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La tempête annoncée par le Rav Kook et la résurrection d'Israël

Le Rav Kook prévoit une révolte contre la vie intérieure avant la renaissance, et son cours cherche à reconnaître ce moment.

57 min

Plusieurs Rabbanim

Ensuite : Le Hallel le soir de Yom HaAtsmaout : que dit la halakha, 33 min

En bref

Le Rav Oury Cherki commente un passage d'Orot du Rav Kook : la société qui s'enrichit et se détourne de la tradition connaîtra une secousse qui la ramènera à la source de sa force, la émouna et la Torah. Il explique que la révolte contre le spirituel accompagne la construction matérielle de l'État, comme l'âne du Messie. Il présente aussi l'idée que chaque crise prépare une nouvelle étape, en s'appuyant sur le Maharal et sur la controverse de Rabbi Eliezer et Rabbi Yehoshua au sujet des ossements d'Ézéchiel.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Très chers amis, aujourd'hui nous allons parler de la question de savoir comment on se renouvelle. C'est la demande de notre ami David Altar. Je comprends que cette demande, qu'est-ce qu'on dit du renouvellement, se pose sur l'arrière-plan des événements tragiques que nous avons connus ces derniers temps. Nous allons donc étudier un texte, une étude à travers un livre que vous connaissez probablement, Orot, mais ce ne sera pas dans le cadre de notre étude habituelle.

Je voudrais tout d'abord rappeler un passage de la page même d'Orot, pour ceux qui ont le livre. Attendez, non, ce n'est pas là. Ah, je me suis trompé. C'est dans Orot Atria, à la page P, au paragraphe même. Je vais vous lire ce texte. Nous allons l'étudier et voir s'il est pertinent par rapport aux événements que nous connaissons.

Nous avons pour tradition, nous dit le Rav Kook, qu'il y aura une révolte spirituelle, c'est-à-dire une révolte contre le spirituel, en Erets Israël et dans le peuple d'Israël. Ce sera à l'époque où commencera la résurrection du peuple à se manifester.

Cela suppose que, pour le Rav, le peuple d'Israël est un peuple mort depuis sa sortie en exil. La sortie de l'exil est donc une résurrection: nous ressuscitons. Et au moment où commence la résurrection, il y a une révolte contre la spiritualité et, de manière générale, contre la tradition d'Israël. C'est le phénomène qu'on appelle la Hilonout.

Ce que dit le Rav Kook, c'est que la réussite de cette résurrection entraîne justement un problème. Dans la paracha de Haazinou, dans le cantique que Moshe récite avant sa mort, il est dit: Vayichman Yeshouroun vayivat. Yeshouroun s'est engraissé, il a rejeté. Chamanta, avita, kassita. Tu t'es engraissé, tu as épaissi, tu t'es recouvert de ta graisse. Vayitouch Elo'ah assa'ou: il abandonne le Dieu qui l'a formé, vayenabel tsour yeshou'ato: il méprise le rocher de sa délivrance.

Que signifie ce verset ? Le midrach nous le dit: ce sont les trois générations du début de la résurrection, du début des temps messianiques. La tranquillité matérielle sera le lot d'une partie du peuple. Ils s'imagineront être arrivés à l'aboutissement de tout leur but. Cela suppose qu'une partie de la société, au temps de la résurrection nationale, s'embourgeoise, s'enrichit, et arrive à une tranquillité matérielle qui lui fait imaginer qu'elle a atteint le but final.

Et viendront des jours où l'on se dira qu'il n'y a plus rien à désirer. Vous connaissez cette formule selon laquelle l'État d'Israël pourrait être la Suisse du Proche-Orient, un lieu de tranquillité où tout se passe pour le mieux, où la satisfaction des désirs matériels est grande. Les seuls qui dérangent sont éventuellement ces quelques jeunes des collines qui, eux, pensent qu'il reste quelque chose à faire.

L'aspiration à des idéaux élevés et sains cessera. Et cela entraînera nécessairement une chute de l'esprit. Jusque-là, ce sont des situations que nous pouvons connaître: l'idée que la société israélienne n'a rien à chercher en dehors de sa jouissance matérielle, de l'élévation du produit national brut.

