Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Pirké Avot 3:9 : sagesse, crainte du péché et actes

Pourquoi l'étude doit mener à la crainte de Hachem et à l'accomplissement des mitsvot, et non rester une simple connaissance.

44 min

Rav Shaoul David Botschko

En bref

Le Rav Shaoul David Botschko commente la Michna de Rabbi Hanina ben Dosa : la sagesse tient lorsque les actes la dépassent, et elle ne tient pas lorsqu'elle est sans actes. Il explique que l'étude de la Torah doit mener à la crainte du péché et à la pratique des mitsvot, et non rester un savoir abstrait. Le cours rappelle enfin les différentes formes de crainte d'Hachem, et la hiérarchie entre respect et amour.

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Alors, on va reprendre la Michna Teth. On a commencé, on a déjà parlé un petit peu, mais on n'a pas terminé. Michna Teth, Rabbi Hanina Ben Dosa. Voilà, Rabbi Hanina Ben Dosa, Omer. On a parlé, je crois, de ce qu'on a expliqué la semaine dernière, je ne sais plus très bien. Alors, bon, d'abord, bonjour à tous, bonne santé à tout le monde.

Rabbi Hanina Ben Dosa dit, ou plutôt, il disait en plus: « Kol she-maasav merubim mi-chokhmato, chokhmato mitkayemet », celui dont les actes sont plus nombreux que sa sagesse, sa sagesse tient. « Kol she-chokhmato merouba mi-maasav, en chokhmato mitkayemet », et tout celui dont la sagesse est plus importante que ses actes, eh bien, sa sagesse ne tient pas.

Alors, on voit ici, dans cette Michna, la sagesse mise en face de deux choses: la sagesse en face de la crainte du péché, et la sagesse en face des actes. Pour le Bartenoura, les deux parties de la Michna sont liées, et c'est là que Yira traite. La crainte du péché, c'est-à-dire les commandements négatifs; et lorsqu'on parle des actes, on parle des commandements positifs.

Je vais lire le Bartenoura, ce qu'il explique, et ensuite il faut encore ajouter un petit peu pour bien comprendre les choses. « Ni shamati », j'ai entendu, dit le Bartenoura: Che'ou Choshev, B'Ni Bo, El Mad, Mishfil She'yirechet, Beze, Aldavar, Shemru, Trilat, Amar Chabbat, Oussofa, Maase. Des choses magnifiques que nous dit ici le Bartenoura. Qu'est-ce que ça veut dire, qu'il précède la crainte du péché à la sagesse ? C'est-à-dire: quelle est son intention, quel est le but lorsqu'il étudie ? C'est une question importante.

Pourquoi on étudie ? Il paraît qu'il y a des gens qui étudient le Talmud parce que ça rend intelligent, d'accord ? Eh bien, nous, on nous dit que ce n'est pas ça, le but. Le but de l'étude, c'est pour pouvoir craindre Hachem, pour pouvoir faire les mitsvot comme il se doit. Alors, on nous explique ici le Bartenoura: qu'est-ce que ça signifie, Yirat chéto kodem leChokhmato ? Ce n'est pas qu'il y a deux choses, la crainte du péché et la chokhma.

Pourquoi il étudie ? Dans quel but il étudie ? Est-ce qu'il étudie pour faire les mitsvot ? Est-ce qu'il étudie pour faire attention de ne pas commettre de fautes ? Si c'est ça, c'est une étude valable. Mais si c'est une étude qui n'est pas liée à la crainte du péché, alors, il explique, et on va reprendre la suite.

Dit le Bartenoura: que la sagesse précède la crainte du péché, cela veut dire qu'il n'étudie pas dans l'intention de mettre en pratique. Il l'étudie dans l'intention d'avoir des courants de connaissances, non ? Mais cette étude n'a pas comme but de l'empêcher d'aller selon ses instincts, selon ses désirs, non ? Cette sagesse qu'il étudie, il va étudier dans la Torah des choses très belles, et finalement il ne va pas les mettre en pratique, il va en rigoler.

Voilà donc ce que nous explique ici le Bartenoura. Ensuite, pour la deuxième partie de la Michna, il nous dit: « Hachem Enkol Shema Sam Roube Mechokhmato, Hachem Maire Shézarit Me Mitzvot Tassé ». Fais attention au commandement positif. C'est-à-dire que, lorsqu'il étudie, il y a l'intention d'éviter les fautes, et il y a l'intention de faire des mitsvot. Voilà comment il explique les deux parties de la Michna. On remercie vraiment le Bartenoura pour ces lumières qu'il nous apporte.

