Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Pourquoi lit-on la naissance d'Isaac à Roch Hachana

Pourquoi la lecture de Roch Hachana ne commence pas par Béréchit, et ce que révèlent les récits d'Isaac et d'Ishmaël.

1 h 17

Plusieurs Rabbanim

Ensuite : Entendre les voix d'en haut par le chofar, 5 min

En bref

Le Rav explique pourquoi la tradition fait lire à Roch Hachana les chapitres 21 et 22 de Béréchit, qui racontent la naissance d'Isaac, le conflit avec Ismaël et Abimélekh, la Akédat Its'hak et la généalogie de Rivka, plutôt que le récit de la Création. Il montre que le jour de Roch Hachana commémore la création de l'homme, que la Torah l'appelle Yom Hazikaron, la mémoire totale qui juge, et que la lecture de la Torah est fixée par la tradition depuis le retour de l'exil de Babel. Il y développe l'idée que l'histoire du monde n'a de sens qu'en vue de la naissance du fils de l'homme, qui commence avec Its'hak.

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

La paracha de la semaine, c'est la paracha de Roch Hachana. Comme vous le savez, nous avons deux jours de suite de Roch Hachana. Je vais vous donner les références: le premier jour, la lecture commence au chapitre 21 de Béréchit, vous avez le livre, si vous voulez donner la page. Et le deuxième jour, c'est le chapitre 22 du livre de Béréchit.

Je vais d'abord rapidement énumérer les sujets des différents épisodes de ces deux chapitres. Ensuite, j'essaierai de diviser l'étude en deux parties. C'était quand même un chèque: une introduction sur la question suivante. Pourquoi, pour Roch Hachana, la tradition a-t-elle choisi comme lecture de la Torah le récit de la naissance d'Isaac, et ce que l'on appelle faussement, comme on le sait, le sacrifice d'Isaac, dont je reviendrai tout à l'heure ?

Le récit qui suit n'est pas le commencement de la Torah. Puisque Roch Hachana est le commencement de l'année, et que l'événement historique commémoré est la création du monde, on pourrait s'attendre, a priori, à ce que la tradition ait choisi comme lecture de commencement d'année le commencement de Béréchit. Comme vous le savez, on le verra.

Donc on recommencera à lire la Torah pour l'année qui s'ouvre à partir de Béréchit, Simhat Torah, c'est-à-dire le dernier jour de toutes les fêtes de Tichri, le lendemain de la fin de Souccot. C'est la première question, qu'on étudiera assez rapidement comme introduction. Et ensuite, le temps qui nous restera, j'essaierai d'étudier avec vous le thème que vous choisirez parmi les cinq que je vais énumérer. Si vous les suivez à partir du début du chapitre 21:

Le premier récit, c'est celui de la naissance d'Isaac et du conflit avec Ishmaël, puisqu'on a appris dans le récit de la Torah qu'entre-temps Ishmaël était né. D'ailleurs, on va s'apercevoir qu'il est âgé de treize ans au moment de la naissance d'Isaac. Cela dit, très rapidement, ce n'est pas quelque chose que nous allons approfondir, bien que ce soit un sujet important en lui-même. Tout se passe comme si la circoncision d'Ishmaël avait lieu à l'âge de la bar-mitsva, alors que la circoncision d'Its'hak a lieu à huit jours. Comment faut-il comprendre cela ? Peut-on mieux faire le rapport ? Il y a là un thème qui a été étudié et qui pourrait être formulé ainsi de façon assez rapide: il y a une situation de préhistoire de l'identité d'Ishmaël par rapport à l'identité d'Its'hak en tant que descendance d'Abraham.

Il faut tout de suite préciser qu'Ishmaël n'est pas le fils d'Abraham, il est le fils d'Abraham. Abraham, c'est Abraham, mais pas au même stade d'identité. Ce n'est qu'a posteriori que la Torah le reconnaîtra comme fils d'Abraham, après ce que la Torah appelle, ce qu'on pourrait appeler la techouva d'Ishmaël par rapport à Its'hak. Le conflit entre Ishmaël et Its'hak commence dès la naissance de l'identité d'Israël, et il ne s'est pas encore achevé, puisque nous sommes en plein dans les péripéties de la fin.

La Torah prévoit qu'il y aura un achèvement. Ce n'est pas le sujet que nous étudierons, à moins que vous le choisissiez. À un certain moment, il y aura un développement de l'histoire des rapports entre Ishmaël et Its'hak. Vous voyez à quel point c'est très important pour notre histoire générale, mais surtout pour l'histoire des générations contemporaines, par une techouva d'Ishmaël par rapport à Its'hak. Peut-être est-ce ce que vous voulez qu'on choisisse; on verra cela tout à l'heure. D'accord.

C'est le premier épisode. Je vous rappelle: la naissance d'Isaac et le conflit avec Ishmaël, la séparation d'Ishmaël de la maison d'Abraham. Ensuite, il y a le récit du conflit entre Abimélech et Abraham. Je vous rappelle très brièvement qu'Abimélech est le roi de la Philistée. Grosso modo, c'est le territoire de Gaza. On a eu des pépins avec ce territoire depuis l'origine des temps. Gaza, en français, Gaza.

