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Les cinq élèves de Rabbi Yochanan ben Zakaï dans Pirké Avot

Rabbi Eliezer ben Hurkenos : respecter son prochain, se garder de la colère et faire techouva.

46 min

Rav Shaoul David Botschko

Ensuite : Rabbi Elazar Ben Arakh : étudier, répondre, ne pas se laisser entraîner, 42 min

En bref

Le Rav Shaoul David Botschko commente le début du chapitre Pirké Avot (Michna Yud) : cinq sages de la transmission y sont présentés chacun par trois enseignements de conduite. Il s'arrête sur le premier, Rabbi Eliezer ben Hurkenos, dont la maîtrise de la colère et le respect du prochain sont liés à la modestie, selon le Ramban et le Rambam. Le cours montre aussi comment les trois sentences de chaque sage se répondent et comment la Guemara illustre leur sens.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Est-ce qu'on avait terminé la Michna ? Comme on avait terminé la Michna, on passe à la Michna Yod, c'est ça. Je vous partage le texte tout de suite. Bonne fête de Chavouot à tous, et d'abord, je souhaite à tout le monde d'être en bonne santé. Dans les Michnayot précédentes, on avait vu que Rabbi… il y avait cinq élèves, et chacun avait une caractéristique particulière. Maintenant, nous avons des Michnayot où ces cinq Tanaïm disent trois choses. On nous dit, voilà, où cela se trouve ? Dans le Talmud. Donc chacun de ces cinq sages dit trois choses, et il y a une Michna pour ce qu'a dit Rabbi Eliezer, Rabbi Eliezer ben Hourkenos.

Dans cette Michna, on dit qu'il a dit trois choses. A priori, il y a beaucoup plus que trois choses. Le Pirkei Avot nous explique qu'il a dit trois choses.

Première chose: Rabbi Eliezer dit: Yehi kvod havercha kamo'cha, veal tehi noach lichos: que le respect de ton prochain soit aussi cher que le tien, et ne sois pas prompt à te mettre en colère. Ces deux phrases forment une seule chose à dire: s'empêcher de se mettre en colère et respecter son prochain vont ensemble.

Deuxième point: Chouv yom ehad lifnei mitatekha. Fais techouva un jour avant ta mort. Cela veut dire qu'il faut faire techouva tout le temps, parce qu'on ne sait pas quand on va mourir.

Troisième point: Hévé mitalmidei Hakhamim, sois assis à la lumière des sages, mais fais attention à leurs braises, c'est-à-dire à leurs lueurs, pour ne pas être brûlé. Car leur morsure est une morsure de renard, leur piqûre est une piqûre de scorpion, et leur sifflement est le sifflement d'un serpent. Et toutes leurs paroles sont comme des braises de feu. Voilà, ce sont trois choses. Alors on va d'abord expliquer séparément les trois choses, et essayer de voir, entre la première et la troisième, qu'il y a quelque part un lien avec l'histoire personnelle de Rabbi Eliezer ben Hourkenos.

Yehi kvod havercha. Rav remarquait quelque chose d'intéressant. On parle de kavod et de ḥaviv. Kavod, c'est le respect; ḥaviv, c'est aimer, c'est éprouver de la sympathie. Il y a donc ici deux notions qui, a priori, sont deux choses différentes.

On aurait pu dire: tikhbad… honore ton prochain. Ou bien on aurait pu dire: aime ton prochain, comme la Michna le dit ailleurs: Ahav et haberiot. Or, ici, c'est autre chose qui est marqué: yehi kvod havercha ḥaviv alekha kmo shelkha. Que le respect, l'honneur dû à ton prochain, soit aussi cher que le tien.

Il y a donc ici une double notion: respecter son prochain, mais pas seulement parce que j'ai peur, mais parce que j'ai de l'amitié pour lui. Il faut faire attention à l'honneur de son prochain, et ce n'est pas facile. Ne pas dire du mal, ne pas le faire tomber, parce que c'est un être humain. Et un être humain, c'est un prochain: on doit le respecter. Non seulement on doit le respecter, mais on doit aimer le respecter. On ne doit pas seulement le respecter parce que c'est ainsi qu'il faut se conduire, mais parce que je vois dans mon prochain quelqu'un de bien.

