Le don de la Torah, lumière qui libère la parole
Rav Kook : la Torah est la structure même de la création, reçue par ceux qui sont sortis d'Égypte.
Plusieurs Rabbanim
Ensuite : Matan Torah : don de la Torah et capacité de réception, 1 h 02
En bref
Le cours part de la fête de Chavouot, présentée comme la rencontre entre l'esprit et la matière, et du don de la Torah conçu non comme un simple livre mais comme la structure fondatrice de la création. Il explique que sortir d'Égypte signifie dépasser les lois naturelles et le déterminisme du temps, condition pour recevoir la parole divine. Il aborde enfin la sortie de l'exil du silence, la distinction entre ceux qui entendent et ceux qui n'entendent pas, et le rôle d'Israël comme modèle pour les nations à l'approche de la Gueoula.
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Aujourd'hui nous allons donc parler de Hag Chavouot, naturellement, puisqu'il aura lieu mercredi. Cette fête est une fête cardinale dans notre existence, puisque c'est la rencontre entre l'esprit et la matière, l'esprit du monde et le corps du monde. Le corps du monde a été créé 2448 ans avant le don de la Torah.
Le don de la Torah vient clôturer quelque chose qui a été amorcé justement avec la création du monde. Cette année, nous sommes sortis d'Égypte. Et en cette année même, nous avons reçu, nous avons été témoins d'un dialogue entre l'esprit et la matière, entre HaKadosh Baroukh Hou et le monde. Il faut bien comprendre que ce don de la Torah marque une étape.
Il appelle cette journée-là Hayom Hagadol.
Hagadol, pas seulement parce que c'est grand, mais parce qu'il fait référence à la kabbale, à la sphère de Chesed. C'est-à-dire que c'est la bonté divine qui se dévoile dans notre monde. Le fait même que la Torah se dévoile à nous, que la parole de Dieu s'ouvre à Israël, est lié à la qualité de Chesed, de la bonté, de l'amour, du partage d'HaKadosh Baroukh Hou.
Et donc c'est le jour de Matan Torah Tenou, le jour du don de notre Torah. C'est-à-dire qu'HaKadosh Baroukh Hou nous donne une Torah qui est à notre niveau. Pas une Torah telle qu'elle est dans sa source, parce que celle-ci, nous ne pouvons pas l'appréhender, mais une Torah qui nous appartient, quelque part, c'est-à-dire qui est mise à la portée de l'homme qui va la recevoir, donc du peuple d'Israël qui va la recevoir, et non seulement à la portée du peuple d'Israël, mais à la portée de l'humanité tout entière. Rappelez-vous que la Torah n'est pas que pour Israël, mais pour la garantie de la vie. Il appelle ce jour-là Chosen Ishaenu. La Torah est le Chosen, c'est-à-dire l'immunité.
C'est comme si HaKadosh Baroukh Hou avait injecté en nous l'élément même guérisseur, l'élément qui va nous sortir de toute forme de maladie inhérente à la vie et qui va nous placer dans un degré d'immunité.
Parce que sa lumière est une lumière d'immunité. Et cette lumière ne vient pas disparaître après, elle reste. Elle est présente jusqu'à l'éternité, et elle est comme un témoin de son existence, pour nous couvrir de sa couronne, pour nous entourer de sa couronne. Une couronne d'éternité, Vekarneh Hod, et des rayons de splendeur.
Donc il y a ici une expression très, très belle, très poétique, du Rav Kook concernant le don de la Torah, et en réalité nous avons vécu ce que nous vivons aujourd'hui encore grâce à ce don de la Torah. Nig ala zehuto apnimit, c'est le jour.
Quand le peuple d'Israël a été extirpé de l'Égypte, rappelez-vous, cette même faculté divine, intrinsèque à la vie, a été libérée de l'écorce même du silence. Autrement dit…
Il y a donc ici quelque chose d'extrêmement important que nous devons comprendre, qui fait partie d'une nouvelle étape dans…
Vous voyez la différence entre…
La Torah n'est pas seulement le livre de la Torah. La Torah, ça englobe toute l'histoire de la vie. C'est la matrice et l'ADN du monde. C'est ça, en réalité, qui a été libéré à la sortie d'Égypte et qui s'est révélé 50 jours plus tard. Autrement dit, la fête de Chavouot ne vient pas nous donner une Torah comme vous l'entendez, comme nous l'entendons, c'est-à-dire un texte.