C'est un épisode assez important, à étudier. C'est d'ailleurs pourquoi il est situé précisément à cet endroit dans l'enchaînement des enseignements de ce récit. Premièrement, la naissance d'Isaac, puis la séparation d'Ishmaël d'avec Its'hak. Immédiatement après, l'intervention d'Abimélech, qui réclame la possession de la terre promise à Israël. Remarquez, encore une fois, à travers le temps, le parallèle entre les événements du commencement et ceux de la suite, jusqu'à nous. Le véritable conflit sur la terre d'Israël, nous l'avons aujourd'hui avec la Jordanie, mais puisque la terre d'Israël est censée

comprendre la Jordanie... S'il y a une solution, il faudra en tenir compte. Je crois que la réalité de l'histoire a une providence qui lui est propre et tient toujours compte de la réalité de l'histoire. Malgré tout, il est bien évident qu'il n'y a eu que de très rares mouvements dans toute l'histoire, l'histoire contemporaine y compris, où ce territoire de la Philistée, le territoire de Gaza, a pu être libéré par Israël. Et, comme vous le savez, c'est un des foyers du Proverbe.

Ensuite, il y a la Akéda, ce que l'on appelle en français le « sacrifice d'Isaac », mais qu'on ne peut pas traduire ainsi. Je vous le répète chaque fois que j'y fais allusion, tout simplement parce que le sacrifice n'a pas eu lieu. Il est important de le signaler encore une fois, car il y a trop de bons esprits, d'autre part, qui ont tendance à faire un parallèle entre cet épisode du récit biblique et la Shoah, en prenant pour modèle de la Shoah un sacrifice d'Isaac accompli, comme s'il avait été accompli. Présenter qu'il n'y a aucune base à ce parallèle, cela sort d'une mentalité que je préfère ne pas qualifier.

Malheureusement, tant chez les non-juifs que parfois chez les juifs eux-mêmes, il existe une sorte de tendance à établir ce parallèle, qui est faux dans l'essentiel et dans toutes ses implications. C'est extrêmement dangereux. D'ailleurs, si vous voulez qu'on choisisse ce sujet, on le choisira. À la fin de ce récit de la Akéda, l'épreuve n'était pas pour Isaac mais pour Abraham. Vous verrez le premier verset du chapitre 22: « Elohim mit Abraham à l'épreuve. » Aucune allusion à ce qu'Isaac soit mis à l'épreuve dans cet épisode.

Le titre traditionnel est HaKadosh Baroukh Hou, et le fait qu'Isaac ait été lié, akoud, ligoté, sur l'autel. On étudiera peut-être ce point tout à l'heure; il est important, car c'est un des passages les plus importants de la liturgie de Roch Hachana et de ce récit, en particulier dans les slihot de Roch Hachana. J'ai aussi Ehi'ri Tashkenaz, et Hachar HaSoun: c'est une des pièces maîtresses de la liturgie des Yamim Noraïm.

À la fin de ce récit, il y a un tout petit passage qui annonce la naissance de Rivka, qui deviendra l'épouse d'Its'hak. Ce sont quelques versets, mais très importants, qui indiquent la lignée d'où était issu Abraham, la lignée de Téra'h. Je vous la rappelle très brièvement. Téra'h a eu trois enfants: Haran, qui est mort au pays des Kasdim; Abraham; et Nahor. Haran avait un fils, Lot, le neveu d'Abraham. Abraham et Nahor ont quitté Ur-Kasdim, mais Nahor est resté à Haran, et …

Cours d'Orot veKelim

Dans la même série

Cent cours sur Roch Hachana, réunis pour la première fois en un seul parcours. De Manitou au Rav Fiszon, du Rav Cherki au Rav Akerman, quatorze Ravs abordent le même jour sous des angles différents.

  1. 1
    Lire le piyout de l'Akéda : Ét chaaré ratson
    Comment le piyout de Roch Hachana rejoue le récit de l'Akéda, verset par verset, et ce qu'il y révèle sur l'épreuve d'Abraham.
    1 h 24
  2. 2
    Pourquoi lit-on la naissance d'Isaac à Roch Hachana
    Pourquoi la lecture de Roch Hachana ne commence pas par Béréchit, et ce que révèlent les récits d'Isaac et d'Ishmaël.
    En cours de lecture
  3. 3
    Entendre les voix d'en haut par le chofar
    Pourquoi Roch Hachana porte deux noms, Zichron Teruah et Yom Teruah, et ce que le chofar nous fait entendre.
    5 min
  4. 4
    Hachem agit dans le monde par la droiture
    Pourquoi l'action divine est toujours droite, sans déviation, et ce que cela change pour nous à Roch Hachana.
    56 min
  5. 5
    Hayom harat olam : le monde conçu à Roch Hachana
    Pourquoi la prière de Roch Hachana parle d'une conception du monde, et non de sa création, et ce que cela change.
    1 h 14
  6. 6
    Israël, résistance qui reçoit la lumière de l'infini
    Pourquoi la terre d'Israël, le temps de Chabbat et le peuple sont des lieux où l'infini touche le fini.
    1 h 05
  7. 7
    Roch Hachana, le shofar et la couronne de Dieu
    Pourquoi le shofar seul subsiste à Roch Hachana, et ce que signifie couronner Dieu sur sa vie.
    47 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav