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Le chofar absent du verset de Roch Hachana

Pourquoi la Torah nomme la sonnerie sans jamais dire chofar, et comment le Talmud le déduit du Yom HaKippourim du Jubilé.

40 min

Plusieurs Rabbanim

Ensuite : Les trois chofars et la Gueoula selon le Rav Kook, 45 min

En bref

Le cours part d'une énigme : la Torah appelle Roch Hachana « Yom Troua » (jour de la sonnerie) sans jamais mentionner le chofar, alors que la mitzva du chofar est pourtant rattachée à ce jour. Le Rav Ben Ishaï montre que les Sages l'ont apprise par une gzera chava avec Yom Hakippourim du Yovel (verset de Vayikra 25:9), puis relie ce jour au jugement de Roch Hachana, qualifié de Din Berachamim selon Ramban, c'est-à-dire un jugement où la patience divine laisse à l'homme le temps de corriger sa voie jusqu'à Yom Hakippourim. Il explique enfin que le chofar y annonce la royauté divine et le rappel du Créateur, comme le verset du Tehilim 81 (« Tikou bachodesh chofar ») le suggère.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom à tous. Nous sommes très heureux de nous retrouver à quelques heures de Roch Hachana avec le Rav Yehuda Ben Ishaï. Ce cours est léilouï nichmat Yaakov ben Merioma Eytrak, de la part de Suzy. La question que nous nous posons est la suivante: il existe une seule mitsva qui soit min haTorah à Roch Hachana, c'est la mitsva du Chofar.

Or elle est peut-être absente des textes de la Torah. C'est le sujet dont le Rav Ben Ishaï va nous parler. Bonne étude à nous tous.

Shalom, shalom à tous et à toutes. Bienvenue à cette veille de Roch Hachana 5781. Comme vient de le dire notre ami Aaron, nous sommes à peine à l'entrée d'une nouvelle année, peut-être d'une nouvelle ère.

Nous avons évidemment passé une année tout à fait particulière, et elle nous annonce que de grands changements sont peut-être en cours. Hachem nous donnera la clé de la compréhension de tout ce qui se passe. Aujourd'hui, nous voudrions justement comprendre comment il se fait, comme vient de le dire notre ami Aaron, que la mitsva principale de Roch Hachana, la sonnerie du Chofar, ne soit pas rappelée en toutes lettres à Roch Hachana, dans les versets qui parlent de Roch Hachana dans la Torah.

À deux reprises, Roch Hachana est rappelée dans la Torah: une fois dans la paracha de Emor, et une deuxième fois dans la paracha de Pinhas.

Dans la paracha de Emor, le jour de Roch Hachana est appelé Zikhron Térou'a, c'est-à-dire le souvenir de la sonnerie, mais ce n'est pas forcément le Chofar, cela pourrait être une trompette.

La deuxième fois, dans la paracha de Pinhas, sont rappelés tous les sacrifices offerts chaque jour de l'année, et pendant les fêtes aussi. Là, le jour de Roch Hachana est appelé Yom Térou'a, c'est-à-dire le jour de la sonnerie. Et là encore, on peut se demander: sonnerie de quoi ? Nos sages ont évidemment remarqué cela, et font remarquer que ce n'est pas évident.

Nous sommes tellement habitués à l'idée qu'à Roch Hachana on sonne du Chofar que, lorsqu'on nous parle de Zikhron Térou'a ou de Yom Térou'a, il nous paraît clair et évident qu'il s'agit de la sonnerie du Chofar. Mais tout le monde sait que la sonnerie peut venir d'autres instruments. Il est donc tout à fait surprenant et remarquable que précisément cette mitsva principale, centrale de la fête de Roch Hachana, ne voie pas le mot Chofar apparaître. C'est une question qu'on ne peut pas éviter.