C'est en réalité la révélation de la structure fondamentale de toute la création. Car comment le monde a-t-il été créé ? Par le regard divin de la Torah. HaKadosh Baroukh Hou regarde, visionne la Torah et crée le monde. Autrement dit, dans la Torah est inscrite la structure fondamentale de toute la création.
Le Zohar nous le dit avec sa phrase bien connue: il a regardé la lumière, qu'on appelle la Torah, et il a créé le monde. En regardant la Torah, il crée le monde. Le monde est un reflet, une réflexion de la Torah elle-même. Le monde, c'est la concrétisation de ce que la Torah porte en son sein.
Donc la Torah n'est pas un livre. Il s'agit là d'une vie, en fait, d'une structure de vie dans sa source même. Et en regardant, il y a une action divine qui fait le lien entre son regard et son action. Chez nous, quand on regarde quelque chose et qu'on essaie de dessiner ce qu'on regarde, les gens qui n'ont pas un contact œil-main n'arrivent pas à traduire avec leurs mains ce qu'ils voient avec leurs yeux. Et c'est pour ça que les gens ne dessinent pas bien. Parce qu'ils
voient quelque chose et ils n'arrivent pas à le traduire, comme s'il y avait un problème moteur entre la vision et l'action de la même vision. Normalement, si je te fais voir un livre et que je te demande de le dessiner, tu es censé me dessiner un livre. Comment se fait-il que tu n'arrives pas à dessiner quelque chose ? Eh bien, parce qu'il y a quelque chose qui te trompe et qui fait obstacle entre ce que tu vois et ce que tu es capable de traduire de
ce que tu viens de voir. Chez l'Éternel, ça n'existe pas. Ce qu'il voit dans la Torah est créé dans le monde. Et donc le monde, c'est la Torah sous une autre forme. C'est l'un des vêtements de la Torah. Le monde, c'est la Torah. La Torah, c'est le monde.
Or, la seule différence, c'est que le monde cache. Et c'est pourquoi, d'ailleurs, il porte le nom Olam, qui ne veut pas dire, en traduction littérale, le monde. Ça, c'est la traduction que nous connaissons. Mais la véritable traduction de Olam, c'est-à-dire ce que nous traduisons par monde, c'est la cachette. Autrement dit, Dieu crée une cachette.
Briat HaOlam, la création de la cachette. De qui ? Eh bien, de Dieu lui-même. Donc, Dieu crée une cachette derrière laquelle il se cache. Et le jeu, c'est que nous dévoilions ce qui se cache derrière cette cachette. Et donc, nous devons briser quelque part le mur qui nous empêche de voir l'Éternel, l'éternité, dans la matière même de la création. Ça, c'est l'étude de la Torah.
Quand on étudie la Torah, eh bien, on traverse la matière pour voir le véritable monde tel que Dieu l'a créé, puisqu'il a regardé la Torah pour le créer. Donc nous, lorsqu'on utilise le même élément qu'est la Torah (ce que nous essayons de faire maintenant), c'est comme si on cassait l'obstacle qui nous séparait de l'éternité.
Et donc, en étudiant la Torah, je suis censé découvrir le vrai monde que Dieu a créé, mais qui a été caché de mes yeux. C'est l'étude de la Torah qui m'ouvre cette cachette, qui m'ouvre une porte vers l'au-delà. Sans étudier la Torah, sans m'affairer à la Torah, je vis un monde superficiel, extérieur et lointain, [11:18] loin de son état premier, originel. Je vis un monde déguisé où j'ai oublié l'essence même qui était déjà là au départ. J'espère que vous comprenez ce que je suis en train de raconter. C'est-à-dire qu'en utilisant la Torah, qui m'a été …
Cours d'Orot veKelim
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