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Le Kouzari : résumé et premier dévoilement

Rappel des grandes étapes du livre, de la chaîne des maîtres à la question de l'acte qui fonde la émouna d'Israël.

48 min

Rav David Partouche

Ensuite : Premier et Second Temple, une lumière qui se cache puis revient, 47 min

En bref

Le Rav Partouche reprend en résumé le Sefer HaKouzari de Rabbi Yehuda HaLevi, écrit il y a environ neuf siècles en arabe, et rappelle que le livre ne se lit pas comme un récit historique mais comme une réflexion sur la émouna d'Israël. Il part du rêve du roi des Khazars, qui lui signale que son intention est bonne mais que ses actes ne le sont pas, ce qui le pousse à chercher l'acte parfait. Il expose ensuite les trois réponses successives que le roi reçoit, celle du philosophe, qui affirme un Dieu sans volonté ni connaissance des hommes, celle du chrétien, puis celle du musulman, et explique pourquoi le roi les écarte toutes trois avant de se tourner vers Israël.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Salam à tous. Nous allons commencer le cours du Kouzari. Nous allons continuer ce que nous avons commencé le semestre d'avant. Aujourd'hui, le cours va être un résumé de tout ce qu'on a vu jusqu'à maintenant, parce que ça fait déjà trois mois que nous avons arrêté le shiour. Ce qui est très important pour moi, c'est que tout le monde soit au même niveau. Maintenant, j'explique. Pour ceux qui étaient au premier semestre, c'est très bien, c'est une révision. Ceux de l'année dernière, c'est très bien, c'est une révision.

Pour les nouveaux, ça va être un peu difficile. C'est un peu honteux que je vais devoir résumer autant de cours en une fois, mais ce que je vais résumer du Kouzari, c'est ce dont on a besoin pour la suite. Ça va ? Alors d'abord, on va expliquer… Vous m'entendez bien, là ? Ça va, d'accord ? Bien. D'abord, vous pouvez mettre votre caméra. Et ce qui est très important, c'est que, comme c'est un Beit Hamikdash virtuel, il est très important de poser des questions. Bien sûr, on

pose des questions qui ont rapport directement au cours. Et si vous avez d'autres questions, on transmettra les questions sur d'autres sujets.

Maintenant, regardez. Le Sefer HaKouzari a été écrit par Rabbi Yehouda HaLevi. C'est-à-dire ? Il a été écrit il y a 900 ans par Rabbi Yehouda HaLevi. Rabbi Yehouda HaLevi s'est considéré comme un Richon, c'est-à-dire quoi, Richon ? On a eu l'époque de nos Tanaïm, qui ont écrit la Michna. On a eu l'époque de nos Amoraïm, qui ont compilé et écrit la Guémara.

Ensuite, en l'an 500, la Guémara était finie d'être compilée par Ravina et Rav Achi. Après l'an 500, il y a l'époque qui s'appelle des Guéonim. Les Guéonim, c'étaient les génies de la Torah, ces mêmes maîtres qui connaissaient toute la Torah, qui habitaient encore en Babel, en Irak d'aujourd'hui, et qui venaient juste de sortir de l'époque de la Guémara. Et pendant 500 ans, il va y avoir l'époque des Guéonim. Après l'époque des Guéonim, vers l'an 1000, en l'an 1500, il y a eu l'époque des Richonim. Le Richon que vous connaissez, c'est Rachi. Richon, ça veut dire premier, ce sont les premiers maîtres. Le Richon que tout le monde connaît, c'est Rachi. Rachi fait partie des Richonim. On a aussi les Tossafot, on a aussi le Rambam, Maïmonide, et on a Rabbi Yehouda HaLevi. Rabbi Yehouda HaLevi, donc au début du XIIᵉ siècle, va écrire le Sefer HaKouzari.