Maintenant, la suite de la Michna dit: veal tehi noach lichos, ne sois pas prompt à te mettre en colère. Parce que, effectivement, la colère est un manque de respect envers son prochain. Lorsque mon prochain m'énerve et que je me mets en colère, en fait, je ne respecte pas l'autre. Je ne l'entends pas.

Ici, Rabbi Eliezer ben Hourkenos nous explique combien un homme doit prendre du recul, parce que lorsqu'on ne prend pas de recul, on se met en colère. Tu vas réécouter ce qu'il a dit, et tu vas réaliser qu'il n'est pas ce que tu croyais qu'il était.

À propos de la colère, il y a une lettre très connue du Rambam à son fils, qui est à la base des fondements du Moussar, les fondements de la morale. C'est très intéressant. Il commence par dire à son fils: surtout, ne te mets pas en colère. Je vais lire un peu de cette lettre magnifique à son fils.

« Efforce-toi de parler avec douceur à tout homme et en toutes circonstances. Même à celui que tu trouves qui ne vaut rien, parle-lui gentiment. Même si ce qu'il fait te semble horrible, en tout temps, dis ce que tu as à dire. On ne te dit pas de te taire, on ne te dit pas de ne pas donner ton opinion, mais fais-le dans la douceur. Et cette habitude de prendre du recul, de parler dans la douceur, te sauvera de la colère. »

La ḥati bene adam, qui est un mauvais comportement qui fait fauter l'homme. Nos sages de mémoire bénie disent: celui qui se met en colère, c'est comme s'il servait la Guéhinom, qui le domine. Il apporte un verset que nous ne citerons pas maintenant. Et lorsque tu veux être sauvé de la colère, tu vas élever en toi la qualité de l'humilité, qui est la meilleure de toutes les qualités.

C'est très intéressant, ce qu'il dit là. Parce qu'a priori, nous aurions compris le contraire: sois modeste, et ainsi tu ne te mettras pas en colère. En fait, il y a ici un enseignement qu'on trouve beaucoup dans le Sefer HaTanya et dans les livres de Moussar: nos qualités, c'est-à-dire notre être profond, dépendent de ce que nous faisons. En principe, nous pensons que ce que nous faisons dépend de ce que nous sommes.

Or, le Ba'alei Moussar, qui est un élève du Rambam, nous dit le contraire: agis bien, et tu verras que cela aura une influence sur toi. Tu peux contrôler le fait de parler gentiment; une fois que tu parles gentiment, cela va faire naître en toi la modestie.

C'est la fameuse phrase qu'on trouve très souvent dans le livre de Ḥinouḵ: après les actes, le cœur suit. Nous sommes influencés par ce que nous faisons. Ce n'est pas seulement que nous faisons par ce que nous sommes; nous sommes aussi le fruit de ce que nous faisons.

— Est-ce que cela a été accepté par eux ? Il me semble, je ne suis pas sûr du tout, que cela a été remis en question par les autres sages, non ?

— Je n'ai pas compris votre question.

— Il me semblait avoir entendu que beaucoup de sages n'étaient pas d'accord avec ce principe-là.

— Je ne sais pas. Maintenant, comme pour toute chose, il faut savoir que ce n'est pas tout. Quelqu'un dit une phrase, comme le Ḥinouḵ qui dit cette phrase, ou Aharon HaLevi, élève du Rambam, qui a écrit un livre extraordinaire sur toutes les mitsvot de la Torah. On ne peut jamais prendre une phrase comme une totalité. C'est vrai. Mais il y a sans aucun doute une grande vérité dans ce qu'enseigne ici le Ḥinouḵ, et ce que le Rambam a appris de son maître, on le voit très clairement ici.

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