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Le Ramban et la mitsva de l'État d'Israël

Pourquoi le Ramban fait de la souveraineté sur la Terre une mitsva de la Torah, et ce qu'en tire le 5 Iyar.

47 min

Plusieurs Rabbanim

Ensuite : Iyar, le mois de Ziv et la guévoura d'Israël, 15 min

En bref

Le cours part de la sortie d'Égypte et du don de la Torah pour montrer que Yom Ha'atzmaout (fête de l'indépendance d'Israël) et Yom Yerouchalayim correspondent à ces deux étapes : l'indépendance vis-à-vis des nations, puis le retour à sa propre identité. Il s'appuie sur le Ramban et le Rambam pour établir que la souveraineté juive sur la terre d'Israël est une mitsva de la Torah. Il examine enfin, à partir des textes halakhiques et de Mishpat Cohen du Rav Kook, la place de l'État d'Israël actuel dans le processus messianique.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bien entendu, le cours d'aujourd'hui portera sur Yom HaAtsmaout, et je l'ai appelé Atsmaout Israël, l'indépendance d'Israël. Dans le mot Atsmaout, il faut lire aussi Atsmiyout, c'est-à-dire les retrouvailles avec l'identité: redevenir soi, et non pas seulement être indépendant. Il y a une très grande différence entre le fait de ne plus être assujetti à quelqu'un d'étranger à ma nature, et retrouver ma nature. Ça ne suffit pas, donc, de sortir d'Égypte, de ne plus être soumis à Paro, parce que tu peux errer toute ta vie sans être soumis à Paro, mais sans savoir à qui tu fais référence, qui es-tu dans ta véritable nature.

Donc, à la sortie d'Égypte, on est obligé de la coller à Chavouot, Matan Torah. Matan Torah, c'est les retrouvailles de mon identité. La sortie d'Égypte, c'est quitter l'identité qui n'est pas la mienne. Matan Torah, c'est trouver l'identité qui est la mienne. D'accord ?

Dans le mois d'Iyar, nous avons exactement la même chose aujourd'hui. Nous avons Yom HaAtsmaout, qui est plus collé à la sortie d'Égypte. Nous avons Yom Yerouchalayim, qui est plus collé à Matan Torah. C'est-à-dire: Yom HaAtsmaout, c'est l'indépendance, donc ne plus être assujetti aux nations. Et Yom Yerouchalayim, c'est savoir mon identité, c'est-à-dire Yerouchalayim, le Kodesh, tout ce que Yerouchalayim représente. Donc, comme pour Chavouot, c'est extraordinaire. Dans le mot Iyar, vous avez Erets Israël et Yerouchalayim, dans les quatre lettres du nom de ce mois.

Aujourd'hui, je vais m'occuper un peu plus du niveau halakhique de Yom HaAtsmaout, c'est-à-dire au niveau de la halakha. On ne va pas travailler seulement au niveau de la pensée, de l'idée, de l'idéologie, mais on va rentrer un peu plus dans les détails pour savoir si ce que nous faisons est correct, et si nous avons un lien réel avec la Torah, avec les valeurs de la Torah, avec les lois de la Torah.

Est-ce que nous nous sommes inventé une fête qui n'existait pas, qui n'est pas du tout liée à Am Israël, ni à la Torah, ni à rien du tout ? Ou bien avons-nous une véritable place là-dedans ? Et vous allez voir qu'Ezrat Hachem, nous sommes réellement dans une continuité logique de la Torah et de ses valeurs. Alors, on va commencer par le Ramban, zal.

Le Ramban, donc Nachmanide, a compris le verset de la Torah: « Vous allez conquérir la terre et vous allez vous y installer. » Comment est-ce que le Ramban comprend cela ? Il le comprend tout simplement comme une mitsva qui incombe au tsibour, à l'ensemble d'Israël. Et qu'est-ce que ça veut dire réellement ? Que ce n'est pas dans les mains d'une autre nation que Israël.

Le Ramban dit que s'il faut se battre, il faut se battre. Et donc, tout ce que je viens de dire, ce que le Ramban dit, c'est tout simplement qu'il faut être souverain, donc être chilton, être dominateur sur ce lieu. Et pour cela, il faut être indépendant. Je ne peux pas être dominateur sur ce lieu si quelqu'un d'autre me domine. Ça s'appelle, dans un hébreu moderne, et ce ne sont pas des gros mots, chilton et atsmaout. Il y a des gens pour qui le mot atsmaout, c'est un gros mot. Il faut faire attention.

C'est ce que le Ramban dit: Shel Am Yisraël al admato, tout simplement d'un peuple, du peuple d'Israël en l'occurrence, sur sa terre, mi-pirtzo. Donc, si je continue d'une manière logique, le Ramban définit qu'il y a une mitsva assé positive de la Torah: Hachem, medina, yehoudit, Erets Israël. Un Hachem dirigé, un État. Pourquoi est-ce que je dis le mot medina maintenant ? Qu'est-ce que c'est, une medina, d'après ce que je viens de dire ? Un chilton, c'est-à-dire une souveraineté. Si le Ramban me dit que c'est le Juif qui doit dominer ce lieu, aujourd'hui ça s'appelle une medina. Qu'est-ce que tu veux que j'invente comme autre mot ? C'est ce qui existe.

Donc le Ramban me dit clairement, sans employer le mot medina, qu'il y a une mitsva de la Torah d'ériger un État dans lequel je suis souverain, dans lequel je domine, sur la terre d'Israël, et qui fasse partie du peuple d'Israël. Il n'a pas parlé de ça maintenant; il dit qu'il y a une mitsva de le faire. Ça veut dire que, on va le voir, il y a eu des rois d'Israël, qui était l'État de l'époque, et qui n'étaient pas, à proprement parler, religieux. On est d'accord ? Il y a une liste de rois d'Israël qui n'étaient pas des tsadikim. Et pourtant, ils s'appellent des rois. Ça veut dire qu'il y a un chilton, il vaut ce qu'il vaut, et apparemment, ce n'est pas du tout pris en compte ici.

Le Ramban maintenant écrit, là encore, c'est en gras, ce sont ses propres dires: on n'a pas le droit de laisser la terre d'Israël aux mains d'une autre nation en dehors de la nation d'Israël. C'est clair ? Qu'est-ce que ça veut dire dans votre tête, à vous ? Il faut tout simplement occuper la terre et avoir une souveraineté, c'est tout.

Ceci s'adresse donc au côté national, seulement. Le Ramban dit: qu'il n'y ait pas une autre nation ici. Je ne veux pas avoir un empire ottoman ou des Turcs, et moi, je viens vivre ici tranquillement. Ce n'est pas ce qui est dit. Autrement dit, pour le Ramban, ça ne suffit pas de venir habiter sur la terre, mais il faut dominer cette terre. Si j'habitais sur la terre d'Israël, mais que quelqu'un d'autre domine cette terre, qu'est-ce que je dois faire d'après la halakha ? Déchirer mes vêtements. Alors

que tu habites sur la terre. Pourquoi ? Ça s'appelle Arei Israël bechor banan, des villes d'Israël dans leur destruction. Je répète pour que vous compreniez bien: ce n'est pas que les villes sont détruites. Elles sont magnifiques, les villes. Il y a des jardins, il y a tout. Et toi, en tant que Juif, tu vis dans cette ville, en terre d'Israël, mais celui qui dirige, c'est quelqu'un d'autre. Ça s'appelle des villes en destruction, et quand tu rentres dans une ville comme ça, tu dois te déchirer les

vêtements. Halakha.

Autrement dit, aujourd'hui, je peux rentrer dans une ville complètement détruite, et là je dis l'inverse: parce qu'elle est sous la domination d'Israël, je ne dois pas me déchirer les vêtements. Au contraire. Ça, c'est au niveau de la nation. Mais au niveau individuel, c'est très important de comprendre cela. Un goy peut vivre ici. Je ne vais pas l'empêcher. Je n'ai rien contre un homme qui s'appelle Mohamed s'il vient vivre sur ma terre. Je n'ai pas de problème avec ça, à condition qu'il y ait deux conditions.

Première condition: qu'il soit soumis au gouvernement et à la domination, donc juive, de cet endroit, de la terre. Il y a un gouvernement juif que cette personne en question accepte, et elle ne dit pas que c'est sa terre et qu'un jour elle voudra la conquérir de toute façon. Ça, je ne peux pas l'accepter. Là, il devient un ennemi de ma …

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