Les trois chofars et la Gueoula selon le Rav Kook
Le Rav Kook compare les trois degrés du chofar de Roch Hachana aux trois degrés possibles de la délivrance finale.
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Ensuite : La prière de Hanna et les neuf bénédictions de Roch Hachana, 36 min
En bref
Le Rav Kook commente à Roch Hachana, dans son Ma'amar Reya (dracha prononcée à Jérusalem en 1934), la distinction entre trois degrés de shofar, grand, moyen et petit, qui figurent dans la halakha et que le prophète Isaïe et la prière de Moussaf évoquent à propos de la Gueoula. Le cours montre que cette hiérarchie ne concerne pas la taille de la corne mais la source de l'éveil qui conduit le peuple à se libérer de l'exil. Le Rav distingue un éveil venu de la sainteté de la tradition, un éveil national comparable à celui des autres peuples, et un éveil imposé par les épreuves.
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On est à très peu de jours de Roch Hachana, donc il fallait qu'on parle du shofar. Je voudrais étudier avec vous ce soir, rapidement, selon le temps qui est à notre disposition, un texte du Rav Kook qui se trouve dans le livre qui s'appelle Ma'amre Réya. Et je vais souligner que ce qui a été dit ici
Et c'est important. Deux paramètres sont importants: la date et le lieu. C'est marqué à la fin de l'article. En réalité, ce sont des choses qui ont été dites par le Rav Kook, non pas écrites. Elles ont été ensuite transcrites. Elles ont été dites en Tav Resh Tsadik Dalet, traduction en 1934, à Roch Hachana. C'est donc une dracha que le Rav a faite.
À Roch Hachana, en 1934, c'est un an avant son départ, et ça a été dit à la Beit HaKnesset qui a été renouvelée, la Hourvat Rabbi Yehouda HaHassid. La Hourvat Rabbi Yehouda HaHassid, c'est la belle Beit HaKnesset renouvelée dans le Rova. J'espère que vous êtes déjà allés voir cette Beit HaKnesset.
Elle a été reconstituée après avoir été détruite une fois, deux fois, trois fois. Et on espère que cette fois-ci c'est la bonne, Be'ezrat Hachem. Le Rav a donc fait une dracha à Roch Hachana, et c'est cette dracha que nous allons étudier ensemble. En tête de sa dracha, il amène deux sources. La première est du prophète Isaïe. Je lis le verset, il est très connu: En ce temps-là, sera sonné d'un grand chofar, j'ai traduit, puissant, et viendront ceux qui se sont perdus dans la terre de Hachou
Et ceux qui ont été exilés en Égypte, et ils arriveront pour se prosterner sur la montagne sainte à Yerouchalaïm. Voilà ce que le prophète Isaïe prophétise. La deuxième citation est une citation de la Tefila de Roch Hachana, à la Tefila de Moussaf.
Dans cette Tefila, nous disons la chose suivante: nous prions HaKadosh Baroukh Hou qu'arrive ce temps où l'on puisse entendre un grand shofar qui annonce notre délivrance, notre liberté.
La Tefila de Moussaf de Roch Hachana, on l'a étudiée vendredi qui vient de passer. Elle comprend trois parties essentielles: Malchouyot, Zichronot, Véshofarot. Dans la partie Véshofarot, nous demandons à HaKadosh Baroukh Hou de nous faire entendre ce grand shofar.
Pour le temps succinct que nous avons à notre disposition, je vais faire rapidement quelques introductions pour comprendre vers quoi le Rav va nous conduire dans son enseignement. La remarque qu'il fait, à partir de ces deux sources, c'est le même thème qui revient: le prophète nous parle d'un shofar gadol, et nous réclamons de HaKadosh Baroukh Hou d'entendre un shofar gadol. Et pour celui qui a l'habitude de l'étude, on sait que si l'on insiste sur le fait que l'on veut entendre un shofar gadol, cela suppose qu'il y a un shofar qui n'est pas gadol. Sinon, on n'aurait pas besoin de préciser shofar gadol.
