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Torah écrite et Torah orale selon Orot, sur la terre

Le Rav Kook fait de la Torah écrite et de la Torah orale deux formes d'une même source, à recevoir sur la terre d'Israël.

51 min

Plusieurs Rabbanim

Ensuite : Chavouot, la Torah éternelle et le Mont Sinaï, 59 min

En bref

Le Rav Kook, dans le premier passage d'Orot HaTorah, distingue la Torah écrite, reçue d'en haut et qui ne se modifie pas, de la Torah orale, qui demande à l'homme un travail de compréhension. Le cours montre à partir de là que tout dans la création se joue sur trois degrés, comme le montrent le don de la Torah au troisième mois, le troisième jour, et la structure de Tiferet, l'équilibre du centre. L'enseignant en tire une exigence : recevoir la Torah suppose de se tenir dans l'unité du peuple d'Israël sur sa terre, et non dans une étude individuelle coupée de la nation.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Alors, bonjour Hachem. Aujourd'hui, nous allons développer le thème de Hag Chavouot. Pour parler de la fête de Chavouot, j'ai pris un passage d'Orot HaTorah. En réalité, c'est le premier passage d'Orot HaTorah: Torah Shebichtav ve Torah Shebealpe. Donc le Rav Kook nous met en face de deux niveaux d'une seule et même Torah.

Déjà, dans ce premier sens, il y a quelque chose de très important et de très intéressant: une seule source, un seul point de départ, une seule graine, va apparaître, lorsqu'elle arrive dans notre monde, sous deux formes. Il y a donc ici une règle qui dit: « Ahat diber Elohim, shtaïm ». Lorsque Dieu se manifeste en un, il est perçu en deux formes. Même si Lui parle un langage unitaire, lorsque ce langage nous arrive, il nous arrive en fait sous deux formes. C'est pour cela que nous avons aussi deux oreilles, et c'est pour cela que la Torah a été gravée sur deux tables et non pas sur une seule.

Car le monde dans lequel nous sommes est un monde de pluriel, de pluralité. Qui dit pluralité dit double, au minimum. Notre monde est donc relatif à la lettre beit, à la lettre de la multiplicité. Et de cette unité divine va apparaître la double forme humaine. Ici, le Rav va s'adresser dans cette double dimension à la Torah écrite et à la Torah orale, et il va expliquer quelle est la différence entre les deux: Torah Shebichtav, la Torah écrite, et Torah Shebealpe, la Torah orale.

C'est-à-dire que l'homme est déjà deux. « Zakhar, oun'qéva, bara otam, ékra shemam Adam ». Ça veut dire que même l'unité dans l'homme n'est retrouvable que par la pluralité. Comment je peux revenir à l'unité première lorsque je me marie ? Si je ne suis pas marié, je ne suis en fait qu'une moitié, donc je ne peux pas retrouver cette unité. Autrement dit, je pourrais passer l'heure à parler de ça. Tout dans ce monde n'est que détail. Il n'y a pas d'information une, divine, dans ce monde, si ce n'est l'ensemble de toutes les informations ensemble. Je ne peux pas retrouver Dieu seul.

Donc je ne peux pas étudier la Torah seul. C'est pour cela que les Sages nous disent: « O havrouta o mituta ». C'est-à-dire: ou tu étudies la Torah avec quelqu'un, pour avoir un complément, une complémentarité avec l'autre, ou bien tu es voué à un échec, même au niveau de ton étude, de ton approche. Mituta, c'est la mort, c'est pire encore. Ça veut dire que étudier la Torah seul, c'est être bloqué dans un système de réflexion qui est le mien. Je ne peux pas entendre quelqu'un qui pense différemment. Donc, en définitive, je suis coincé dans un système subjectif. Il n'y a rien d'objectif là-dedans. C'est moi, c'est ma façon de voir. Et donc je suis obligé de compléter pour retrouver l'unité véritable, l'unité divine, la volonté de Dieu. Tout dans notre monde est basé sur cette fonction plurielle, qui, en unifiant le pluriel, nous fait retrouver cette unité. D'accord ?