Alors, qu'est-ce qu'on fait ? On peut dire: il faut essayer peut-être de donner des cours de Torah, d'agrandir Orot veKelim, etc. Mais ce que dit ici le Rav est autre chose. Ad acher yavo se'ar veyahafor ma'apecha: jusqu'à ce qu'arrive une tempête qui entraîne un bouleversement.

Est-ce que ce ne serait pas ce que nous sommes en train de vivre ? Il y a eu une tempête, et cette tempête a bouleversé la société. Et l'on ne sait pas encore si, par hasard, nous ne sommes pas à la veille d'une plus grande tornade. C'est alors qu'il sera clair que la puissance d'Israël dépend de la sainteté éternelle, de la lumière de Dieu et de Sa Torah, dans l'aspiration à la lumière spirituelle.

Qui est la vaillance absolue, qui entraîne la victoire sur tous les mondes et sur toutes leurs forces. Ce que dit le Rav, c'est qu'il viendra un temps où il y aura une telle catastrophe qu'il sera clair pour tout le monde que la puissance d'Israël est attachée à ses sources spirituelles: la Torah, la émouna en Dieu et tout ce que cela implique.

Effectivement, depuis que la guerre a commencé, déjà depuis plus de deux ans, nous voyons un renforcement de l'identité. Cela voudrait donc dire qu'il existe des processus prévus à l'avance, qui, d'une part, nécessitent une sorte de chute spirituelle et morale, qui entraîne un matérialisme grossier, et que ce matérialisme est brusquement renversé par une tempête.

Pourquoi cela se passe-t-il ainsi ? On pourrait se dire: ne pourrait-on pas arranger les choses de telle manière qu'il ne soit pas nécessaire à la fois d'avoir une chute et une ascension, une tornade qui finit par tout renverser ? Ce que dit le Rav ensuite, c'est que la nécessité de cette révolte, cette révolte contre la religion, contre les mitsvot, correspond à la tendance vers la matérialité, qui doit nécessairement naître.

C'est-à-dire que, pour construire un État, on a besoin de ce qu'on appelle Hamouro Shelmachia'h. Hamouro, l'âne du Messie. Que veut dire l'âne ? L'âne désigne aussi la tendance au matériel. Mais dans l'Antiquité, l'âne était le moyen de transport commun: au lieu d'avoir une voiture, tout le monde avait un âne. L'âne du Messie, ce sont les moyens qui permettent le développement du processus messianique, et pour cela il faut un État.

Pour faire un État, il faut une armée, une économie, toute une série d'investissements dans le matériel. Or le peuple juif, pendant de très longues années, pendant plusieurs siècles, est devenu un peuple entièrement et presque exclusivement spirituel. Pour revenir au matériel, il est donc nécessaire de se débarrasser provisoirement de la fidélité à la tradition spirituelle.

Pour le Rav Kook, le renforcement de ce qu'on appelle la hilonout, la laïcité, ne doit donc pas nous inquiéter. Cela fait partie des nécessités de l'enfance. Quand un enfant vient de naître, on ne lui demande pas de donner des discours de Torah, ni même de faire de la poésie: on lui demande de bien manger. Et cette tendance, lorsqu'elle naîtra, s'avancera avec agressivité et produira des tempêtes. Ce sont là les douleurs de l'enfantement du Messie. Elles embaumeront le monde entier, par leur douleur.

J'ai amené ce texte pour commencer notre étude. La chenille ne fait que manger avant de devenir chrysalide puis papillon. C'est une idée qu'on trouve d'ailleurs dans le Zohar, avec ce qu'on appelle Tola'at Ya'akov, le vermisseau de Jacob. Le vermisseau de Jacob, c'est l'état auquel on arrive: un moment où l'on devient comme un ver qui n'a rien d'autre à faire que de grandir. Mais une fois qu'il commence à se développer, et qu'on a l'impression qu'il est en train de disparaître, c'est là qu'il devient papillon, puis, de là, le ver à soie qui donne la soie.

Cette idée du Zohar est donc étayée par l'enseignement du Rav Kook. Il y a des chutes, les chutes entraînent des tempêtes, et les tempêtes entraînent un retour à l'identité …

Cours d'Orot veKelim

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