## Le contexte de rédaction et la question de la traduction

À l'époque, toute personne qui écrivait un livre de philosophie, philosophie juive ou autre, l'écrivait en arabe. Donc, en effet, le Sefer HaKouzari était écrit en arabe, et les traductions que nous avons en hébreu ou en français sont toutes tirées de l'arabe. Pourquoi c'est important de vous dire ça ? Parce que lorsqu'on étudie le Kouzari, il faut faire très, très attention à ne pas s'arrêter sur la précision des mots utilisés. Pourquoi ? Parce que c'est une traduction. Il va y avoir des textes, des traductions qui seront

fidèles à la source, un peu moins parfois, mais il faudra faire très attention au sens général plutôt que rentrer dans chaque détail des mots qui ont été dits. Contrairement, par exemple, si on fait l'étude de la Guémara, ou si on fait l'étude du Messilat Yécharim, dont les écrits sont en hébreu, on peut détailler chaque mot. Mais ici, on ne va pas s'attarder sur les mots, on va s'attarder sur l'idée générale de la phrase.

Maintenant, qu'est-ce qui est très important ? Il est très important de savoir que les gens pensent, faussement, que Rabbi Yehouda HaLevi va raconter l'histoire de ce qui s'est passé à l'empire des Khazars, où il y avait ce roi goy qui a décidé, lui et tout son peuple, de se convertir. Ça, on laissera aux historiens. Est-ce que ça a existé ou pas ? C'est aux historiens de s'en occuper. En effet, il y a une tradition qui dit qu'il y a eu ce peuple des Khazars, qu'un roi

a rencontré un rabbin et qu'il s'est converti, lui et tout son peuple. Mais cette histoire s'est passée 300 ans avant Rabbi Yehouda HaLevi. Donc même si elle était rapportée par Rabbi Ben Shaprut, grand rav de l'époque, qui témoigne de cette histoire, il y a malgré tout 300 ans d'écart entre la véritable histoire qui s'est passée chez les Khazars et le texte de Rabbi Yehouda HaLevi, et la vie de Rabbi Yehouda HaLevi.

## Un récit mis en scène

En fait, Rabbi Yehouda HaLevi va imaginer le discours qui a eu lieu entre ce roi des Khazars et un rabbin. Alors, qui est le rabbin ? C'est lui, Rabbi Yehouda HaLevi lui-même. Qui est le roi des Khazars qui va lui poser des questions ? C'est Rabbi Yehouda HaLevi lui-même. Donc, lorsqu'on étudie le Kouzari, on n'étudie pas un livre d'histoire, une histoire qui s'est passée dans un empire quelconque. On étudie l'écrit de Rabbi Yehouda HaLevi. Quelle est l'importance de cet écrit ? Le Gaon de Vilna, il

y a 250 ans, disait que l'essentiel de la émouna d'Israël et de la Torah dépend de ce livre. Il conseillait à ses élèves d'étudier le livre du Kouzari, le livre de Rabbi Yehouda HaLevi. Pourquoi ? Parce que grâce à cela, on pouvait acquérir la émouna d'Israël. Et le livre traite de cela: il va donner les bases fondamentales de la émouna d'Israël. De quelle manière a-t-il décidé de faire cela ? Alors, on va commencer. Comment s'est passée l'histoire des Khazars ?

Regardez. Le texte commence par le fameux rêve que le roi des Khazars avait. Il faisait un rêve où Dieu se révélait à lui, où un ange se révélait à lui, et lui disait: Kavanatcha retsouya, ton intention de servir, sous-entendu de servir le divin, est agréable, avale, mais tes actes ne sont pas agréables. Et à partir du moment où il a eu ce rêve, dit le texte, il a commencé à servir de plus en plus la divinité et à faire de plus en plus de avoda zara, etc. Qu'est-ce qu'on découvre ? On découvre que le roi des Khazars prend au sérieux son rêve, puisque ce rêve revient plusieurs fois. Et à chaque fois, le rêve se répète, et il dit: Kaman atra retsouya, ton intention est bonne, mais tes actes ne sont pas bons.

## La recherche de l'acte parfait

Et à un moment donné, alors qu'il est de plus en plus sérieux dans son service du Dieu vers lequel il se tourne, il va comprendre qu'il faut changer les actes. Les actes ne sont pas bons. Même si son intention de se rapprocher du divin, de Dieu, est très bonne, l'acte lui manque, l'acte parfait lui manque. Et ce qu'il va chercher, à travers des mouvements de pensée, c'est quel est l'acte parfait. Maintenant, c'est très, très important, parce qu'on a dit qu'on parle de la émouna d'Israël. On aurait pu penser qu'il va chercher la vérité, qui est Dieu. Non. Ce qui va pousser le roi des Khazars à chercher …

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