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Le point intime de l'homme selon le Sfat Emet

Pourquoi Roch Hachana est une fête cachée, et ce que la nekouda pnimit révèle de notre identité devant Dieu.

1 h 06

Plusieurs Rabbanim

Ensuite : Pourquoi la lecture de Roch Hachana parle d'Yitzhak, 59 min

En bref

Le cours part d'un texte du Sfat Emet sur Roch Hachana, qualifié de fête « cachée » (bakesé) : le jour du jugement est aussi une fête, car Dieu juge avec bienveillance et non selon la seule rigueur. Le Rav explique que l'être d'Israël n'est pas seulement fait de ses actes mais aussi d'un point intime, la nekouda tmouna balev, qui relie chacun à Dieu comme un fils à son père. Roch Hachana sert à révéler ce point caché, à réveiller par le son du Shofar la conscience qu'on est devant Dieu en permanence.

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom, shalom. Bonsoir à toutes et à tous. On est très contents de retrouver le Rav Ouziel grâce à Midrash Etiouda Manitou. À quelques jours de Roch Hachana, vous nous proposez un cours sur le Rav Ouziel avec un titre très optimiste: le jour où on apprend qu'on est toujours plus que ce que l'on croit. Merchavod, Rav Ouziel.

Je vois que ça marche. Effectivement, on va voir aujourd'hui comment, dans les commentaires de la Torah, peut apparaître cette idée un peu paradoxale qu'on est plus que ce que l'on croit. C'est-à-dire qu'il faut peut-être le voir de cette façon-là. Il faut apprendre à se connaître, parce que quand on arrive à Roch Hachana, on sait que ce sont les débuts des jours de la techouva, les jours dans lesquels on va essayer de faire une introspection, de réfléchir sur ce qu'on est, sur ce qu'on fait. Il faut avoir une idée juste et précise de ce qu'on est. Et ce qu'on va voir maintenant dans les commentaires, c'est qu'il y a effectivement toujours beaucoup plus que ce qu'on croit être.

Et c'est pour ça que je voudrais commencer tout de suite à montrer le texte du Sfat Emet, qui va nous servir souvent de référence cette année. Dans ce texte, que vous avez maintenant devant vous, j'imagine, le Sfat Emet va nous dévoiler ce que nous sommes et pourquoi nous le sommes. C'est-à-dire que, contrairement à ce qu'on va pouvoir croire ou à ce qu'on a l'habitude de penser, on va découvrir que ne pas savoir ce que l'on est est peut-être, au fond, une des qualités, ou une des choses qui nous définissent le mieux: le fait que nous ignorions qui nous sommes. Voilà ce que dit le Sfat Emet. J'espère que vous le voyez assez grand, sinon je peux encore un peu l'augmenter. Voilà. Je pense que maintenant ça doit être assez grand.

Le Sfat Emet nous dit la chose suivante. Il dit: « Bakesé le Yom Chaguenu ». Il faut comprendre que, dans son enseignement, qui était un enseignement oral, face à ses élèves, et qui a ensuite été retranscrit, soit par lui-même, qui faisait des résumés de ce qu'il avait dit, soit par ses élèves qui écrivaient ce qu'ils avaient entendu, chaque mot est important. Le verset dit sur Roch Hachana que c'est une fête qui est bakesé, cachée, dissimulée, occultée.

Une des interprétations du midrash consiste à dire que Bakesé le Yom Chaguenu signifie que le jour de Roch Hodech est caché dans le jour de Roch Hachana: on ne fête pas Roch Hodech parce qu'on fête Roch Hachana. Il y a donc quelque chose de dissimulé dans Roch Hachana. Le Sfat Emet commence par nous demander: qu'est-ce que ce Yom Chaguenu ? Il y a donc quelque chose d'occulté, quelque chose de mystérieux dans le jour de Roch Hachana. Mais qu'est-ce qui peut vraiment être mystérieux ? Il nous dit: HaKadosh Baroukh Hou natan lanu yom din, c'est-à-dire, je suis en train de lire à la ligne 5 maintenant, ce qui est en jaune devant vous: Dieu nous a donné le jour du jugement, yom din, comme une fête, chag.

