Trois livres ouverts à Roch Hachana, qui est jugé
Le Rav Botschko expose les opinions sur le jugement de Roch Hachana : les trois livres, la balance des mitsvot et l'instant du jugement.
Plusieurs Rabbanim
Ensuite : Atem nitsavim hayom : debout le jour du jugement, 29 min
En bref
Le cours part de la Michna de Roch Hachana sur les trois livres ouverts (justes, méchants, intermédiaires) et examine la question posée par les Tossafot : pourquoi certains justes meurent jeunes et certains méchants vivent longtemps. Il présente les réponses de Rambam et de Rav Ahrav, en particulier l'idée que l'inscription immédiate concerne la vie future, non la vie présente. Il s'achève sur la question de ce qui se joue réellement à Roch Hachana, face aux avis qui situent le jugement chaque jour ou chaque heure.
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
On commence aujourd'hui le sujet très important: qu'est-ce qui nous arrive, en vrai, à Roch Hachana ? Il faut comprendre ce qui se passe à Roch Hachana, qu'est-ce qu'on vit ? On nous inscrit. On nous inscrit dans le livre. C'est la chose: on nous inscrit.
Tout va bien, tout est super. Alors, le Rav Krouspedaï dit au nom de Rabbi Yochanan: trois livres s'ouvrent à Roch Hachana. Un livre pour les richaïm, un livre pour les tsadikim, et un pour ceux qui sont au milieu.
Les tsadikim, on les inscrit, on les signe dans le bon livre. Et les richaïm, on les met dans le mauvais livre. Les gens qui sont au milieu, ils sont au milieu, entre Roch Hachana et Kippour. Et s'ils arrivent jusqu'à Kippour en faisant techouva, on va les inscrire dans le bon livre.
Alors la question, comment ça se passe ? Parce que le Tossefot pose une question. Il dit que si les tsadikim sont les gens qui ont la majorité de mitsvot, et on dit nekhtamim le'altar lé'haïm, le'altar c'est-à-dire immédiatement, immédiatement, dans le livre des tsadikim.
Mais la question que se pose le Tossefot, c'est qu'il y a des fois où l'on voit des gens qui sont des tsadikim et qui meurent, et des gens qui sont des richaïm et qui sont encore là. Alors comment on comprend ça ? Il y a ici un problème ? D'accord, c'est une bonne question.
Alors le Tossefot dit que ce qui est écrit dans la Guemara, le'altar immédiatement, cela s'applique à la haïé olam haba, la vie qui va arriver après la mort, la vie spirituelle. On ne parle pas de maintenant, on parle de l'au-delà. Si c'est comme ça, ça enlève un petit peu toute la…
On rentre à Roch Hachana, c'est la journée. Dieu nous juge, il nous inscrit. Il y a comme un passage dans le Rambam, où l'on voit que chaque jour, à Roch Hachana, on ne compte pas… on compte. Un, deux, trois. Toutes les mitsvot, toutes les avérot: c'est tout le temps dans ma tête. C'est quoi, Roch Hachana ? Il y a comme une balance. On a un peu peur, on voit la balance, et on voit des anges qui ramènent les mitsvot. Ils mettent des mitsvot d'un côté droit et d'un côté gauche.
On a des anges comme ça, noirs, avec une sorte de… comme ça, sévères. Ils rentrent encore des avérot, du lachon ara, du Chabbat, des choses. Et tu t'étonnes, tu écoutes, tu écoutes…
Et pour cela, avant Roch Hachana, on se lève pour les sélihot, on fait encore des mitsvot, encore des choses, parce qu'on veut réussir le jugement, on veut être dans le livre des tsadikim. Maintenant, les tsadikim disent: « Ah, mais tu sais, ce n'est pas comme ça. C'est pour la vie divine après la mort. » Ah non, c'est comme ça. On part en vacances, on a encore une semaine ! Encore une semaine avant Roch Hachana !
C'est pour Olam Aba ! On a du temps ! Maintenant, on va faire les vacances. Après la retraite, on va faire… avec les attachés, et on va s'arranger. D'un côté.
De l'autre côté, on voit le Rambam. Le Rambam dit que chacun, dans le monde, a des péchés et a des mitsvot. Celui qui a le plus de mitsvot est tsadik. Celui qui a le plus de avérot est richa. Moitié-moitié, comme ça.
Et après il dit: Adam, chavonotam, meroubim, ansiroutam, miadou bat béréchot. Celui qui a plus de péchés que de mitsvot, sur la seconde, il meurt. Il dit aussi qu'une ville, un État, comme un pays, Israël, Médine, un pays qui a plus de péchés, alors… on le massacre, comme Sodome et Amorah, que Dieu a détruites. Et aussi tout le monde entier. S'il y a plus de péchés, Dieu ne va pas donner… comme le Mabbul qui était au temps où il y avait plus de péchés, et Dieu a détruit tout le monde.
Alors comment sait-on comment le compte fonctionne ? Comment compte-t-on les mitsvot et les avérot ? On doit savoir quelle est la valeur de chaque mitsva. Ça, on ne le sait pas. Il y a peut-être une mitsva qui a une très haute valeur et une mitsva qui n'a pas une grande valeur. Alors comment sait-on quelles sont les valeurs ? Ça, c'est Dieu qui sait tout, qui compte. On ne peut donc pas prouver qui est un tsadik et qui est un richa, parce qu'on ne connaît pas tout le compte.
Ça, déjà, cela donne la réponse. Le Ravad le demande, il dit: ce n'est pas vrai. Parce que ce qui est écrit ici dans le Rambam n'est pas comme dans la Guemara. Dans la Guemara, il est écrit que les richaïm sont le'altar immédiatement, on les tue, car il n'a pas dit comme le Tossefot. Alors le Ravad demande sur le Rambam: comment peux-tu dire que c'est comme ça ? Arrête, on voit qu'il y a des tsadikim qui meurent et des richaïm qui vivent.
Alors le Ravad explique ainsi: « immédiatement », ce n'est pas maintenant. Le Tossefot dit que c'est pour Olam Aba, il y aura encore beaucoup de temps. Le Ravad dit: c'est comme quelqu'un qui fume, ras ve'chalila. Il fume des cigarettes. C'est très mauvais de fumer, bémette. Alors on dit que quelqu'un qui fume,
c'est comme, comment on dit…, se suicider. Ah, mais ce n'est pas vrai ! Mais on dit que chaque cigarette, c'est, on va dire, dix minutes de vie. Celui qui fume beaucoup, chaque cigarette lui retire du temps. Si quelqu'un devait vivre quatre-vingt-dix ans, chaque cigarette lui en retire un peu.
Dix minutes, encore dix minutes. C'est la même chose pour ceux qui mangent beaucoup de sucre. Ce sont des choses qui ne sont pas naturelles, qui ne sont pas bonnes. Alors, comment dit-il ? Suicidé. Suicidé. On se suicide, khass ve'khalila, celui qui fume, petit à petit. Maintenant, on ne s'en tient pas à cela, parce que c'est encore beaucoup de temps. Et on ne sait pas non plus combien de temps on doit vivre.
Mais il dit, chaque année, dit le Ravad, on fait le compte, et si quelqu'un a eu plus de avérot que de mitsvot, on le signe immédiatement pour la mort. Ce n'est pas immédiatement maintenant; c'est immédiatement en retirant un temps de sa vie. Et on ne peut pas le prouver, parce qu'on ne sait pas quel était le projet de Dieu avant sa naissance. Donc, encore une fois, on a une réponse: d'un côté, oui, c'est un jour de jugement, et de l'autre, on ne peut pas prouver quand on voit quelqu'un qui est mort.
Cette année, on ne peut pas dire: c'est parce qu'il avait beaucoup de péchés. Peut-être que c'était son temps. Peut-être qu'il a fini son petit compte, qu'il a réparé sa mission dans le monde.
Cours d'Orot veKelim
Dans la même série
Cent cours sur Roch Hachana, réunis pour la première fois en un seul parcours. De Manitou au Rav Fiszon, du Rav Cherki au Rav Akerman, quatorze Ravs abordent le même jour sous des angles différents.
- 81
Roch Hachana, fête universelle et lien avec Erets IsraëlPourquoi Roch Hachana, fête de la royauté d'Hachem, se relie à la présence divine en Erets Israël. - 82
Alénou : réparer le monde, pas sa propre annéePourquoi la prière de Roch Hachana se concentre sur la royauté de Dieu plutôt que sur nos demandes personnelles. - 83
Dans quel livre veux-tu être inscrit à Roch HachanaLes trois livres du jugement, les Tsadikim, les Rechaïm et les Bénonim, et pourquoi on ne juge pas un homme de l'extérieur. - 84
Entendre le chofar plutôt que le sonnerPourquoi la Torah demande d'entendre le chofar, et ce que ce son exige de nous pendant Eloul. - 85
Trois livres ouverts à Roch Hachana, qui est jugéLe Rav Botschko expose les opinions sur le jugement de Roch Hachana : les trois livres, la balance des mitsvot et l'instant du jugement. - 86
Atem nitsavim hayom : debout le jour du jugementPourquoi le mot « hayom » de Nitsavim renvoie au jour de Roch Hachana selon le Zohar, et non à la mort de Moshé. - 87
Roch Hachana et le mystère du premier du septième moisLe Rambam s'étonne que la Torah ordonne Roch Hachana sans en donner la raison, contrairement aux autres fêtes. - 88
Le chofar absent du verset de Roch HachanaPourquoi la Torah nomme la sonnerie sans jamais dire chofar, et comment le Talmud le déduit du Yom HaKippourim du Jubilé. - 89
Les trois chofars et la Gueoula selon le Rav KookLe Rav Kook compare les trois degrés du chofar de Roch Hachana aux trois degrés possibles de la délivrance finale. - 90
La prière de Hanna et les neuf bénédictions de Roch HachanaPourquoi le Moussaf de Roch Hachana compte neuf bénédictions, et pourquoi on s'appuie sur la prière de Hanna après la naissance de Chmuel.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav