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La neuvième bénédiction de la Amida : pluie et parnassa

Pourquoi la demande de pluie précède la libération nationale, et ce que dit la bénédiction sur l'hiver et l'été.

48 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Rassembler les exilés et restaurer les juges, 54 min

En bref

Le Rav Oury Cherki étudie la neuvième bénédiction du Shmona Esrei, celle de la pluie et de la parnassa, et explique pourquoi elle est si longue en hiver chez les séfarades. Il montre que la berachah désigne l'abondance matérielle, qui doit être accompagnée de tov pour ne pas devenir dangereuse, et prend l'exemple de Boaz qui sanctifie sa vie ordinaire. Il aborde ensuite la dixième bénédiction, la demande du grand chofar pour la libération d'Israël, en retraçant la perte de l'autonomie juive depuis la chute du Second Temple jusqu'à la fondation de l'État.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour tout le monde. Quel plaisir de se revoir. Puisque nous avons entamé la prière, je pense qu'il serait judicieux de continuer l'étude du Chmona Essré. Je crois que nous en sommes arrivés à la neuvième bénédiction, celle de Mévarekh HaChanim, la bénédiction sur la pluie. La pluie, dans son ensemble, c'est en fait la parnassa.

C'est-à-dire la subsistance. Vous avez remarqué la place que ça prend: ça vient après la santé, après que les malheurs aient disparu, après les péchés. C'est-à-dire que, quand on s'est débarrassé de ses défauts, quand on est plein de connaissances, quand on s'est débarrassé des péchés, quand on est libéré des malheurs que nous font l'égoïsme et quand nous sommes en bonne santé, c'est alors que vient le moment de demander la parnassa.

Les choses vont du plus important au moins important. Il est plus important d'avoir la connaissance et de se faire pardonner ses péchés que d'être sauvé des malheurs et d'être en bonne santé, et encore moins important, la parnassa. Mais cela fait partie du travail. Rabbi David Abudraham, un des grands maîtres d'Espagne, qui a écrit un livre gigantesque sur la téfila, explique que la prière est faite de telle sorte qu'on va du plus grand au plus petit jusqu'à la neuvième bénédiction. À partir de la dixième, ça va en croissant.

C'est-à-dire que jusqu'à la neuvième, ce sont des bénédictions qui concernent essentiellement l'individu. À partir de la dixième, ce sont des bénédictions qui concernent la collectivité d'Israël: sortir de la galout, reconstruire le Beit Hamikdach, et tout le bazar.

Maintenant, nous étudions donc la neuvième bénédiction, celle qui concerne la pluie et la parnassa dans son ensemble. Nous avons ici essentiellement trois versions différentes: une, la version achkénaze, et les deux autres, les versions séfarades. Le texte de la bénédiction chez les séfarades est très différent selon qu'il s'agit de l'été ou de l'hiver. En été, la bénédiction est relativement courte, en hiver, longue, parce qu'en hiver on demande intensément la pluie.

Chez les achkénazes, la bénédiction de l'été et celle de l'hiver sont pratiquement les mêmes, avec une différence de deux mots seulement. Et quand il manque de pluie chez les achkénazes, on introduit dans la prière de Chéma Kolénou à peu près tout le texte séfarade. Chez les séfarades, il était monnaie courante qu'il manque de la pluie: ils vivaient dans des pays chauds. Donc cette longue prière se trouve dans le texte normatif. Tandis que chez les achkénazes, le manque de pluie était occasionnel. Alors, quand il manquait vraiment de pluie, on ajoutait le texte des séfarades dans le Chéma Kolénou. Incroyable ! Bon, maintenant, pour aller plus ou moins rapidement…

Nous allons prendre la plus longue, celle de l'hiver, par exemple, et compter le nombre de fois que, dans chacune des bénédictions, apparaît la racine Beth-Resh-Kaf. Ceux qui ont instauré le texte de la Amida, aussi bien chez les séfarades que chez les achkénazes, sont les prophètes, avec, parmi eux, les derniers prophètes.

Évidemment, il y a eu des variantes. Les variantes s'expliquent de différentes manières. Certains disent qu'il y en a qui ont raison et que les autres se trompent: qu'il n'y a qu'un seul texte de la prière et que les autres versions sont erronées. Il y a une autre opinion qui dit: non, dès le départ, il y a eu différentes versions chez les prophètes, et donc tout a un sens.

La troisième opinion: il y a un texte de base, et la variante est fonction du Roi HaKadoch Baroukh Hou qui réside dans chaque communauté d'Israël. C'est ça, la bonne opinion. Il y a une quatrième opinion, fondée sur une incompréhension d'un texte du Ari, comme quoi le texte fondamental serait celui des séfarades et que les autres seraient des variantes possibles. C'est faux: c'est une incompréhension d'un texte du Ari. Voilà.

Jusque-là, vous avez fini ? Bon. Je reprends. Nous allons étudier le texte séfarade de l'hiver, et compter combien de fois apparaît dans le texte la racine Beth-Resh-Kaf, ainsi que le nombre de fois où apparaît le mot tov, qui veut dire « bien », sous ses différentes formes. Alors, nous allons compter. Barekh… tiens, c'est fait, il y en a un.

Hachem Elokeinou ou Avinou, ète hachana hazot, ve'et kol minei tevouata, lettova, un, un, un. Ve'ten taloumata livracha… Ète olam koullo… Oumali adenou bimirchotekha… Ou meoshamati yadekha, chomra ve'atzila chana zo mikol davar, mikol minei machchit, mikol minei fouranout, ve'atzila tikva, tova… Ve'acharit chalom.

Kouzale, Rav Eytan Fiszon, Manitou… Hachem, HaKadosh Baroukh Hou, la Torah, la Guemara, de la Michna, le Rambam… L'émouna, la Torah, la Guemara, de la Neshama, Chabbat, Roch Hachana, Kippour, Souccot, Hanouka, Pessa'h, Chavouot, Yerouchalaïm… L'émouna, la Torah, la Guemara, de la Michna, Chabbat, Roch Hachana, Kippour, Souccot, Hanouka, Pessa'h, Chavouot, Yerouchalaïm.

Huit et six, quatorze. C'est-à-dire que vous avez ici une insistance énorme, dans le même texte, pour parler beaucoup de bérakha et beaucoup de tov. Pourquoi ? D'abord, le terme bérakha, à distinguer du terme kedoucha, signifie « abondance matérielle ». Par exemple, pour le septième jour de la Création, il est dit: Vayevarekh Elohim et Yom HaChevi'i, vayekadesh oto, « Dieu bénit le septième jour et le sanctifia ». La Mekhilta demande: en quoi a-t-il béni le septième jour ? La Mekhilta répond: le septième jour a été béni du fait qu'il y avait double ration de manne le vendredi. C'est donc une bénédiction, l'abondance matérielle. Et la kedoucha, la sainteté du septième jour, c'est quoi ? C'est qu'il n'y avait pas de manne le jour du Chabbat. Donc vous voyez que kedoucha et bérakha sont des opposés, n'est-ce pas ? Il y a bérakha lorsqu'il y a abondance matérielle, et kedoucha lorsqu'il y a spiritualité.

Souvent. Donc, puisque notre bénédiction est une bénédiction qui demande la bénédiction, il est évident que le terme Barekh va apparaître plusieurs fois et en abondance, parce que c'est dans la nature même de la bénédiction d'être abondante. Sinon, ce n'est pas une bénédiction. C'est pour cela que, dans le texte que nous avons vu, nous avons trouvé huit fois le mot Barekh. Vous me suivez jusqu'à présent ?

Mais pourquoi tant de fois le mot tov ? Dans ce cas-là, il n'est pas besoin de préciser que c'est bon. Si tu dis que l'abondance en elle-même est bonne, il n'est pas nécessaire de dire qu'elle est bonne. Donc cela veut dire, au contraire, que l'abondance est dangereuse. Donc il faut que, s'il y a abondance, ce soit dans le bien. Par exemple, vous avez des gens qui ont gagné à la loterie et qui deviennent fous, parce qu'ils ont gagné à la loterie, ou qui ont un arrêt cardiaque. C'est embêtant. Il a gagné à la loterie, il en est mort. Donc il faut qu'il y ait abondance, mais que ce soit en bien. C'est pour cela que, s'il y a abondance de bénédictions, il y aura abondance également du mot tov dans la même bracha. C'est plus clair ?

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