Puisque nous nous préparons tous à entendre le Chofar à Roch Hachana, on va se demander comment les sages l'ont appris. La réponse se trouve dans le traité de Roch Hachana, où il nous est dit que cette idée qu'à Roch Hachana on sonne du Chofar vient de Yom HaKippourim, et non seulement de Yom HaKippourim, mais de l'année de la cinquantième année, appelée Yovel, le Jubilé. Je vous lis le verset. Il figure au chapitre 25 du livre de Vayikra, au verset 9, où il est dit:

Notre ami Aaron nous l'a mis sous les yeux: « Vous ferez entendre la térou'a par le Chofar. Le septième mois, le dixième du mois[…] » — il s'agit du mois de Tichri. Le dixième du mois, c'est Yom HaKippourim. « Ve'havartem Chofar térou'a: vous ferez entendre le Chofar dans tout votre pays. »

Dans ce verset, il s'agit de Yom HaKippourim, et plus précisément de Yom HaKippourim de l'année du Jubilé, la cinquantième année. On est donc tout à fait étonné de voir que la mitsva du Chofar est signalée en toutes lettres dans la Torah à propos de Yom HaKippourim du Jubilé, et qu'elle n'est pas signalée en toutes lettres à propos de Roch Hachana. Il y a ici un enseignement qu'on appelle une guézéra chava. Étant donné qu'à propos de Roch Hachana on parle de ce jour-là comme d'un jour de térou'a, et qu'ici le mot térou'a est rappelé, le verset dit Ve'havartem Chofar térou'a, on en déduit, par application du principe de la guézéra chava — c'est-à-dire qu'on apprend d'un mot sur un autre — que cette térou'a doit se faire par le Chofar.

Et évidemment, le septième mois est celui où tombent Roch Hachana et Yom HaKippourim. La Guémara, dans le traité de Roch Hachana à la page 33, nous dit que c'est de là qu'on apprend qu'à Roch Hachana la térou'a se fera par l'intermédiaire du Chofar.

Vous comprenez qu'il y a ici une interrogation importante: pourquoi faut-il passer par tout ce travail de recherche, toute cette étude talmudique, pour arriver à quelque chose qui, finalement, aurait dû être évident dans la Torah ? C'est-à-dire qu'à Roch Hachana, au lieu de l'appeler Yom Térou'a, on aurait pu dire Yom Térou'a Bechofar, ou Yom Chofar Térou'a, exactement comme c'est écrit à propos de Yom HaKippourim dans ce verset.

On était en droit d'attendre qu'à propos de Roch Hachana il nous soit dit qu'il s'agit de Yom Chofar Térou'a, ou de Yom Zikhron Chofar Térou'a. Or la Torah a évité de le dire à propos de Roch Hachana, et elle en parle à propos de Yom HaKippourim qui revient tous les cinquante ans, quand le Jubilé est en vigueur, ce qui n'est pas notre cas.

Nous allons donc nous demander tout simplement pourquoi l'idée qu'on sonne du Chofar à Roch Hachana doit passer par l'idée du Chofar qui apparaît à Yom HaKippourim et à l'année du Jubilé, l'année du Yovel.

Pour cela, je voudrais rappeler un enseignement extraordinaire de Nachmanide. Dans la paracha que je viens d'évoquer, la paracha de Béhar, Nachmanide définit deux jours de l'année de la façon suivante. Dans son commentaire sur le chapitre 25 de Vayikra, au verset 24, là où commence le passage sur le Jubilé, il définit deux jours:

Roch Hachana est Yom Din Berachamim, et Yom HaKippourim est Yom Rachamim Bedin.

Essayons d'élucider ce que Nachmanide est en train de nous apprendre. Quand il nous dit que Roch Hachana est Yom Din Berachamim, cela veut dire que Roch Hachana est le jour du jugement. Quel est ce jugement ? Ce fameux jugement dont on parle à propos de Roch Hachana, de quoi s'agit-il ? À Roch Hachana, on parle de la création du monde, on parle de la création de l'homme. Chaque Roch Hachana, HaKadosh Baroukh Hou fait le bilan de l'histoire du monde, avec la présence de l'homme dans le monde.

Il y a donc, dans quelques heures, 5780 ans que cela s'est passé, et HaKadosh Baroukh Hou vérifie si le monde correspond à son projet. Quand HaKadosh Baroukh Hou fait ce bilan et qu'il vérifie où en est le monde par rapport à son projet, et qu'il constate un écart, qu'il constate quelque chose qui a dévié du projet divin, alors il y a évidemment une manifestation de rigueur.

Quand on constate qu'après 5781 années d'histoire de l'homme sur terre, le projet divin n'est pas encore réalisé, avec des écarts parfois assez graves, il y a évidemment une manifestation de rigueur. C'est-à-dire que Dieu réclame que son monde parvienne à réaliser son projet. C'est pour cela que le Rambam nous dit que Roch Hachana est …

Cours d'Orot veKelim

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