Roch Hachana, fête historique ou symbole ?
Pourquoi Roch Hachana doit reposer sur un événement vécu par le peuple juif, et ce que cela change.
Plusieurs Rabbanim
Ensuite : Les éditions Vav et les livres de Roch Hachana et Kippour, 11 min
En bref
Le Rav explique que la fête de Roch Hachana repose sur un événement historique vécu par nos ancêtres : la fin de l'esclavage en Égypte, quelques mois avant la sortie de Pessah. Il montre que la création du monde ou le « début de l'année » ne peuvent pas en être le fondement, la halakha tranchant en faveur de Nisan pour la création. Le cours relie ensuite le shofar à la libération des esclaves et au couronnement de Dieu, puis à l'idée que Roch Hachana n'est pas un jour de jugement sur les fautes mais de renouvellement de l'alliance.
Début du cours (texte)
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Il y a fait mode. Alors, c'est parti, on y va. Erev Tov, les coulams, Erev Tov. Je ne sais pas s'il faut dire Erev Tov ou Boker Tov, selon les endroits. Pour ceux qui sont à Paris, c'est Laïla Tov. Pour ceux qui sont à Jérusalem, ça commence à se tourner vers Boker Tov. Et pour nos amis à New York, évidemment, Erev Tov. Erev Tov à vous. Alors…
D'abord, je tiens à vous dire que je me suis dit que je ne pouvais pas aller dormir pour cette veille de premier cours du live du soir, parce que je me suis dit: peut-être que je ne vais pas me réveiller, ce n'est pas possible, ou alors je vais me réveiller deux heures avant ou deux minutes avant. Donc, en fait, je me suis fait un programme pour tenir jusqu'à maintenant. Ce n'était pas compliqué. J'ai commencé la soirée avec un petit foot. Après…
J'ai fait un siour de Slichot. J'ai guidé dans les rues de Jérusalem pour arriver aux Slichot, au Kotel. Bon, je les ai laissés, parce que, étant ashkénaze, je n'ai pas encore commencé les Slichot. Ça ne commencera pour nous que Motsaé Chabbat. Ensuite, je suis revenu, enfin, je pensais revenir à la maison, mais non, parce que j'ai dû guider, à une heure du matin, un siour de Hayalim entre le tombeau de Chmouel Hanavi et…
Et finalement, je suis rentré à trois heures du matin, et j'ai vaguement somnolé sur le canapé, et puis nous voilà ! On est chaud, on est patate. Je pense par contre que demain je ne serai pas très productif, si vous voyez ce que je veux dire. Mais bon, ça, c'est un problème que je vais devoir régler avec ma femme. Quoi qu'il en soit, les amis, on est parti pour notre grand retour ! Vous m'avez tous manqué énormément.
Et donc, c'est parti. Cette fois, on va frapper un grand coup. Roch Hachana. On a appelé ce cours « La grande erreur de Roch Hachana ». On va essayer de comprendre de quoi il s'agit. Alors, on va commencer par poser une question, une question bateau, une question toute simple. C'est une question fondamentale. Le grand problème qu'on a avec nos fêtes, avec notre étude de la Torah, c'est que des fois, les questions les plus évidentes, on ne les pose pas. On ne les pose pas parce qu'on se dit que c'est évident.
On a appris ça quand on était à l'école. Et rarement on a appris les choses évidentes. Parce que comme c'était évident, on ne les a pas apprises. Entre parenthèses, c'est vrai même dans l'étude de la yeshiva très poussée. C'est-à-dire que dans le Talmud, il y a plein de traités qu'à la yeshiva on n'étudie pas trop, parce que ce sont les traités faciles. Résultat des courses, les gens sont passés dessus en les survolant, et ils ne savent pas ce qu'il y a marqué dedans.
