Roch Hachana et le mystère du premier du septième mois
Le Rambam s'étonne que la Torah ordonne Roch Hachana sans en donner la raison, contrairement aux autres fêtes.
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Ensuite : Le chofar absent du verset de Roch Hachana, 40 min
En bref
Le Rav commente le début de la drach que le Rambam a prononcée à Jérusalem pour Roch Hachana, à partir des versets de Emor sur le septième mois. Il montre que la Torah ne donne aucune raison à cette fête, contrairement aux autres, et que Roch Hachana, premier jour de Tichri, tombe exactement au milieu de l'année. Il explique enfin pourquoi le mois de Nisan est appelé premier mois et pourquoi Tichri a été compté comme premier mois avant la sortie d'Égypte.
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Cette semaine, au collège, on a étudié la fin de la dracha du Rambam à Manid, qu'il a faite à Yerouchalaïm le jour de Roch Hachana. Le Rambam, comme c'est connu, a fait son aliyah en Erets Israël et est parti d'Espagne avant l'expulsion, lui aussi expulsé d'ailleurs.
Il est arrivé à Yerouchalaïm, il était au Beit HaKnesset HaKhourva, et là-bas il a fait une dracha pour Roch Hachana. C'est une dracha extraordinaire, très belle et très longue. Cette semaine, au collège, on a étudié la fin de la dracha. Aujourd'hui, on va étudier ici le début de la dracha. Comme ça, on aura étudié le début et la fin, comme l'année.
On l'a fini et on le commence. Alors ça s'appelle une dracha pour Roch Hachana, inyan Roch Hachana. Je vais lire une partie de la dracha, pas toute, parce que ça prendrait beaucoup de temps, et expliquer de façon succincte l'idée que le Rambam va développer. Il résout une question très intéressante et importante, à propos de Roch Hachana.
Nous avons ici les versets de la paracha Emor qui nous parlent de la fête de Roch Hachana, puisqu'il s'agit du Chodech HaChevi'i. Le Chodech HaChevi'i, c'est le mois de Tichri. Be'Echad laChodech, le premier du mois, le début du mois.
Il s'agit bien de Roch Hachana. Le Rambam dit la chose suivante, il va mettre en place la question qu'il veut traiter: la Torah nous ordonne de célébrer ce jour-là, le premier du septième mois, d'en faire un jour de Yom Tov.
Et le Rambam dit quelque chose d'intéressant, et pendant toutes les lignes qui vont suivre, une quinzaine de lignes, il va développer cette remarque. Quelle est la remarque ? C'est que la Torah n'a pas expliqué, n'a pas donné la raison pour laquelle on devait célébrer le premier jour
du Chodech HaChevi'i. Elle n'a pas donné de raison. Elle nous dit simplement, vous pouvez revoir ça dans le verset: Ba Chodech HaChevi'i, Be-Echad laChodech, Yé-El Hachem Chabbaton, Zikhran Teru'a Mikra Kodech. Zikhran Teru'a fait évidemment référence au shofar. Mais la raison, qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Le premier du septième mois,
qui fait qu'on doit célébrer ce jour-là, en faire un jour de Yom Tov ? Makara, lo katouv bat Torah. Dans les lignes qui vont suivre, et je vais sauter ces lignes-là en raison d'un problème de temps, le Rambam va prouver qu'à propos de toutes les autres fêtes, la Torah explique la raison de la fête. Elle nous dit pourquoi il faut Pessa'h: parce que je vous ai fait sortir d'Égypte. Pourquoi je vous donne la fête de Souccot ? Parce que quand vous êtes sortis d'Égypte et que vous étiez dans le désert, vous avez résidé sous des soukkot, et vous rappellerez, grâce à cela, les miracles de la sortie du désert.
Mais à propos de cette fête-là, Chétika, Kippour, c'est marqué: Ki ba yom hazé yekhapér alékhem, lététhér ethkhem, mikol khatotékhem lifné Hachem titharou, que c'est ce jour-là où Dieu va nous pardonner toutes nos fautes, etc. Mais à propos du premier jour du septième mois, Roch Hachana, Ma, Maïa, Shloka Touf. Ça, c'est la première surprise, et c'est une surprise de taille. Parce que la Torah nous réclame de célébrer un jour dont on ne connaît pas la raison. Vous allez me dire: oui, mais on sait que c'est Roch Hachana, on sait d'où. C'est la première question.
