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Iyar, le mois de Ziv et la guévoura d'Israël

Pourquoi Iyar est le mois de la lumière, de la révolte de Bar Kokhba et de la guérison entre ciel et terre.

15 min

Plusieurs Rabbanim

Ensuite : Les guerres d'Israël, nettoyage du monde et mission nationale, 34 min

En bref

Ce cours part du mois d'Iyar, seul mois de l'année au nom hébraïque (Ziv, la lumière), et montre comment il relie Yom HaAtzmaout, Yom Yerouchalayim et la révolte de Bar Kokhba. Le Rav Kook y est cité sur la guevoura et la Torah, et sur l'échec de la révolte attribué à la haine gratuite entre les élèves de Rabbi Akiva. Il conclut que l'histoire d'Israël avance du noir vers la lumière, et que la fête doit renforcer le présent et non seulement commémorer le passé.

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

À nos chers téléspectateurs, shalom, Yom HaAtsmaout, zman simhatenou. Nous sommes heureux de vous retrouver dans cette journée de joie si particulière, après tant d'années où nous attendions et espérions que cela puisse être. Et bien, nous y voilà, nous y sommes. Je dois saluer, bien entendu, et avec plaisir, comme d'habitude, la présence du Rav Yoël Benaroche, qui est avec moi pour faire cette émission hebdomadaire, pour le meilleur de chacun de nous.

— Shalom Yoël. Shalom, Chag Sameach, et de bonnes nouvelles pour notre peuple et pour notre État. Chag Sameach. Mizrat HaShem. J'ai réfléchi. Yom HaAtsmaout, le jour de l'indépendance, nous savons bien que HaAtsmaout, en hébreu, a pour racine Etsem, c'est-à-dire le squelette, l'ossature, ce qui supporte quelque chose. Mais Etsem, c'est aussi l'essence de.

Et le mois dans lequel se déroule ce Yom HaAtsmaout, d'ailleurs comme Yom Yerouchalaïm également, est le mois d'Iyar. Et j'étais étonné de découvrir que le mois d'Iyar était le seul mois qui portait un nom hébraïque: Ziv, la lumière. Tous les autres mois ont des noms araméens, car à l'origine on les désignait par premier mois, deuxième mois. Mais Iyar possède cette dénomination de Ziv, de lumière.

Et j'ai fouillé un petit peu, et j'ai regardé que lorsque Moshé convoque l'armée d'Israël, c'est au mois d'Iyar, B'chodech Chéni. Les grands pogroms de Worms et de Mayence à l'époque du Moyen Âge ont eu lieu pendant le mois d'Iyar. Et nous voilà, nous, conscients de nos études bibliques, à voir que le mois d'Iyar est comme un…

Alors, ce qui m'intéresse, c'est que nous puissions parler, bien entendu, de Yom HaAtsmaout, mais surtout de cette conjoncture.

Une autre conjoncture que je te rappelle, c'est qu'en fin de compte, Iyar, mai 1948, c'est trois années après l'ouverture des camps de la mort et la découverte de ce qui deviendra un véritable traumatisme universel. Mais en fin de compte, quand nous déclarons cette indépendance, les cheminées sont encore chaudes. Mon cher Rony, tu n'es pas sans savoir que le temps est l'un des secrets…

Les kabbalistes nous enseignent que lorsque nous fêtons une fête, on ne commémore pas seulement l'événement qui a eu lieu et qui a donné naissance à cette fête. En réalité, il circule dans l'espace, dans le cosmos, à ce temps précis, et depuis la création du monde, une énergie, un potentiel, qui, si un jour les hommes savent l'utiliser, eh bien, ils le transforment et en font une fête.

Je veux dire par là que Yom HaAtsmaout existe depuis la création du monde. Seulement, il a fallu plus de 5000 ans pour pouvoir traduire cette énergie de libération et de retour vers l'identité d'Atsmiout, en ce 5 Iyar. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'en réalité, nous commémorons des dates.

Cette fête, en hébreu, nous l'appelons Mohed. À Pessa'h, à Chavouot, à Souccot: Mohed, comme ce que nous rappelons, la tente d'assignation, on l'appelle Mohed. Mais en fin de compte, Mohed…

…c'est le moment de la rencontre. C'est un rendez-vous. C'est-à-dire que ce n'est pas simplement se souvenir d'eux, mais être capable de faire de ce qui fut, ce qui serait omniprésent, même à ce moment-là. Autrement dit, le jour de Yom HaAtsmaout, je ne dois pas seulement fêter le passé, mais je dois renforcer mon présent. C'est-à-dire que la même énergie se réveille dans l'univers à ce moment précis.

Je dois réutiliser cette énergie dans le moment présent, c'est-à-dire renforcer mon lien avec mon peuple, renforcer mon lien avec la Torah, et renforcer mon lien avec moi-même. Ça, c'est le secret de Yom HaAtsmaout. Mais si ça reste une fête de commémoration du passé, on a perdu l'essence même des choses, et ce n'est pas comme ça qu'il faut la voir.

L'évolution des fêtes d'Israël: nous sommes bien d'accord que l'indépendance, ce n'est pas simplement avoir permis à un corps de se mouvoir et d'être. C'est d'abord et avant tout parce que le corps est le support d'une pensée, d'une manière d'être, d'un idéal auquel les Hébreux appartiennent. Le Rav Kook dit que ce mois d'Iyar est aussi le mois de la révolte de Bar Kokhba.

Et il y a une phrase que j'ai notée. Il y a ici une gvoura qui me permet peut-être de dire, et j'aimerais savoir ce que tu en penses, que le halel que je vais réciter n'est peut-être pas pour la déclaration d'indépendance, mais pour avoir retrouvé l'héroïsme d'Israël, redoré son blason, redonné ses lettres de noblesse. À cela, je loue l'Éternel de m'avoir permis de jouir de ce moment-là.

— Alors, mon cher Rony, tu viens de rappeler un passage du Rav Kook qui est extraordinaire, parce qu'il relie cette Guevoura, cette capacité de la force, à Rabbi Shimon Bar Yochaï. C'est-à-dire que la Hiloula de Rabbi Shimon Bar Yochaï, maître des secrets de la Torah, est définie par le Rav Kook comme celui qui est capable de relier le Kodesh et la Gvoura, les Oumites. Rabbi Shimon Bar Yochaï, l'étude de la kabbale, l'étude des secrets de la Torah, nous conduit à la réunification de la force physique d'Israël avec sa force de Torah.

Et ce n'est pas par hasard que le mois d'Iyar, comme tu l'as signalé au départ, fait le lien entre la rédemption nationale, Pessa'h, et le don de la Torah, Chavouot, et qu'il se trouve en plein milieu. C'est de ce mal qui nous a séparé des forces que nous devons guérir. Ani Hachem Rofecha, « Je suis l'Éternel, ton guérisseur »: ce sont les initiales du mois d'Iyar. De quoi devons-nous guérir ?

De la séparation entre le ciel et la terre. Nous devons redevenir une puissance cosmique qui a reçu un don du ciel, qui est la Torah, pour le véhiculer dans notre vie, et être capable de sortir en guerre lorsqu'il le faut, pour protéger ses intérêts. Mais cet homme, Rabbi Shimon Bar Yochaï, tellement proche de la transcendance, de l'ésotérisme, et quand même cet homme, il faut le rappeler à nos téléspectateurs, qui s'enfuit pour se cacher dans la grotte avec son fils Eliezer…

— Parce qu'il est un véritable révolté. — Tout à fait. Révolté de l'hégémonie romaine, qui empêche justement la pleine réalisation de l'indépendance d'Israël, qui lui a été retirée. Mais c'est ça, la révolte. Le Rav Kook rappelle la révolte de qui ? La Guevoura de qui ? La force de qui ? La puissance de qui ? Des élèves de Rabbi Akiva ? Qu'étaient-ils, ces élèves ? Seulement des élèves de yeshiva ? Pas du tout.

C'étaient des guerriers, des Talmidei Chachamim. C'étaient des hommes qui savaient autant manier l'arme que manier la Torah. C'est-à-dire que c'était une magnificence du divin sur terre. Seul problème, cette révolte a malheureusement échoué. C'est là où je voulais en venir. Et c'est à cause de cela que nous avons transformé certaines choses dans ces journées qui relient Pessa'h à Chavouot.

En fin de compte, dans cette révolte, il y avait bien entendu la volonté de recouvrer l'indépendance. Tout à fait. Elle a échoué, non pas parce qu'ils n'étaient pas de bons guerriers, mais parce que quelque chose dans le bon …

Cours d'Orot veKelim

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