Alors, le Rav commence par nous dire d'abord ce que représente la Torah écrite, Torah Shebichtav. « Hanou mekablim al yeda tziyura yoter elion ve yoter makif shebén ishmaten ». Il faut comprendre que la Torah écrite est la Torah, j'allais dire, de base. C'est la forme divine qui vient du haut vers le bas. Étant donné que c'est une forme divine, nous n'avons aucun accès pour rajouter quelque chose, pour transformer quelque chose. Ce n'est pas de notre niveau. Ce qui est écrit est écrit. Ce qui est, est. Je ne peux rien faire avec.

Je n'ai pas le droit de rajouter une lettre, je n'ai pas le droit d'en enlever une, je n'ai pas le droit de transformer, même une toute petite transformation, et de dévoyer: c'est fini, tout est faux. Cela veut dire que c'est la nature même de la création. Dans le langage de la Kabbale, on appelle cela le Nefesh, c'est-à-dire une donnée de base, un axiome de base sur lequel tu n'as aucune possibilité d'intervenir. Tu n'y peux rien, c'est comme ça, c'est une donnée. C'est donc un degré circulaire qui enveloppe le tout et qui donne l'image divine que Dieu lui-même a placée dans notre monde. C'est ce qu'on appelle la Torah écrite.

Qu'est-ce qu'on est censé ressentir lorsqu'on étudie cette Torah écrite ? On est censé ressentir la lumière de l'équilibre, Tiferet. C'est d'ailleurs la source même de la Torah. La Torah a été donnée dans un degré qui s'appelle équilibre, qui s'appelle Tiferet. Ce Tiferet revient dans plusieurs niveaux, et c'est toujours le chiffre trois. Après Hessed et Guevourah, vous avez Tiferet. Il y a… non, ça, c'est encore autre chose. Léat, léat: on ne va pas le relier directement. Tiferet est un troisième élément, toujours. Dans un langage philosophique, on appelle cela une synthèse. Tiferet est l'aboutissement après la thèse et l'antithèse: c'est la résultante de la dialectique. Dans la Kabbale, Tiferet représente le troisième élément, donc l'élément central. La Torah est obligée de venir au centre. Dieu se dévoile au centre, toujours. Le centre est la médiane entre l'extrême droite et l'extrême gauche.

Ici, par exemple, l'extrême droite, c'est Pessa'h. L'extrême gauche, c'est le mois d'Iyar. Et l'équilibre extrême, c'est le mois de Sivan. Nous sommes donc, encore une fois, dans le troisième mois. La Torah ne pouvait être donnée qu'au troisième mois, parce que, encore une fois, la Torah est équivalente à Tiferet, elle est un équilibre. Et l'équilibre, par définition, c'est trois. Un équilibre à trois est un équilibre parfait, beaucoup plus fort que celui à quatre. Un trépied est beaucoup plus solide, beaucoup plus stable. Les Sages nous disent qu'une corde formée de trois fils est très forte, très puissante. C'est pour cela que notre judaïsme est issu de trois Pères. En réalité, quel est l'élément Tiferet des trois Pères ? Yaakov. Yaakov équivaut à Tiferet. C'est de lui que sort Israël.

Au niveau du temps, c'est la même chose. Je viens de dire que la fête du don de la Torah doit être équivalente à Tiferet, elle doit donc être du troisième mois, obligatoirement. Nisan est le premier mois, Iyar le deuxième, et Sivan est le troisième: c'est à Sivan que nous avons reçu la Torah. Au niveau des éléments humains, elle est obligée aussi de venir du troisième élément. Moshé est le troisième, avant lui il y avait Aaron et Myriam. Le troisième élément est donc obligé d'être un troisième.

La Torah elle-même, même au niveau du temps très proche du don de la Torah, est donnée le troisième jour. Le verset dit clairement: soyez prêts au troisième jour. Ce n'est pas seulement le troisième mois, vous comprenez ? Même dans ce mois-ci, il y a un troisième, et c'est le troisième jour. Au moment où Dieu dit: je vais vous donner la Torah, préparez-vous, il y a trois jours de préparation. On ne peut pas donner la Torah le premier jour ou le deuxième jour. Est-ce que vous comprenez ce que je suis en …

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