Pourquoi la lecture de Roch Hachana parle d'Yitzhak
Roch Hachana, jour du Zikaron et du din, et la question du choix de la lecture de la naissance d'Yitzhak.
Plusieurs Rabbanim
Ensuite : Choisir la vie : ce qu'est un vrai choix selon Rabbi David Sark, 23 min
En bref
Le cours part de la question suivante : pourquoi la lecture de Roch Hachana porte-t-elle sur la naissance d'Itshak et non sur le récit de la création. L'enseignant s'appuie sur une idée de Manitou : il y a deux calendriers, celui des Avot qui commence en Tichri et celui des Banim qui commence en Nissan avec la sortie d'Égypte. Il explique que Roch Hachana rappelle la création du monde comme jour du souvenir total et du jugement, et que la naissance d'Itshak, comme la Akedat Itshak, en est le signe concret.
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Donc, on va commencer. Le thème que j'aimerais aborder est un thème que Manitou aborde aussi dans un de ses cours. C'est l'idée suivante: Roch Hachana est le jour de la création du monde, c'est le jour où l'on est jugé. Mais une question se pose, et elle est évidente: pourquoi ne lit-on pas, dans la Torah, la première paracha, le premier chapitre de la Torah, Béréchit bara Elohim et hachamayim véet haarets, le jour de Roch Hachana, le début de la création du monde ? Il n'y a rien de plus logique que de lire la création du monde à Roch Hachana. Dieu crée le monde, et qu'est-ce qu'on fait à Roch Hachana ? On n'est pas jugé dans le sens habituel du terme, puisqu'on ne demande pas pardon à Dieu pour nos fautes.
Mais ce qu'on fait à Roch Hachana, en même temps que Kippour, c'est ceci: on dit que Dieu est le Roi, qu'Il est le Juge. Quand passe-t-on en jugement ? Après les dix jours de pénitence, à Kippour. Le début de ce que l'on peut appeler le procès personnel qui nous est, en fait, imposé commence à Roch Hachana.
Le Roch Hachana, c'est le fait que nous acceptons, d'une certaine manière, que Dieu soit notre Juge. Et donc on s'attendrait, puisque c'est aujourd'hui le jour de la création, à lire quelque chose qui a rapport soit au jugement, soit à la création du monde. Mais certainement pas ce que l'on lit, ce que les Hakhamim nous ont écrit. Les Hakhamim, dans la, nous disent qu'on doit lire la naissance d'Yitzhak.
Et l'Akédat Yitz'hak. Évidemment, il y a l'histoire célèbre: dans l'Akédat Yitz'hak, il y a un bélier, et dans ce bélier il y a une corne, et nous, à Roch Hachana, nous utilisons la corne du bélier. Donc cela rappelle Yitzhak, cela rappelle le sacrifice d'Yitzhak. Et le sacrifice d'Yitzhak prouve qui était Yitzhak et qui était Avraham. Et puisque cela prouve qui était Avraham et qui était Yitzhak, c'est un zekhout pour nous dans notre jugement. Vous voyez tout de suite que c'est très, très éloigné. Il n'y a pas de rapport direct.
D'accord, le bélier, mais cela n'a pas de rapport avec Roch Hachana, pas de rapport avec le jugement d'Israël. Cela a rapport avec le zekhout qu'avaient Avraham et Yitzhak. C'est un peu comme si l'on disait: il y a quelqu'un qui doit passer en procès, alors on rappelle que son père, excusez-moi, on reparle des Avot, Avraham et Yitzhak, que son père a fait une fois quelque chose de très bien, et à cause de cela on dit: vous savez, il vient d'un père qui est bien, donc…
Dans votre jugement, dans votre procès, il faut en tenir compte. C'est un peu éloigné, tout cela. Ce qu'il faut comprendre, c'est comment on peut en arriver à cette idée que Roch Hachana soit en rapport avec Yitzhak. Parce que l'on va voir tout de suite: a priori, pourquoi pas Avraham ? On va en parler.
On va donc commencer par là. Il faut d'abord faire une différence, c'est une idée de Manitou: il faut distinguer Roch Hachana et Roch Hachana. Qu'est-ce que cela veut dire ? Dans la Guemara de Roch Hachana, la Guemara commence en racontant qu'il y a quatre jours qui sont considérés comme le début de l'année. Il y en a deux dont on ne va pas parler aujourd'hui, puisque ce n'est pas vraiment notre thème. Mais Roch Hachana, en fait, il y en a deux. Un, c'est le premier Nissan.
Et l'autre, c'est le premier Tichri. Donc Roch Hachana est le commencement de l'année, mais de quelle année ? D'après le calendrier rituel de la Torah, on calcule toujours l'année à partir de la sortie d'Égypte. Si l'on considère que l'année commence avec la sortie d'Égypte, alors le Roch Hachana de l'année est le mois de Nissan. Le Roch Hachana du mois de Tichri, en revanche, est une autre année, une autre manière de voir l'année.