Un shofar, on sait tous ce que c'est, a priori. Mais qu'est-ce qu'un shofar gadol ? Évidemment, on peut donner une explication simpliste: c'est un shofar qui est grand. Effectivement, chez les Temanim, il y a l'habitude, à Roch Hachana, de sonner d'un grand chofar. Une fois, quelqu'un a fait un exposé sur les chofarot qu'il avait à sa disposition, et il nous a montré un chofar de plus d'un mètre.
Mais il est évident que quand le prophète nous parle de chofar gadol, son intention n'est pas de parler du nombre de centimètres qu'aura le chofar qui annoncera la Gueoula. Et quand nous prions et demandons à HaKadosh Baroukh Hou, notre intention n'est pas forcément que celui qui sonnera du chofar pour nous annoncer la Gueoula tienne un grand chofar, c'est-à-dire en mesure, en quantité. Parce que quand on parle de la Gueoula, il est évident que l'on parle d'un concept qui concerne l'essence des choses, et non pas de quelque chose qui nous impressionnerait parce que nous aurions devant nous un grand chofar.
Beaucoup de gens ont essayé de sonner d'un grand chofar. Ils ont probablement réussi à impressionner les gens, mais la Gueoula a encore quelques pas à faire, bien que le chofar ait été gadol. Ce qui prouve que ce n'est probablement pas l'explication.
Le Rav Kook, dans cette dracha, a voulu élucider ce concept de shofar gadol. C'est l'essentiel de la dracha. Elle comporte trois parties. La première commence par l'étude de la halakha. Il va exposer, selon la halakha, quels sont les degrés de shofar possibles dont on peut se servir à Roch Hachana. Et c'est important, parce que nous sommes la veille de Roch Hachana, donc cela nous concerne.
La deuxième partie de la dracha va être une extrapolation de la halakha sur un autre domaine, qui est le domaine profond de la pensée de la Gueoula. La troisième partie va être la conclusion qu'il faut en tirer, et en quoi cela implique de notre part quelque chose de particulier.
Il y a donc trois parties dans cette dracha. Nous allons essayer ensemble, ce soir, à partir du texte que vous avez sous les yeux, de repérer l'intention profonde du Rav, qui fait d'ailleurs dans cette dracha quelque chose d'extrêmement important.
Le Rav nous fait découvrir la relation profonde qui existe entre la halakha et l'émouna. Très souvent, dans le judaïsme, on a l'impression qu'on a affaire à des matières qui n'ont pas grand-chose à voir l'une avec l'autre. Pour savoir la halakha, on s'adresse à des rabbins spécialistes de la halakha, et quand on a besoin d'entendre de belles idées, de choses profondes concernant l'émouna, on va trouver des penseurs. Or le Rav nous fait comprendre que chaque détail de la halakha est, en réalité, l'apparition du iceberg de toute la pensée juive, et en particulier de la pensée de la Gueoula.
Cette pensée est en rapport étroit avec l'idée du shofar. Pourquoi ? Il va lui-même nous l'expliquer. Et cela va évidemment nous donner une autre dimension quand, à Roch Hachana, le premier et le deuxième jour, nous allons entendre le shofar. On sait que c'est la mitsva de Roch Hachana d'entendre le shofar, et l'on n'a pas toujours beaucoup d'idées là-dessus, on en a quelques-unes par-ci et par-là.
Là, le Rav va nous permettre de nous focaliser sur ce qu'est en réalité ce shofar et à quoi il doit nous conduire. Qu'est-ce que cela doit éveiller en nous, réveiller en nous, et en quoi devons-nous nous mobiliser, par l'écoute de ce shofar, pour l'écoute d'un shofar qui vient annoncer quelque chose de bien plus grand que ce que chacun de nous attend de la nouvelle année.
Avec les événements que nous avons déjà vécus et ceux qui se préparent, on comprend que ce ne sont pas seulement des choses qu'on a à attendre au niveau individuel, mais au niveau collectif. Peut-être est-ce exagéré de dire au niveau mondial et au niveau cosmologique. En tout cas, il est clair, nous dit le Rav, que quand on parle du shofar, il y a référence à l'idée de la Gueoula. Ce n'est pas nous qui le disons, c'est le prophète Isaïe qui l'a annoncé il y a des …
Cours d'Orot veKelim
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