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Pirké Avot 2:4 : ne pas remettre l'étude à demain

Trois explications de Rabbi Yéhouda HaNassi sur « ne dis pas ce que tu ne peux pas faire entendre », et ce que cela enseigne sur l'étude.

47 min

Rav Shaoul David Botschko

Ensuite : Les cinq élèves de Rabbi Yochanan ben Zakaï dans Pirké Avot, 46 min

En bref

Le Rav Shaoul David Botschko commente la Michna du chapitre 2 des Pirkei Avot : ne pas dire ce dont on n'est pas sûr, ne pas dire ce qu'on ne voudrait pas voir répété, et ne pas remettre à demain l'étude possible aujourd'hui, en s'appuyant sur le Bartenoura, Rachi et le Tiferet Israël. Il aborde ensuite la Michna sur l'ignorant et le gêné, en montrant pourquoi l'étude de la Torah est indispensable à la survie du judaïsme sans jamais mépriser celui qui n'a pas pu étudier. Enfin, il évoque la mitsva de Shemitah, les trois solutions proposées aujourd'hui pour l'année sabbatique, et la mitsva de ne pas gaspiller les fruits.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chavouot tov à tous. Alors, on était à la fin de la Michna, daled du chapitre 2. D'abord, bonjour à tous et bonne santé pour tout le monde. Chavouot tov.

Chemalot Itané. Alors, on va expliquer la première partie de ce qu'on a dit maintenant. Un Thomas d'Abbas Cheyef Charlie Chmois: ne dis pas quelque chose qu'on ne peut pas entendre et qui va finalement être entendu. Le Rabbi Yom Tov de Bartenoura nous donne trois explications, toutes complètement différentes l'une de l'autre, sur le sens de cette phrase.

La première explication que donne le Bartenoura, il dit comme ça: ne dis pas des choses dont tu n'es pas sûr. Si tu n'es pas clair, il y a un danger que ce que tu vas dire soit mal interprété et amène les gens à s'éloigner de la religion, à avoir de mauvaises compréhensions. Alors, ce qui n'est pas clair, ne le dis pas. Al tomar davar chéeyn ichma, ne dis pas quelque chose, c'est yéiv'chara lichmoa, parce qu'il y a un danger qu'à la fin ça soit entendu différemment de ce que toi tu avais pensé. Ça, c'est la première explication.

La deuxième explication du Bartenoura, eh bien: ce que tu ne veux pas que ça se sache, ne le dis pas du tout. Les murs ont des oreilles. Très souvent maintenant, on entend quelqu'un a dit quelque chose, et puis il a été enregistré. Alors on ressort ce qu'il a dit il y a dix ans, quinze ans, vingt ans. Si tu t'es moqué de quelque chose, si tu as été… ce que tu ne veux pas qu'il soit entendu un jour ou l'autre, eh bien, il vaut mieux ne pas le dire du tout.

Cette Michna, qui a été écrite il y a tant d'années, est d'une actualité brûlante aujourd'hui, où les gens se font piéger par ce qu'ils ont dit. Quelquefois c'étaient des bêtises, et parfois c'était peut-être une pensée qu'on a eue, qu'on a glissée. Aujourd'hui, il y a des gens qui viennent vous parler puis qui vous enregistrent à votre insu, etc., etc. Eh bien, ce que tu ne veux pas qu'il soit su, bon conseil: ne le dis pas du tout. Voilà la deuxième explication du Bartenoura.

Et il y a une troisième explication, qui est de Rachi, complètement différente. La guemara, la version est différente. Au lieu de Al tomar davar chéeyn ichma, Cheyev Chabbat, au lieu que ne dis pas quelque chose qui ne peut pas être entendu, Rachi dit: ce n'est pas ça, le mot qui n'est pas inscrit dans la Michna. Rachi dit Al tomar davar chéeyn ichma: ne dis pas…

Mais je ne vais pas étudier aujourd'hui, parce que j'ai le temps de le faire demain. Ne dis pas: chef ichmoa, ne dis pas quelque chose que l'on peut étudier aujourd'hui. « Oh, mais je peux l'étudier demain. » Chéyn Sofo ichama. Non, non, non. Dès que tu as la possibilité d'étudier, étudie, et ne reporte pas au lendemain ce que l'on pouvait faire aujourd'hui.