Dans la Torah elle-même, au moment de la sortie d'Égypte, quand on découvre la paracha Hahodech hazé lakhem dans le livre de Chemot, il est dit clairement: Roch hahodech hazé lakhem, rochodachim: c'est-à-dire qu'on a choisi, à la sortie d'Égypte, dans le livre de Chemot, que le mois de Nissan sera celui qui ouvre l'année. Un peu plus tard, on voit que la Torah nous dit: oui, c'est le début de l'année pour la sortie d'Égypte, mais Roch Hachana, c'est le premier Tichri.
Pour comprendre cela, il faut comprendre pourquoi le septième mois, le Roch Hachodech du septième mois, est Roch Hachana. Là, l'idée que j'ai trouvée chez Manitou est la suivante: il y a deux périodes complètement différentes de l'histoire d'Israël. Il y a la période des Avot, des patriarches, et la période des Avot a son calendrier. Le calendrier au temps des Avot était un calendrier où le commencement de l'année était effectivement à Tichri. Avraham, Yitzhak et Yaakov avaient un calendrier qui commençait avec le mois de Tichri.
La seconde période, c'est celle qui va depuis les Avot jusqu'à Yemot HaMachia'h, qui est après la sortie d'Égypte. Si l'on parle des Avot, alors on parle de Avot, les pères; si l'on parle des Banim, alors on parle de nous, les enfants, les Bné Israël. Donc, nous dit Manitou, il y a deux manières de considérer l'année. Si l'on parle du mois de Tichri, on parle des Avot. Si l'on parle du mois de Nissan, on parle des Toladot, des enfants, des Bné Israël. Il y a donc deux Roch Hachana.
Ils n'existent pas simplement simultanément dans l'année, c'est-à-dire que, dans la même année, on a deux Roch Hachana. Ils existent aussi dans l'histoire. Il y a une histoire qui a commencé avec les Avot, c'est l'histoire de Tichri, et une histoire qui s'est renouvelée au moment de Yetsi'at Mitsrayim, et qui est l'histoire des Toladot, l'histoire des enfants d'Israël, dont le commencement est le mois de Nissan.
Premièrement, le temps des Avot, c'est-à-dire la période des Avot, c'est l'identité d'Israël qui s'identifie aux Avraham, Yitzhak et Yaakov. Cette identité d'Israël est encore, à cette époque, liée au temps universel. Il ne faut pas oublier que le mois de Tichri, c'est la création du monde. Quand Manitou dit que les Avot sont liés au mois de Tichri, c'est parce que les Avot ont une conception de la réalité, une conception du monde, une conception de Dieu, qui est liée à la création du monde.
En revanche, quand on commémore le début de l'année en Nissan, à Pessa'h, c'est-à-dire à la sortie d'Égypte, on ne regarde pas la création du monde comme l'élément le plus important ou l'événement le plus important de l'histoire; on regarde la création d'Israël comme nation. Faisons un parallèle: les Avot d'un côté, les enfants d'Israël de l'autre. Les Avot, dont l'histoire est liée à la création du monde, pour qui la création du monde est, si l'on peut dire, la planche de départ, le tremplin. Les enfants d'Israël, pour qui le tremplin n'est pas …
Cours d'Orot veKelim
Dans la même série
Cent cours sur Roch Hachana, réunis pour la première fois en un seul parcours. De Manitou au Rav Fiszon, du Rav Cherki au Rav Akerman, quatorze Ravs abordent le même jour sous des angles différents.
- 20
Simhat Torah, joie de la Torah après le pardon de KippourManitou explique pourquoi la réception de la Torah à Simhat Torah se fait dans la joie, alors qu'à Chavouot elle était suivie de la brisure des tables. - 21
La liberté que Roch Hachana nous donne chaque annéeLe Sfat Emet fait de Roch Hachana une dose de liberté à renouveler, contre la routine qui paralyse et contre la paralysie des habitudes. - 22
Le don et la vente selon le Rav Louria, Roch HachanaPourquoi donner n'est pas vendre : la création du monde confiée à la responsabilité de l'homme. - 23
Le point intime de l'homme selon le Sfat EmetPourquoi Roch Hachana est une fête cachée, et ce que la nekouda pnimit révèle de notre identité devant Dieu. - 24
Pourquoi la lecture de Roch Hachana parle d'YitzhakRoch Hachana, jour du Zikaron et du din, et la question du choix de la lecture de la naissance d'Yitzhak. - 25
Choisir la vie : ce qu'est un vrai choix selon Rabbi David SarkPourquoi le libre arbitre suppose une vision équitable du bien et du mal, et ce que la faute casse en nous. - 26
Hanna, de la stérilité à la source de vieComment Hanna se rattache à la source de vie, et ce que la Haftara de Roch Hachana nous apprend à faire ce jour-là. - 27
Elkana, Hanna et Penina : la stérilité et la prièreLe premier chapitre de Chmouel présente Elkana, ses deux femmes et leur désir d'enfant, base de la lecture de Roch Hachana. - 28
Hanna et Elkana : le renouvellement de Roch HachanaLe cours s'appuie sur le midrash d'Eicha et le verset de Chofetim pour montrer que Roch Hachana oblige à renouveler sa royauté sur soi-même. - 29
Roch Hachana, naissance de Yitzhak et renouvellementPourquoi Yitzhak est né à Roch Hachana, et pourquoi la corne de bélier rappelle la Akédat Yitzhak.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav