Zerizout : l'empressement face à la nonchalance
Le Ramhal montre que la nonchalance mène peu à peu à la faute et que l'empressement commence par faire la mitsva dès qu'elle se présente.
Rav Eytan Fiszon
Ensuite : La zerizout avant, pendant et après la mitsva, 58 min
En bref
Ce cours poursuit l'étude de Mesilat Yesharim (chapitre 6) sur la midat zerizout, l'empressement à accomplir les mitsvot, et son opposé, l'atzlout, la nonchalance. Le Rav montre que la passivité n'est pas neutre : celui qui remet toujours au lendemain finit par tomber dans la faute, et il oppose la démarche du Ramhal, pragmatique, à celle du Rav Kook, plus idéaliste. Il explique aussi que la paresse pousse à se trouver des excuses et à déformer la halakha, et que l'empressement doit s'exercer dès que la mitsva se présente, sans se remettre ensuite en cause une fois celle-ci accomplie.
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Et donc, on revient dans notre étude de Messilat Yecharim, le Sentier des Justes. Allons-y, on est toujours dans le perek vav, si je ne m'abuse. Bevour midat ha-zerizout. Et si je ne me trompe pas, on était arrivé à vechlomo. Voilà, si tu crois. Shlomo. Yofi.
Il y a des ballons chez moi, oui, car c'était l'anniversaire de ma fille. Elle a demandé qu'on laisse les ballons jusqu'au moment où le Seger se termine et qu'elle puisse inviter ses copines à la maison. Donc j'aurai des ballons pendant trois semaines. Tout va bien. C'est parti !
Nous sommes donc dans la deuxième midda, vous vous rappelez. Si la première, la zehirout, relevait plutôt du domaine du sour mera, c'est-à-dire ne pas tomber dans les problèmes, la midat ha-zerizout, c'est vaassé tov, s'empresser de faire la mitsva.
Donc on parle de quoi ? Quel est le plus grand danger de la midat ha-zerizout ? C'est ha-atzlout. La atzlout, c'est-à-dire, en français, le fait d'être… nonchalant, d'être… ça va, tout ira bien, on a le temps. C'est une mida ra'a, une mauvaise mida, qui nous empêche de nous empresser de faire les mitsvot.
Parce qu'il y a une différence entre faire une avera et ne pas faire une mitsva. Faire une avera, c'est une action négative. Ne pas faire une mitsva, je rate la mitsva, mais je n'ai pas encore fait quelque chose de mal. Certes c'est indifférent, car l'assassin, même s'il n'a pas fait de mal en ce moment, se porte malheur à lui-même, en étant le propriétaire de son acte. Et il dit: « Il se réveille dans son royaume, mais il est le propriétaire de l'assassin… »
C'est ce que nous dit le Ramhal: celui qui s'habitue à être passif, à ne pas faire, à être un glandeur, comme on dit dans le langage des jeunes, certes, au moment où il ne fait pas, il ne faute pas, mais sache que la faute est très, très proche de lui. Au final, il va quand même être amené à faire des fautes. Parce que si ce qui l'emmène dans sa vie, c'est de ne pas se fouler, à un moment donné, ne pas se fouler va aussi l'emmener à faire des choses qui sont interdites.
Je donne un exemple tout bateau. J'ai faim. Je ne vais pas me fouler, donc je vais aller dans le premier magasin que je trouve et j'achète à manger. Et je n'ai pas regardé si ce que je vais manger est casher. Mais comme le but de ma vie, c'est de ne pas me fouler, au final, je vais finir par tomber dans la havera. Donc, nous dit le Ramhal: certes, le fait d'annuler des mitsvot par paresse, ce n'est pas encore la faute, mais sache que cela va t'amener à la faute.
— Pourquoi on parle de la zerizout après avoir parlé de la zehirout ? Ça n'aurait pas dû être l'inverse ?
La question est de savoir si tu penses qu'il faut d'abord s'occuper des mitsvot assé, ou d'abord des mitsvot lo taassé. Le Ramhal a simplement suivi l'enseignement des Téhilim, qui nous dit: kodem kol sour mera, et ensuite va-assé tov. L'enseignement du Rav Kook, c'est de dire que ve-assé tov ata sar mera. C'est une autre approche. Le but, c'est effectivement de sour mera.
Mais pour être sour mera, fais-le bien. Comme ça, tu seras trop fatigué pour faire le mal. Ce sont deux approches. On peut dire que le Rav Kook est plus idéaliste, et que le Ramhal, ici, est plus pragmatique. Revenons dans le texte.
On le voit toujours dans le livre de Michlé, au chapitre 24.
Qu'est-ce que le peshoto shel davar ? Il nous dit: Shelomo ha-melech dans Michlé dit: « J'ai été voir ce que font les paresseux, et tout est délabré chez eux. » Ha-Shem, ou ha-mitti ? Pardon ? Le sens simple, en cours, en cours. Très bien, je vais plus lentement. Shelomo dit dans le verset: « J'ai été voir le champ d'un homme, et j'ai vu là-bas… »
Par exemple, celui qui est très laxiste dans son travail des champs. Celui qui ne travaille pas bien son champ, qui ne récolte pas quand il faut récolter, qui ne moissonne pas quand il faut moissonner. Finalement, tout son champ va être délabré, en friche. C'est vrai aussi au niveau des rayonot rouhanim et du moussar. Les gens qui sont tout le temps en mode « c'est bon, j'ai le temps », eh bien, toute leur recherche spirituelle s'effondre également.
Le Ramhal dit: « Oumilvad bishouto shel davar asher ou amiti, bimashma'o she-ou ma she-kore lesdeh shel ha-adam atzel mamash… » Les hachamim ont darshou bo… Ils ont expliqué ce verset, et ce qu'ils disent: « Veeneh ala kulo kim shonim »… C'est-à-dire qu'il n'y a que des épines là-bas, le champ est impraticable.
On nous dit, ce que Hazal ont cherché à expliquer dans le verset « ve-eneno motzeh ». Ceux dont les mains sont roulées à l'intérieur, qui ne font rien, qui sont assis, qui se mettent à lire, qui cherchent … Le trou dans le mur des talmidei Yisrael. Il les avait marqués. Celui qui brise le mur, le serpent va le piquer.
De quoi parle-t-on ici ? Il faut comprendre une chose. Que nous dit le Ramhal ? Il nous dit, pour bien prendre le sens: quand on te dit que le pshat est vrai, celui qui ne récolte pas son champ quand il faut va finalement être en friche. Certes, mais Hazal, dans le Yalkout, nous disent que cela nous montre aussi une lassitude au niveau spirituel. C'est quoi ? Quelqu'un qui a lu un texte, ou qui a été à la synagogue, qui a entendu la paracha, et qui a une question. Il se dit: « Tiens, c'est intéressant ce qui est marqué là-bas, mais qu'est-ce que ça veut dire ? » Seulement, il n'a pas les nerfs, comme on dit en yiddish, d'aller vérifier, d'aller étudier de quoi ça parle exactement.
Alors, il se dit: « Bon, c'est pas grave, yallah. Je me fouille pas, j'avais une question, mais bon, c'est pas très important finalement. » Et donc il ne se foule pas et ne cherche pas la réponse. Résultat des courses: à un moment donné, comme il n'a pas étudié, parce qu'il n'avait pas les nerfs, il va se faire son idée. Et il va commencer par déclarer pur ce qui est impur, et impur ce qui est pur. Il va dire: « J'ai une idée ! »
Oh, ça va, ça va ! Comme quelqu'un m'a dit assez récemment: « Tu sais, je pense qu'en fait, Hazal ont parlé pour certains types de personnes. » J'ai dit: « Ah bon, pourquoi tu dis ça ? » Il m'a dit: « Non, tu comprends, moi, quand je vais en été à la plage mixte, c'est des gamots. »
Cours d'Orot veKelim
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