On peut déjà dire que s'il y a dissimulation et occultation, c'est l'aspect joyeux de Roch Hachana qui est caché. Roch Hachana, nous dit-il, c'est yom din, le jour du jugement, mais c'est en fait un jour de fête. Il y a donc déjà quelque chose de dissimulé. On s'attendrait à ce que le jour du jugement soit comme tous les procès que nous pouvons passer, si nous avons malheureusement l'occasion d'en passer un, c'est quelque chose de terriblement terrifiant. Et donc, nous dit-il, le yom hadin est en fait une fête.

Et pourquoi le jour du jugement est-il une fête ? Parce que, nous dit-il, c'est une grande hessed, une grande bienveillance que Dieu nous fait. Dans la fête de Roch Hachana, il y a donc cet aspect: d'une part, c'est une fête occultée, mais d'autre part, cela veut dire aussi que le jour du jugement est une fête, quelque chose de joyeux, mais occulté. Et nous dit-il: Ze mé-hessédo ha-gadol. Le fait que le jour du jugement soit une fête veut dire que, quand Dieu nous juge, il ne nous juge pas comme un juge le fait lors d'un procès.

C'est-à-dire qu'il n'essaie pas de déterminer quelles sont nos erreurs, nos fautes, à cause desquelles nous allons ensuite être sanctionnés, évidemment. Si le jour du jugement est une fête, cela veut dire qu'il est charitable, que ce n'est pas un jour de din, c'est-à-dire un jour de rigueur. La première remarque du Sfat Emet est donc la suivante: le fait que le jour du jugement soit aussi un jour de fête, que le din, le jugement, la rigueur, soit aussi simcha, la joie, c'est ce qui nous prouve qu'en fait, dans ce jugement, il n'y a pas que des aspects négatifs, que la rigueur semblerait nous proposer.

Il y a aussi une positivité intrinsèque: tu es jugé, mais ne crois pas que c'est tellement rigoriste. Il y a quelque chose de bien, de bon, de joyeux derrière tout ça. Le paradoxe de Roch Hachana, c'est précisément que nous sommes un jour de fête durant lequel nous sommes jugés.

Essayez de vous replacer dans le contexte de ce que nous dit ici le Sfat Emet. Imaginez la chose suivante: vous devez passer en jugement, comme un militaire devant ses supérieurs, pour une faute qu'il a commise, et au moment où il se présente, on le juge pendant la kermesse de fin d'année. Il est bien évident que ce jugement n'a pas cette dimension de sérieux, de rigueur. On aurait pu dire aussi: avoir beaucoup plus que de la rigueur, quelque chose qui s'approche bien plus de ce qui nous terrifie. Nous allons être jugés. Or ici, ce jugement perd cette dimension-là et prend une autre dimension, complètement différente.

Mais comment est-ce possible ? C'est ce que le Sfat Emet va essayer de nous expliquer. Comment se fait-il qu'un jour pareil soit considéré comme un jour de joie, alors qu'il est bien évident pour nous tous que ce n'est pas possible que ce soit à la fois l'un et l'autre ? La réponse du Sfat Emet est extrêmement étonnante. Il nous dit: Yesh le-Bné Israël [je lis ce qui est à la ligne 6], be-Hachem Id Barach [ligne 8, en bleu], ke-divrei'ha banim atem.

Le Sfat Emet nous dit: on ne peut pas imaginer que les enfants d'Israël vont être jugés par Dieu et que Dieu ait oublié qu'il s'agit des enfants d'Israël. C'est-à-dire: comment se fait-il que les enfants d'Israël reçoivent une véritable mission à accomplir de la part de Dieu, à l'intérieur de l'histoire humaine, à l'intérieur du monde globalement, et que, le jour du jugement, on ne tienne pas compte de ce fait qu'ils ont quelque chose de particulier, une dimension particulière à l'intérieur de la création ?

Et il est écrit par ailleurs: Ve'amer kulam tsadikim. Tout ton peuple, ton peuple entier, ce sont des tsadikim. C'est-à-dire, nous dit le …

Cours d'Orot veKelim

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