La deuxième question: si la raison de la célébration de ce jour-là, c'est que c'est le début de l'année, comment se fait-il que le début de l'année, chez les juifs, commence au septième mois ? Ils sont bizarres, les juifs. On vous dit: c'est le début de l'année, Ehad laChodech HaChevi'i. Ok. Dans toutes les civilisations possibles et imaginables, le début de l'année sera célébré par le premier mois. Or, les juifs, pour tromper l'ennemi, décident que l'année commence le septième mois.
C'est quand même un peu bizarre. Qu'est-ce que ça veut dire ? Celui qui veut s'attacher au sens simple des choses est loin de s'imaginer qu'il ne s'agit pas de Roch Hachana. Parce que s'il s'agit de Roch Hachana, comment se fait-il que ce soit le premier du septième mois ? Toute civilisation ou religion qui se respecte dira que l'année commence avec le premier mois, elle continue avec le deuxième, etc. Voilà les questions qui ont été posées par le Rambam, et qui sont extrêmement intéressantes pour nous qui nous trouvons à l'aube de Roch Hachana et du premier jour du septième mois.
Alors on passe au paragraphe suivant. Vous lirez par vous-même les démonstrations qu'il fait pour montrer que pour toutes les autres fêtes, on a les raisons invoquées dans la Torah. Mais on ne l'a pas pour ce jour-là. La Torah garde un silence total. Elle ne dit rien à propos de Roch Hachana. Rien. Quatre lignes avant la fin, prochain paragraphe.
Yesh lanou lefaresh ma she-omer bachodesh hashevi'i yom rishon. Ki yakhol shoel lé-akhsot lanou: ékh zé ? Chodesh hashevi'i. Ve-alou kol Yisrael korin otou Rosh HaShana, mipi kol leilim ve-yomim, Rosh HaShana shemo. Ve-khen korim otou rabotinu ba-Talmud.
Et ils disent partout Roch Hachana et Kippour. Et le texte lui-même montre que c'est le mois, le premier. Et Roch Hachana, qui est dit Ba Hag HaSoukot, à la fin de l'année. C'est un verset, ça: Ba Hag HaSoukot, à la fin de l'année. C'est intéressant. Comme un Sefer.
On parle de la fête de Souccot qui se trouve dans le mois Be-Etzé HaChana. Donc, Be-Chodech Shéyétsé HaChana ve-HaChana HaMatrélet. Donc la fête de Souccot doit être dans le mois où l'année vient de sortir et une nouvelle année vient de rentrer. Alors le Rambam ne fait qu'amplifier la question: il y a quelque chose qu'ici il faut élucider.
Dans toutes nos sources et dans la bouche de tout le monde, ce jour-là, dont on ne connaît pas la raison et qui est marqué, qui est invoqué par la Torah, est rappelé comme étant le début de l'année. Roch Hachana, la tête de l'année. Et voilà que la Torah décide que la date de la tête de l'année est au milieu de l'année. Parce que dans l'année, on a douze mois. Donc si Roch Hachana se situe au premier jour du septième mois, ça veut dire quoi ? C'est pile la moitié de l'année. Ça veut dire que jusqu'à Roch Hachana, six mois se sont écoulés, et que le premier jour de Roch Hachana commence la deuxième moitié, les six autres mois.
Vous comprenez ça ? C'est simple. On coupe la chose en deux. On vous dit: six mois se sont écoulés. Maintenant, au début du septième, le premier jour du septième mois, vous commencez six autres mois. Donc c'est pile exactement le milieu de l'année. Alors, dit le Rambam, qu'est-ce qui se passe dans cette affaire ? On nous fait appeler Roch Hachana le milieu de l'année. C'est la première fois qu'on se rend compte de ça, hein. Vous êtes tous étonnés. C'est ça le...
Cours d'Orot veKelim
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