Rabbi Elazar Ben Arakh : étudier, répondre, ne pas se laisser entraîner
Trois conditions pour réussir l'étude de la Torah : y consacrer du temps, approfondir, et ne pas être accablé de soucis.
Rav Shaoul David Botschko
Ensuite : Les trois regards de Akavia ben Mahalalel, 46 min
En bref
Le Rav Shaoul David Botschko commente la mishna de Rabbi Elazar Ben Arakh, qui demande d'être empressé d'étudier la Torah, de savoir répondre à l'apikoros et de savoir devant qui l'on travaille. Il s'appuie sur le Tiferet Israël (temps, approfondissement, absence de souci) et sur le Maharal de Prague, pour qui répondre aux contempteurs n'est pas une question de conviction mais de faire en sorte que la vérité ne soit pas reléguée par le mensonge. Le cours éclaire aussi la mishna de Rabbi Tarfon (« la journée est courte, le travail est nombreux ») et la discussion talmudique du traité Menahot sur l'étude quotidienne et sur l'étude de la sagesse grecque.
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Rabbi Elazar ben Arakh, omer. Elazar ben Arakh était le cinquième des élèves de Rabbi Yo'hanan ben Zakaï. Il enseigne trois choses, comme tous les autres. Ève chakoud lilmod Torah: sois empressé d'étudier la Torah. Et sache ce que tu répondras à l'apikoros. Sache devant qui tu travailles, et fais confiance à celui qui te donne l'ordre, c'est-à-dire Dieu, qu'Il te paiera la récompense de ton action. Voilà ce que nous enseigne Rabbi Elazar ben Arakh.
Voyons d'abord ce que dit la Bartenoura. La Bartenoura explique: ève chakoud, c'est « sans presser » d'étudier la Torah. C'est simple. Il donne deux explications. Il dit: apikoros, c'est quelqu'un qui considère la Torah comme des bêtises, comme quelque chose qui n'a pas d'importance, ou bien qui lui-même ne veut pas du tout étudier la Torah. Alors, sache ce que répondent ceux qui sont contre le judaïsme. Ve-tha-ifnemi ata amel, ve-tshouvatsh ata meshiv lapikoros: est-ce que tu donnes une réponse à celui qui est impie ? Fais attention à savoir que tu travailles pour Dieu, pour ne pas te laisser influencer. Parce que lorsque tu vas essayer de défendre le judaïsme face à ceux qui y sont opposés, tu tombes dans un danger. Quel est ce danger ? Tu risques de te faire entraîner par lui.
Donc voilà la première explication de la Michna: sois empressé d'étudier la Torah, sache quoi répondre à l'apikoros, et ne te laisse pas entraîner par lui. Pourquoi a-t-on besoin de répondre à l'apikoros ? Pourquoi ne le laisse-t-on pas dans son coin ? Nous allons répondre à cela avec deux explications supplémentaires de cette Michna.
La première est celle du Tiferet Israël, qui dit qu'il y a ici trois choses nécessaires pour réussir l'étude de la Torah. La première est la chkida, l'application. La chkida, c'est mitmid, persévérer. Comme on dirait en français, c'est prendre du temps, s'asseoir de longues heures pour étudier la Torah. C'est donc prendre son temps pour étudier beaucoup, pour connaître beaucoup.
La deuxième chose est l'approfondissement. Sache que ve-tshouvatsh, la réponse à l'apikoros, signifie aussi un approfondissement. Il ne suffit pas d'avoir des explications, c'est-à-dire une connaissance; il faut aussi approfondir. Le fait que tu puisses répondre à celui qui est contraire au judaïsme est le signe que tu as véritablement compris.
D'après le Tiferet Israël, les trois parties de cette Michna sont toutes nécessaires pour réussir l'étude de la Torah. La première, c'est prendre du temps. La deuxième, c'est approfondir, aller au fond des choses. Et la troisième…
Tu vas penser: « Moi, je passe tellement de temps, et je vais aussi approfondir, je ne vais pas pouvoir réussir dans ma vie. » Je vais te reprendre les mots du Tiferet Israël. Il dit: ]: pour pouvoir réussir l'étude, il ne faut pas être en souci. Si on est préoccupé tout le temps, on ne peut pas étudier, on a la tête ailleurs. Donc, des trois choses pour réussir l'étude, la première est de donner du temps, la deuxième de réfléchir, et la troisième de ne pas être en souci. Fais confiance au Créateur pour ne pas être en souci. Voilà une très belle explication du Tiferet Israël.