Maintenant, on va encore essayer d'ajouter quelque chose. Salomon nous a déjà dit: Réchit ḥokhma yirat Hachem, le début de toute sagesse est la crainte de Dieu. Il faut savoir, je crois que j'en ai parlé un petit peu, que nous avons trois sortes de crainte, et puis l'amour. Nous avons l'amour d'Hachem: « Ve-ahavta et Hachem Elokecha », tu aimeras Hachem ton Dieu. Et puis nous avons yirat ha-onesh, la crainte de la punition. Et puis nous avons yirat ha-romemout, la crainte de la grandeur de Dieu. Et puis nous avons yirat ha-chet, la crainte du péché.

Ces mots ne sont pas équivalents. L'amour d'Hachem, c'est ce qui nous pousse. C'est un niveau très, très élevé devant Hachem. C'est quelque chose qui nous pousse à aller au-devant. Ce n'est pas quelque chose qui m'arrête, c'est quelque chose qui me pousse à faire mes choses. La crainte, c'est, voilà, un petit peu de peur, donc je fais attention. Et là, avant, j'ai de l'amour, donc j'avance. Alors on a besoin d'Ahava, d'amour, et de Yira. Maintenant, on va expliquer le rapport entre les deux. Mais d'abord, on va parler des trois sortes de Yira. Peut-être qu'on en a parlé la semaine dernière, mais on reprend, je crois que ce n'est pas un malheur.

Il y a Yirat ha-onesh, la crainte de la punition. C'est ainsi qu'explique Mesilat Yecharim dans son livre: il parle des trois sortes de Yira. Il dit: la crainte de la punition, c'est une crainte, bon, ce n'est pas un grand niveau, c'est avoir peur. Ce n'est pas de cette Yira-là qu'on parle dans la Michna. Et puis nous avons Yirat ha-romemout, c'est le respect devant la grandeur, la magnificence du Saint, béni soit-Il. C'est la crainte révérentielle. Et puis Yirat ha-chet, la crainte du péché, c'est encore quelque chose d'autre, selon l'explication de Rav Lutsato, dans Mesilat Yecharim.

Il explique comme ça: d'après lui, le premier niveau, la crainte de la punition, ce n'est pas un très haut niveau. Mais par exemple, au niveau du second tsadik, c'est déjà un grand niveau, parce que c'est déjà croire qu'il y a un Maître du monde qui juge. C'est déjà pas mal du tout d'arriver à cette prise de conscience. Mais ce n'est pas quelque chose qui nous met des freins. C'est la peur, et ce n'est pas bien de vivre dans la peur. Ce qui est important, c'est le respect devant cette grandeur, la magnificence de HaKadosh Baroukh Hou. Il a créé le monde, Il s'en occupe, Il peut tout faire. C'est extraordinaire, on va essayer de le suivre.

Et Yirat ha-chet, c'est quelque chose de plus intérieur. C'est faire attention à ce que l'on fait. C'est-à-dire ne pas se contenter de sentiments, de sentiments d'amour, de sentiments de crainte, mais aussi faire attention à ce que l'on fait. Par exemple, je peux crier sur quelqu'un et lui faire du mal. Je me suis laissé aller. Ce n'est pas que je ne crains pas Dieu, ce n'est pas que je n'aime pas Hachem, mais c'est comme ça, et voilà. Pour rien, on a vu un petit peu trop, et puis ensuite on a fait quelques bêtises.

Alors, la Torah nous dit yirat, « fais attention », non ? Et cette yira n'est pas exactement la même chose que yirat ha-romemout, la crainte révérentielle. En vérité, elle complète beaucoup la notion de crainte révérentielle. La crainte révérentielle amène à yirat ha-chet: elle essaie de faire attention à ce que l'on fait. Les Bné Moussar nous disent donc d'examiner bien nos actes, pour voir s'ils …

Cours d'Orot veKelim

Dans la même série

Éthique juive avec Pirké Avot (chapitres 1 à 3). 17 cours avec commentaires classiques sur la vie, les relations et la sagesse.

  1. 13
    Rabbi Elazar Ben Arakh : étudier, répondre, ne pas se laisser entraîner
    Trois conditions pour réussir l'étude de la Torah : y consacrer du temps, approfondir, et ne pas être accablé de soucis.
    42 min
  2. 14
    Les trois regards de Akavia ben Mahalalel
    Pourquoi se rappeler d'où l'on vient et où l'on va ne suffit pas sans la reddition de comptes devant D.ieu.
    46 min
  3. 15
    Trois à table et les paroles de Torah selon Pirké Avot
    La table comme autel : pourquoi la Michna compare un repas partagé au sacrifice ou à la table de Dieu.
    44 min
  4. 16
    La Shekhina parmi ceux qui étudient
    Pirké Avot chapitre 3 : pourquoi l'étude commune appelle la présence divine.
    47 min
  5. 17
    Pirké Avot 3:9 : sagesse, crainte du péché et actes
    Pourquoi l'étude doit mener à la crainte de Hachem et à l'accomplissement des mitsvot, et non rester une simple connaissance.
    En cours de lecture

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav