hachana, c'est un chofar. La vérité, je ne vais pas répondre à cette question, parce qu'on n'a pas le temps de tout dire, mais il y a des réponses, bien entendu. Ce n'est pas écrit.

La deuxième chose: si on s'en tenait à ce qui est écrit ici, on ferait tout simplement un seul son. On prendrait notre chofar — disons qu'on sait déjà que c'est un chofar — et qu'est-ce qu'on va faire ? On fait ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta, neuf petits sons comme ça. Et d'après la Torah, si on était des Karaïtes, on aurait réalisé la mitsva de la Torah, vous avez compris ? Puisque la Torah …

Cours d'Orot veKelim

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