Maintenant, voyons ce que dit le Maharal de Prague. Il nous donne aussi une explication, et il explique quel est le rapport entre ces trois enseignements. Il nous dit la chose suivante: Rabbi Elazar ben Arakh a donné un enseignement sur la Torah qui est l'essence de l'homme. Il y a un verset qui dit… Il y a beaucoup d'explications là-dessus, et dans la Guemara on explique. Il y a une Guemara qui explique, et il a beaucoup parlé de cela.
Maintenant, il dit pourquoi. Il va vraiment répondre à la question que vous avez posée: pourquoi est-il important de savoir répondre à l'apikoros ? Il explique, et cela revient peut-être aux enseignements que j'ai entendus ces dernières minutes du Rav Cherki.
Kedei shéyigdal ha-émet ba-olam. Voilà ce qu'explique le Maharal: il ne suffit pas d'étudier pour nous. Ce n'est pas seulement que tu dois convaincre l'apikoros; tu sais très bien que tu ne vas pas le convaincre. Mais c'est pour que la parole de l'apikoros ne soit pas sa parole dominante dans le monde. Donc, tu dois faire l'effort pour que la vérité grandisse dans le monde. Car si on ne lutte pas pour nos vérités, finalement, le mensonge s'installe en vérité. Parce que le mensonge domine dans le monde.
Voilà l'enseignement du Maharal. Maintenant, quelle est la troisième partie ?
Ce n'est pas que tu vas étudier pour la récompense. Mais il faut pouvoir savoir qu'il y a une récompense, et cela ressemble un peu à ce qu'a dit le Tiferet Israël. Ne t'en fais pas parce que tu travailles tellement pour la Torah, pour toi, pour la Torah universelle, et tu n'as pas le temps pour toi: le Kadosh Baroukh Hou va t'aider, va te donner une grande récompense. Ce n'est pas que tu vas faire les choses pour la récompense. Comme on l'a vu dans le premier chapitre, on n'appelle pas notre but la récompense; mais savoir qu'il y a une récompense permet d'agir dans la réalité du monde.
Voilà l'explication du Maharal de Prague.
— On ouvre la radio, on écoute tous ces chkarim, et vraiment, vous parlez du shekel. Comment pouvons-nous faire cette différence ? Je sens à l'intérieur de moi que toutes les informations me préviennent qu'il n'y a pas de vérité. Comment trouver cette vérité ? Comment ?
— C'est une très bonne question, mais il ne faut pas trop écouter la radio pour pouvoir vivre normalement. Il ne faut pas trop écouter. Il faut rester… J'ai compris cela depuis longtemps, alors j'essaie d'écouter une fois par jour, mais ce matin je me suis… Non, vous avez bien raison. Je ne vous dis pas de ne pas écouter. Tout le monde peut écouter les informations. Je ne dis pas un rabbanout. Je crois dire qu'il est interdit d'écouter les informations ? Mais non, mais non, mais non. C'est permis. C'est important de savoir ce qui se passe et de comprendre. On vit dans le monde, on ne vit pas dans une bulle.
Maintenant, nous devons toujours réfléchir: qu'est-ce qui est vérité, qu'est-ce qui est mensonge ? Évidemment, il y a beaucoup de propagande, et on vit dans un monde où il est difficile de faire la part des choses. Mais il faut aussi faire attention à ne pas tomber dans la psychose, à se dire que tout est faux, qu'on ne nous raconte rien de vrai, que tous les ministères, tous les ministres ne font que mentir du matin au soir. Non, on parle ici du monde des valeurs. Il y a le monde des valeurs, celui de notre Torah. C'est pour cela que vous venez à des cours de Torah: pour bien connaître le monde des valeurs de la Torah.
Évidemment, il y a un combat, le combat entre les savaïm et les akoum, toujours dans le monde des valeurs. Nous …
Cours d'Orot veKelim
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