Alors, ça, a priori, semble aller de pair avec la suite de la Michna, où c'est marqué: ne dis pas « lorsque j'aurai le temps, j'étudierai ». Peut-être que tu n'auras pas le temps, tu n'auras pas le temps.

A priori, il se pose la question: il y a ici une doublure, on dit deux fois la même chose. Le Tossefot Yom Tov explique que ce n'est pas deux fois la même chose. D'abord, il dit: si c'est deux fois la même chose, ce n'est pas grave, c'est pour renforcer. Et puis, ensuite, il nous dit autrement. Alors, on va lire le Tossefot Yom Tov: « … Lachon… … Bréthora. » Ne pose pas la question sur Rachi en disant: pourquoi a-t-on doublé la même chose deux fois ? Ça se résout d'abord. Premièrement, on a le droit de dire une chose deux fois, de deux manières différentes, pour la renforcer.

Il explique que la différence est la suivante, d'après le commentaire de Rachi, et ensuite on nous dit: ton étude personnelle, pas d'entendre quelqu'un d'autre. Baal Tomar lekshe efné eshné: lorsque j'aurai le temps, j'étudierai. Chemalot Itané: de peur que tu n'aies pas de temps. Il y a là-dessus un commentaire du Tiféret Israël qui est intéressant.

Nous dit le Bartenoura; on revient à la première explication du Bartenoura, qui nous avait dit qu'il faut être clair. On lit là-dessus le Tiféret Israël: c'est une injonction pour ceux qui enseignent la Torah, et en particulier ceux qui écrivent des livres, de ne pas dire les choses ridah, c'est-à-dire d'une manière qui est elliptique, qui n'est pas claire, qui est comme des devinettes, ye'ivchana bino… Raq sof achen youn gadot, qu'on ne peut comprendre qu'après une grande réflexion.

Et puis il dit qu'il faudrait aussi dire aux gens de ne pas mettre des rochettes et votes, de ne pas écrire leurs livres avec beaucoup de rochettes et votes. Comment est-ce qu'on dit en français… ? Par exemple, des initiales. Des initiales, voilà. Parce que ça rend l'étude très, très compliquée. Le moins d'initiales possible, nous dit le Tiféret Israël. Alors, en fait, même dans cette phrase chez lui, il y a deux, trois initiales. Mais ce sont peut-être des abréviations courantes, ou bien ça ne dépend pas toujours de lui, mais des imprimés.

Il y a un livre avec beaucoup, beaucoup, beaucoup d'initiales. On a fait une nouvelle édition: le Minchat Trilou. C'était extrêmement difficile à comprendre, parce qu'il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup d'initiales. Il y a des raisons pour cela: l'impression était très chère, et il fallait pouvoir écrire le maximum de choses dans le minimum de place, pour que tout ait une raison.

Maintenant, il y a encore une autre explication, ce que j'ai vu pour ce propos: lorsque j'ai le temps. On veut parler de quelqu'un qui est occupé. Il est vraiment occupé, et puis il a un petit peu de temps, et c'est pas mal d'être occupé dans ses affaires, etc. Et puis il a des moments de libre. C'est aussi, en fait, ce que dit le Tiféret Israël. Gam zou az hara… Il dit: quelqu'un qui est dirigeant, qui est très, très occupé, kol adam ataroud bouassaka, qui est très occupé avec ses affaires.

Il y a le pneu et le tsad…; même le tsad est en retard. Là, il y a un moment où il y a le monde, il y a un quart d'heure. Qu'est-ce qu'on peut faire avant un quart d'heure ? Parce que j'ai besoin d'avoir une heure ou deux heures libres. À ce moment-là, j'étudierai. D'accord ?

La vie est entièrement faite de petits morceaux, de petits morceaux de temps. En fait, même en cinq minutes, on peut étudier énormément de choses. Il dit: profite des moments que tu as de libres. Tu es très occupé, c'est d'autant plus sévère surtout si tu… travail, si tu donnes la parachа …

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