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Yom HaAtsmaout : le début de la Gueoula

Pourquoi l'indépendance d'Israël est une fête nationale, et pourquoi elle marque le début de la Gueoula.

1 h 03

Plusieurs Rabbanim

Ensuite : Galout et Gueoula : la fête de l'indépendance selon le Maharal, 1 h 21

En bref

Le Rav Tov HaKoulam, à l'occasion de Yom HaAtzmaout (jour suivant Yom HaZikaron), explique pourquoi cette journée n'est pas une fête religieuse au sens chrétien du terme mais une fête nationale, le judaïsme étant une appartenance à un peuple, une Torah et une terre. Il montre, à partir du Talmud, du Maharal et du Rambam, que la galout se définit par l'absence d'indépendance nationale, et qu'en l'État d'Israël, les critères de la Gueoula sont réunis. Il conclut que Yom HaAtzmaout est le début d'une Gueoula qui ne s'arrête pas, et qu'il est légitime de la marquer par la louange.

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Tov lekoulam. C'est une soirée un peu particulière ce soir. Il est toujours compliqué de parler de Yom HaAtzmaout avec toute la Simha qui accompagne cet événement quand on est à Yom HaZikaron. C'est très compliqué de penser à se réjouir ce soir par rapport à ce que le peuple juif est en train de commémorer. Mais je pense que c'est leur rendre honneur, à tous nos soldats qui ont donné leur vie pour qu'on soit là, que de leur montrer qu'on sait la force et l'importance de ce qu'ils ont fait en donnant leur vie, de ce qu'ils ont créé ici. C'est pour ça que parler d'Afrique, de la Kedoucha, de Yom HaAtzmaout et de la grandeur de ce moment, c'est peut-être le plus bel hommage à faire à ceux qui ont permis qu'il y ait ce Yom HaAtzmaout. Alors on parle de Yom HaAtzmaout.

Je vous dis tout de suite: le cœur parle beaucoup en ces moments-là. J'aimerais qu'on soit très froid, très peu cœur, pour arriver au cœur à la fin, mais être très froid dans un premier temps, pour comprendre de manière très objective ce que c'est que cette fête de Yom HaAtzmaout. La première question à se poser, c'est toute ma question.

Est-ce qu'il s'agit d'une fête ? Non. Pourquoi ? C'est interactif ce soir. Ce soir c'est interactif. Alors dites-moi.

— Non, je ne parle pas de Yom HaZikaron. Je parle de Yom HaAtzmaout.

Non, j'ai dit: ce soir on va parler de Yom HaAtzmaout. J'ai dit que c'est compliqué parce qu'on est à Yom HaZikaron, mais on ne va pas faire le cours demain soir, donc on va parler de Yom HaAtzmaout. Je dis juste deux secondes que…

Le fait de parler de Yom HaAtzmaout ce soir, c'est peut-être le plus grand hommage qu'on puisse rendre à tous ceux qui sont morts et qu'on commémore à Yom HaZikaron, pour leur dire: vous n'êtes pas tombés en vain, nous prenons pleine conscience de ce que vous nous avez légué. C'est pour ça que maintenant je vais rentrer dans Yom HaAtzmaout, avec votre permission.

La question, c'est: la fête de Yom HaAtzmaout, est-ce que c'est une fête ? C'est une fête, mais ce n'est pas un Chag.

Ça, c'est un dioug de religieux. Ce n'est pas un Chag. Pourquoi ce n'est pas un Chag ? Parce qu'on n'apporte pas de korban. C'est pour ça que ça dérange.

— Nous.

Alors, c'est un Chag mais ce n'est pas un Chag.

— Nous.

Alors, est-ce que c'est une fête nationale, ou bien une fête religieuse ? Merci d'avoir fini ma phrase.

— Les deux en même temps.

Les deux en même temps ? Tu dis mieux.

Ce n'est pas compliqué: on a quatre possibilités. Ou c'est ni l'un ni l'autre, ou c'est les deux, ou c'est l'un ou c'est l'autre. Qu'est-ce que vous choisissez ?

— Les deux ?

Il y a fait. Je ne suis pas d'accord. Pour moi, ce n'est qu'une fête nationale. De la même façon que si vous m'aviez posé la question: est-ce que Chabbat est une fête religieuse, nationale, les deux, ni l'un ni l'autre ? J'aurais répondu pareil. C'est une fête nationale.

Il n'existe aucune fête religieuse dans le judaïsme, pour la simple et bonne raison que le judaïsme n'est pas une religion. Et dans la mesure où le judaïsme n'est pas une religion, il n'y a pas de fête religieuse. Il n'y a aucune mitsva religieuse. C'est Am, Torah, Erets, les trois. C'est Am, Torah, Erets. Mais ce n'est pas… C'est une pratique. Si tu me disais Am, Torah, Erets, dedans tu n'as pas mis la date.

— Le fait qu'on ait des pratiques, c'est clair, mais je veux comprendre pourquoi ce n'est pas religieux.

C'est Khachoub. Simplement parce qu'au niveau de l'appellation pure et simple, au niveau du français, une religion, d'après le Petit Robert, c'est l'ensemble des doctrines et des actes qui lient l'homme au divin. En d'autres termes, ce sont des actions. Ce qui veut dire que, d'après le terme latin religius, relier, je suis membre d'une religion à partir du moment où je suis religieux, c'est-à-dire où je fais les pratiques de cette dite religion.

Vous savez que dans l'islam, il y a cinq piliers fondamentaux. Celui qui rejette les cinq piliers fondamentaux de l'islam n'est pas musulman. Quelqu'un qui rejetterait les dogmes du christianisme, qui ont été les fondamentaux du christianisme mis en place au concile de Nicée, eh bien, il n'est pas chrétien. Mais un juif qui rejette la Torah, les mitsvot…

Tu rejettes les 613 mitsvot, eh bien il est juif quand même. Parce que ça ne dépend pas de ce qu'il fait, ça dépend de ce qu'il est. Donc ce n'est pas une religion, c'est bel et bien une appartenance à une nation, à une identité nationale. Et ce n'est pas que vrai pour Yom HaAtzmaout, c'est vrai pour toutes les mitsvot du judaïsme. Il ne s'agit donc pas là d'une fête religieuse, mais bel et bien d'une fête nationale.

Maintenant, il y a une autre question qui se pose, et je vais tout de suite la désamorcer en disant la chose suivante: ce que je vais dire ce soir ne sera certainement pas accepté par tous. Ça ne me fait pas peur, on n'est pas nés de la dernière pluie. On sait très bien que dans le judaïsme, ça ne peut pas être simple. Ma grand-mère m'a toujours appris: pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Naha. En plus, ma grand-mère est en Ashkenaz, ça n'aide pas. Donc bien sûr qu'il y a des gens qui ne vont pas être d'accord avec ce que je vais dire.

Trois éléments avant même que je dise quoi que ce soit. Le premier…

— Je ne suis pas d'accord.

Tu as raison. Le premier, c'est qu'il n'existe pas de rabbinomètre: de maître de règles qui mesure les rabbins. Ça n'existe pas, le rabbinomètre. Pourquoi je dis que ça n'existe pas ?

Parce qu'on va dire des choses, et si jamais vous le répétez dans certains milieux, on va vous dire: « Oh, mais les grands de la génération ne sont pas d'accord avec toi. » Et donc j'aimerais bien savoir où sont les rabbinomètres de ces gens-là pour déterminer qui est grand et qui ne l'est pas.

— Quoi ?

Oui et non. Il y en a une qui n'est pas d'accord.

— Quoi ?

Absolument pas. Le rabbin libéral ne rentre pas dans l'équation.

Ce que disait le Rav Kanevsky, ce que disait le Rav Elyashiv, ce que disait le Rav Shaaf, ce sont certainement des grands de la Torah, mais ils ne sont pas forcément plus grands, ni moins grands d'ailleurs, que le Rav Avraham Shapira, le Rav Ozer Vatmer Kazara, que le Rav Mordechai Eliyahu, et ainsi de suite. Quand je dis qu'il n'y a pas de rabbinomètre, vous comprenez bien que je ne parle pas de moi, mais que tout ce que je vais dire s'appuie sur des gens qui ne sont pas moins grands parce qu'ils ont la …

Cours d'Orot veKelim

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