La Torah doit descendre jusque dans la vie quotidienne
Pourquoi la Torah ne reste pas au Beit Midrash : elle doit imprégner le corps, les gestes et les choix de tous les jours.
Plusieurs Rabbanim
Ensuite : Les guerres d'Israël, nettoyage du monde et mission nationale, 34 min
En bref
Le cours part de la fête de Chavouot pour poser une question précise : à quel moment peut-on dire que la Torah est vraiment arrivée jusqu'à nous ? Réponse développée : seulement quand elle descend dans les gestes les plus ordinaires de la vie, et non quand elle reste confinée au Beit Midrash. Il y est aussi question du double mode de réception de la Torah, forcé au niveau du peuple et choisi au niveau de l'individu, à partir de la notion de segoula et de bechira.
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Aujourd'hui, Bé'ezrat Hachem, nous allons parler de la Torah. Le sujet concerne la fête de Chavouot, mais avec un angle particulier, qui traite de la Torah et du corps. Dans le cours que j'ai écrit, je vais essayer de vous montrer le lien entre la Torah et le corps humain.
Comment la Torah doit-elle pénétrer en nous, pas seulement au niveau de notre esprit, mais jusqu'à ce monde matériel dans lequel nous sommes ? Quand peut-on savoir si la Torah qui a commencé à descendre du ciel est réellement arrivée jusqu'à nous ?
Elle n'est arrivée que lorsque la Torah céleste, divine, atteint le niveau le plus bas de notre vie. Tant qu'elle n'y est pas arrivée, elle n'est pas encore aboutie, elle n'a pas encore été au bout de son chemin. La Torah ne peut pas s'arrêter au milieu, ni rester au niveau de l'esprit de l'homme. Elle doit descendre si bas qu'elle se voit et se vit dans ses actions.
Dans le degré le plus bas de notre vie, c'est-à-dire dans les plus petites choses de notre vie: quand on va acheter un morceau de viande ou des chaussures dans un centre commercial, par exemple. Tant que la Torah ne fait pas partie de notre vie dans son intégralité, et qu'elle se limite au moment où je suis en yéchiva ou dans un Beth HaKnesset, ce n'est pas encore la Torah. Est-ce que c'est clair ? La Torah ne peut pas s'arrêter au milieu; elle doit remplir notre vie complètement. HaTorah koula.
Moi, en tant qu'individu, nous, en tant qu'individus, nous devons arriver à un niveau où la Torah se dévoile dans nos actes, dans notre mouvement, au degré le plus individuel. Je vais dévoiler le degré le plus collectif. Car la Torah, ne l'oubliez pas, nous l'avons reçue en tant que peuple. Il nous a d'abord choisis en tant que peuple, avant de nous donner la Torah, et non l'inverse. Je suis d'abord choisi en tant que peuple, et c'est en tant que membre de ce peuple que j'ai droit à cette Torah. Ce n'est pas parce que je fais la Torah que je me rattache au peuple. Pas du tout. Je suis d'abord peuple, et alors je reçois la Torah. L'ordre est très clair dans la Torah.
C'est donc parce que j'appartiens à cette nation que j'ai droit à cette Torah, et que cette Torah m'appartient. Ce n'est pas parce que je vais faire la Torah que je vais devenir juif. C'est parce que je suis juif, né d'une mère juive, que la Torah m'appartient. Ce n'est donc pas la Torah qui fait le juif, c'est le juif qui fait la Torah. Et quand cette Torah va-t-elle aboutir, descendre, apparaître ?
Au plus bas niveau de ma vie, et pas seulement au moment où je suis concentré intellectuellement, avec une certaine intelligence, dans un degré d'étude. Ce n'est pas seulement là-bas. Même lorsque j'agis, et qu'apparemment il n'y a aucune Torah dans ce que je fais — je vais travailler, je suis dans ma vie quotidienne, je bosse, il n'y a pas de livre, il n'y a rien du tout.
On peut savoir si la Torah a pénétré dans ta vie si, même là-bas, tu es encore imprégné, rempli de Torah, et si tu as agi selon cette Torah. Les choses sont claires ? La Torah ne s'arrête pas au Beit Midrash.
— Une question ?
Jusqu'où ?
C'est ce que je suis en train de dire. Quand peut-on considérer que la Torah a atteint son but, l'idée divine ? Tant qu'elle n'est pas arrivée à ces niveaux-là, ce n'est pas terminé. Cela signifie que tu n'as pas encore fait le travail, le vrai travail. Bien entendu, cela dépend de toi. C'est ton libre arbitre de faire en sorte que la Torah descende dans ta vie et ne reste pas au niveau intellectuel. C'est le libre arbitre de l'homme. Notre étude ne doit donc pas être une étude virtuelle, mais une étude de vie. On ne peut pas la subir; c'est le seul choix que nous ayons en ce monde: étudier ou ne pas étudier. C'est cela, notre libre arbitre.
Et, encore une fois, je ne parle pas seulement d'étude. Si je vous demande où la Torah est inscrite, où est-elle inscrite ? Sur quoi a-t-on écrit la Torah ? Non. Non. Non. Elle est inscrite dans notre vie. Pas seulement dans notre neshama, mais dans nos os, dans notre chair. Tant que je n'en suis pas là, je ne l'ai pas. Vous comprenez la distance ? Vous avez éloigné la Torah dans des livres, dans des bouquins, des parchemins, des pierres; mais c'est loin, ce n'est pas moi.
Etz Haïm hi lamahazikim ba: c'est un arbre de vie. Ce que vous avez dit est vrai, mais c'est le livre de la Torah qui est inscrit sur un parchemin, pas la Torah. Il y a une différence entre la Torah et le Sefer Torah. Vous avez compris ? La Torah est inscrite dans notre vie, tout simplement. Le Sefer Torah, lui, est dans l'armoire, là-bas; de temps en temps, on l'ouvre.
Il en va de même pour les convertis. Ils faisaient déjà partie du peuple d'Israël. Ils en ont été un peu éloignés pendant les générations, parce que leur mère ou leur père en était sorti. Quand le converti revient, il réintègre en réalité le peuple auquel il appartient depuis le début. Cela ne change donc rien: la Torah est inscrite en lui à partir de ce moment-là. Elle est réinscrite. Il retrouve ce qui était déjà naturel chez lui. Avez-vous bien compris la différence ? Donc, la Torah n'est pas un livre. Le parchemin n'est pas la Torah; ce sont les livres de Torah. La Torah, c'est notre vie. Ki hi haïnou vé'orekh yamenou: c'est notre vie et la longévité de nos jours.
Les livres, l'étude de la Torah: c'est ce que je suis en train de dire. Quand l'étude est-elle véritable, quand est-elle complète ? Lorsqu'elle descend jusqu'à notre vécu. Je ne suis pas un étudiant de Torah quand je suis assis dans une yéchiva.
Quand puis-je mesurer la valeur de ma Torah ? Quand je sors de la yéchiva. Dans la yéchiva, on ne peut pas mesurer ma valeur de Torah. Dans la yéchiva, tu es en train de former ton être, mais on ne va pas te mesurer, entre guillemets. Le baromètre, c'est quand tu sors de la yéchiva. Ce qui nous intéresse, ce n'est pas ce que tu es en entrant à la yéchiva, mais quel être, quel homme tu seras quand tu sortiras et rentreras dans la vie. C'est facile d'être, entre guillemets, collé, relié, religieux, ce que vous voulez, dans la yéchiva. On sonne, tu descends. On sonne, tu vas manger. On sonne, tu vas dormir. On sonne, tu te réveilles. Tu es dans le groupe.
Dans la vie, c'est ton comportement qui nous enseignera rétroactivement quel était ton niveau d'étude. Vous comprenez ? C'est là que se mesure le baromètre: il est dans la vie, il n'est pas sur le banc de la yéchiva elle-même. Tu …
Cours d'Orot veKelim
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