Alors que ce sont des bases parmi les bases. Prenez un traité comme le traité de Megila. Oh, 32 pages, facile ! Oui, mais comment facile, on ne l'étudie pas ? Eh bien, on passe sur des choses qui sont des bases du judaïsme. Donc, moi, je vais poser une question très simple. Qu'est-ce qu'on fait à Roch Hachana ? Voilà ma question, elle est très simple. Mais attention ! Je ne vais pas vous laisser répondre comme ça, parce que, dans deux secondes, vous allez pouvoir me répondre. Mais…
Avant de me répondre, je vais vous donner un postulat de départ. Mon postulat de départ est le suivant: il n'existe, dans le judaïsme, aucune fête qui ne soit basée sur un événement historique qui a touché nos ancêtres. En d'autres termes, pour qu'une fête soit une fête, ça ne peut pas être simplement le symbole d'un événement spirituel ou d'une symbolique.
Ça doit se traduire également par un événement historique qui a touché le peuple juif. Je vous donne l'exemple inverse: Tou Bichvat. Prenons Tou Bichvat. Tou Bichvat, c'est très sympa, on mange des fruits, on est content. Mais Tou Bichvat n'est pas officiellement une fête. Celui qui ne mange pas de fruits à Tou Bichvat n'a transgressé aucune halakha. Pourquoi ce n'est pas encore officiellement une fête ? Simplement parce qu'il n'y a, pour l'instant, aucun événement qui ait touché le peuple juif et qui ait été institué par les rabbanim comme étant une fête. D'accord ? Le postulat de départ est clair.
D'ailleurs, j'en profite pour rappeler que le cours est dédié. On a dit: Leilou nichmat David ben Chalom, Moshé ben Aharon, Vé'yahakor ben David, Yafemon. Amen. Et je vais aussi dédier le cours à la refoua de ma maman, qui a attrapé le Corona comme tout le monde.
Alors, attention, c'est un nom qui est imprononçable. Voilà, comme ça, c'est fait. Et Blume Batch Prince. Voilà. Ça, c'est pour l'anecdote. Je peux vous assurer que quand ma fille est née, la première, je n'avais pas du tout envie de l'appeler Shprintz. Même si j'aimais énormément ma grand-mère, c'était compliqué, et il a fallu trouver des stratagèmes. Enfin bon, quoi qu'il en soit…
J'ai donc, maintenant que vous avez les postulats de départ, posé ma question: qu'est-ce qu'on fait à Roch Hachana ? Alors, qu'est-ce qu'on fait ? Ça y est, c'est dans même pas dix jours. Qu'est-ce qu'on fait à Roch Hachana ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Certains pourraient me dire: on fête la création du monde. Enfin, c'est une évidence, c'est des choses que tout le monde connaît. Qu'est-ce que tu racontes ? Tu vas nous faire perdre du temps en nous posant des questions évidentes. Enfin…
Tu sais bien que Roch Hachana, qu'est-ce qu'on fait ? C'est le début de l'année. Ce sont les deux styles de réponses qu'on entend. Et c'est là, la grande erreur de Roch Hachana. D'abord, je vais prendre la deuxième: le début de l'année. Comment est-ce que Roch Hachana s'appelle dans la Torah ? Dans la Torah, on appelle ça Ahad Barach Hachévi'i, c'est le premier jour du septième mois. Et toi, tu appelles ça le début de l'année. Ça t'arrive souvent de commencer les choses par sept ? D'autant plus
que la Torah est claire là-dessus. Quand on est sorti d'Égypte, elle nous a dit que le début de l'année, pour le judaïsme, c'est en Nissan, pour ce qui est de la création du monde. Eh bien, les amis, il y a un vrai problème avec cette réponse-là. Pourquoi ? Pour deux choses. La première, c'est qu'on l'a dit: pour que ce soit une fête, il faut qu'il y ait un événement qui ait touché nos ancêtres. La création du monde n'a pas touché nos ancêtres. Ils n'étaient pas là.
Certains me diront: non, mais en fait, Roch Hachana, c'est la Akédat Its'hak. La Akédat Its'hak, effectivement, d'après nos sages, s'est passée à Roch Hachana. Mais ça n'a pas touché nos ancêtres, ça a touché Abraham et Its'hak. Ça ne marche pas.
Cours d'Orot veKelim
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