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Du jour du souvenir à l'indépendance, le passage de la lumière

Pourquoi le passage brutal de Yom HaZikaron à Yom HaAtsmaout reflète, selon le Zohar, l'ordre même de la création.

55 min

Plusieurs Rabbanim

Ensuite : Le Ramban et la mitsva de l'État d'Israël, 47 min

En bref

Le cours part du passage brutal entre Yom HaZikaron, jour du souvenir des soldats et victimes d'Israël, et Yom HaAtzmaout, et montre, à partir du Zohar et du Gaon de Vilna, que la lumière ne se comprend qu'en sortant des ténèbres, ce qui donne sens au passage du deuil à la fête. Il explique ensuite que Chir HaShirim et le Rambam situent les jours messianiques dans le retour de la souveraineté juive sur la terre d'Israël, et que la simha de David HaMelekh (Tehillim 126) commence avec ce retour. Il s'achève sur la lecture que fait le Rav Kook de l'État naissant comme fondement d'un trône céleste, et sur l'appel à rejoindre la terre d'Israël.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom l'kulam, Chavouot tov l'kulam. Shalom aleichem, Chavouot tov. Toda rabba au Rav Shaul et à David pour son cours et pour sa participation à tout ce que nous faisons dans Orot veKelim. Alors, Be'ezrat Hachem, nous allons développer aujourd'hui un sujet de Yom HaAtsmaout. Nous sommes à la veille de ce grand moment.

Du peuple d'Israël, après deux mille ans d'exil, nous avons eu la possibilité d'appliquer la mitsva de la Torah, d'ériger un État. En effet, il s'agit d'une mitsva de la Torah, et le Rambam nous ramène cette mitsva parmi les mitsvot positives, en nous disant:

Nous avons le devoir d'hériter et de conquérir la Terre d'Israël et de ne pas la laisser à quelqu'un d'autre, d'aucune nation du monde. Ceci est tiré d'un verset clair dans la Torah: « Vous conquerrez la terre et vous vous y installerez. »

Tout simplement, il y a une mitsva de la Torah de conquérir la terre, de l'habiter et d'ériger un gouvernement, c'est-à-dire une indépendance nationale, ce qu'on appelle aujourd'hui un État, Medinat Israël. Alors, ma partie ce jour-là, c'est de savoir…

Le passage. Puisque nous sommes à la soixante-quatorzième année déjà d'anniversaire de l'État d'Israël, nous sommes arrivés à un témoignage. En effet, soixante-quatorze, c'est le témoignage, Ed, Ayin, Dalet, et nous allons, Be'ezrat Hachem, à partir de cette année, commencer à témoigner de la souveraineté divine dans ce monde, grâce

à notre établissement ici, sur la Terre d'Israël. Cependant, le passage entre Yom HaZikaron pour les soldats d'Israël et Yom HaAtsmaout est un passage assez brutal. On passe d'un jour où l'on commémore tous les morts d'Israël durant toutes les guerres, tous les attentats, tous ceux qui sont partis pour

protéger notre peuple, notre Torah, notre terre. Et immédiatement, le soir même, on change comme si de rien n'était pour entrer dans Yom HaAtsmaout. Il y a donc ici un passage assez brut, et je voudrais m'y intéresser. Je vous ai écrit un texte. Ce passage qui est tellement brut.

Entre ce jour du souvenir de tous les soldats d'Israël et Yom HaAtsmaout, ce qui a toujours été au centre de la discussion dans le peuple d'Israël. En réalité, ma'avar zé ne'éman, lé-sédèr Elohi. Ce passage est fidèle à l'ordre divin des choses. Pourquoi ? Tout simplement parce que Dieu lui-même,

au moment de la création du monde, nous donne ce rythme-là. Et il nous dit, clairement dans la Torah, que lorsque l'on veut s'adresser à un sujet quelconque, nous devons prendre les deux côtés du sujet, c'est-à-dire le noir qui précède, la difficulté qui précède,

et l'aboutissement, qui relève de l'ordre de la lumière. C'est exactement ce que Dieu fait lorsqu'il s'agit de notre monde. Il y a une règle, un certain ordre, qui dit que la lumière va sortir du noir. Et pour cela, je vous apporte ici un passage du Zohar HaKadosh qui nous dit:

Dèslet néhora, il n'y a pas de lumière. Ela ha-rou, si ce n'est que cette lumière, des Nafik, sort. Mi-go hachoucha, du noir. Incroyable. Le Zohar nous dit: il n'y a pas de lumière. Tu ne pourras pas avoir la lumière si tu ne sors pas d'un état de noir. Pourquoi ? Tout simplement parce que tu es dans ce monde, et dans ce monde nous sommes dans le binaire.

Il y a toujours une chose et son inverse. Et donc, pour pouvoir voir quelque chose, entendre quelque chose, comprendre quelque chose, HaKadosh Baroukh Hou nous a donné deux yeux, deux narines, deux oreilles. C'est-à-dire que nous devons entendre le degré et son antithèse, l'antithèse et le degré. C'est comme cela que nous appréhendons n'importe quel sujet dans ce monde.

Si je n'ai pas compris l'exil, je ne peux pas comprendre la Gueoula. Si je n'ai pas étudié le noir, je ne peux pas entendre et voir la lumière. C'est extraordinaire, et le Zohar nous dit que c'est une règle absolue: il n'y a pas de lumière si ce n'est celle qui sort du noir. Et lorsque ce phénomène s'opère dans le monde,

eh bien, HaKadosh Baroukh Hou s'élève et sa majesté est beaucoup plus grande. Yitgadal ve-yitkadach, HaKadosh Baroukh Hou se manifeste dans sa grande gloire. Autrement dit, la grande gloire d'HaKadosh Baroukh Hou, c'est justement de pouvoir voir une lumière après le noir, d'avoir cette lumière qui sort des ténèbres,

d'avoir cette Gueoula qui sort de l'exil. De la même manière qu'en Égypte, nous sommes passés d'un état d'esclavage à un état de libération, et c'est en réalité la glorification d'HaKadosh Baroukh Hou. Et le Zohar continue: on ne peut pas considérer un service de Dieu quelconque, si ce n'est que…

Mi-go hachoucha, à partir d'un degré de ténèbres, d'un degré qui était éteint au départ. Parce qu'il n'y a pas de bien, ve-tov, ela mi-go bisha. Le bien ne sort que du mal. Et si tu n'as pas de mal, et qu'un bien vient après lui, tu ne pourras pas donner de valeur au bien, parce que tu n'as aucune référence.

Le Gaon de Vilna, ayant pris cette règle d'étude, nous dit qu'en réalité, pour comprendre tout le phénomène relatif à la Gueoula, il va falloir étudier sérieusement tous les systèmes de l'exil. Et l'on a compris qu'à travers ce genre d'études, on peut entendre l'inverse et donc aborder un sujet quelconque.

Chene ema, comme il est dit, ce que je vous ai cité tout à l'heure: Vayehi erev, vayehi boker. Ici, ce n'est pas seulement le soir, mais aussi un mélange, c'est-à-dire quelque chose qui vient d'un ordre où tout est embrouillé. Les choses ne sont pas claires. C'est pour cela que le érev s'appelle érev. Autrement dit, le érev, c'est le grand mélange, et la traduction simple, claire, c'est le grand mélange.

Et donc, si tu n'as pas le mélange, tu n'auras pas de tri à faire à l'intérieur de ce mélange, donc tu n'arriveras pas, en réalité, à trier et à trouver l'étincelle de lumière qui se cachait dans ce mélange. Et le mot boker, que veut-il dire ? Bakara, c'est-à-dire un contrôle. C'est-à-dire que tu ne peux pas avoir…

Extraordinaire. Donc, en somme, nous sommes ici dans un sujet très profond, qui est le secret des birourim. Les birourim, ce sont les tris que l'homme doit faire au cours de l'histoire pour déceler

les étincelles divines qui se cachent dans le monde dans lequel nous sommes. Et étant donné que le monde commence justement par un Tohou, Bohou, ve-hachoshekh al pnei ha-téhom, le noir qui remplit les abîmes, il va falloir, pendant six mille ans, faire un tri. C'est le travail d'Israël: faire un tri pour déceler

toutes les étincelles divines qui se cachent dans ce grand mélange. Et au moment où le tri sera terminé, petit à petit, on arrive à concevoir et à voir plus clair dans ce qui était au début un grand mélange, un grand brouillard où l'on ne comprenait pas du tout le sens de l'histoire. Comprenez qu'il s'agit ici d'un passage du mal

Cours d'Orot veKelim

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