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La brisure des ustensiles et le désir de recevoir

Comment le monde était une multitude de points sans lien, et pourquoi la sortie d'Égypte précède le Tikkun.

1 h 02

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Tamouz, les yeux du temps et la sagesse divine, 1 h 03

En bref

Le Rav Yoël Benharrouche explique que la sortie d'Egypte a été un tri qui a révélé le choix d'Israël comme peuple chargé de faire connaître le nom de Hachem dans la création, et que le don de la Torah a donné à ce peuple les moyens d'assumer ce rôle. Il montre que la nature a été repoussée lors de la sortie pour sauver Israël, et qu'à la fin des temps la nature doit au contraire servir la Guéoula. Il développe enfin l'idée d'un travail en trois dimensions (droite, gauche, centre) qui doit guider toute action, et le rôle qu'Israël doit achever dans la réparation du monde.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chavoua tov, et encore une fois, Mechila pour mon absence, très très douloureuse pour moi essentiellement, mais il fallait faire ce que je dois faire, et donc on est là. La sortie d'Égypte, qu'on vient de terminer dans les lectures des parachiot d'avant, a été en fait le tri.

Avec un grand T, le tri qui a prouvé, rétroactivement, le choix divin du peuple d'Israël. En effet, le fait que HaKadosh Baroukh Hou sauve une nation parmi les nations, la nation qu'il a lui-même créée, ça veut dire qu'il a prévu pour cette nation un rôle.

Il ne pouvait pas encore être joué tant que cette nation était enfermée, emprisonnée entre les mains d'une autre structure, d'une autre mentalité, d'une autre psychologie. Tant que la nation d'Israël était étouffée au sein même de la nation égyptienne, il était impossible de retrouver l'identité d'Israël et, bien entendu, encore moins de jouer son rôle dans l'histoire.

C'est d'ailleurs ce qui se passe durant tous les exils. Lorsque les enfants d'Israël ne sont pas chez eux, ils ne peuvent pas jouer leur rôle, si ce n'est au niveau individuel, mais ce n'est pas ce que Dieu demande. Le rôle d'Israël étant un rôle national, il est nécessaire d'être sur sa terre en tant que nation pour commencer à jouer son rôle. Ce qui fait que la vraie naissance

Donc au moment où il y a sortie d'Égypte, il y a rétroactivement une prise de conscience du choix de Dieu concernant le peuple d'Israël, comme étant le responsable de dévoiler son nom dans toute la création.

Étape numéro 2: le don de la Torah, que nous avons lu hier, Parachat Yitro. Au moment du don de la Torah, c'est-à-dire que non seulement l'Éternel montre qui il a choisi, mais qu'il l'a créé spécifiquement pour jouer ce rôle.

Deuxième étape: le don de la Torah va dévoiler la volonté de ce Dieu créateur au peuple choisi. Comprenez bien que la sortie d'Égypte ne sert à rien s'il n'y a pas avec elle l'information nécessaire pour savoir ce que le peuple d'Israël doit faire dans le monde. Et donc, après la sortie d'Égypte, on peut enfin révéler ce secret, car ce secret était enfoui à l'intérieur de l'Égypte, dans une mentalité étrangère.

C'est-à-dire que les enfants d'Israël en Égypte se fondaient, se confondaient, parlaient avec une mentalité qui était de là-bas. Donc ils ne pouvaient pas connaître leur propre identité. C'est ce que fait malheureusement l'exil, et tous les exils: ils tuent lentement l'intensité de la spécificité, de l'identité de la nation d'Israël.

Et donc il était nécessaire de les libérer pour enfin libérer la volonté de Dieu, qui se révèle 50 jours plus tard, au moment du don de la Torah au Mont Sinaï. Il y a donc la volonté de Dieu et, en même temps, le peuple d'Israël prend conscience de sa capacité à révéler justement les valeurs du Kodesh. En effet, tant que le peuple d'Israël ne reçoit pas la Torah, il ne peut pas savoir qu'il est capable de la recevoir.

Parce qu'il s'agit là d'un feu dévorant, d'un feu divin, d'une structure qui dépasse l'entendement de l'homme. Or, aucune nation ne peut jouer avec ce feu divin si elle n'est pas capable de l'assimiler. Toute autre nation qui aurait voulu jouer à ça, ce serait brûler.

Et donc le peuple d'Israël ne brûle pas. C'est le fameux buisson ardent. Il se consume, mais il ne se consume pas. Il brûle, mais il ne brûle pas. C'est-à-dire que le seul peuple capable d'entendre les valeurs de l'infini sans brûler, sans mourir, c'est Israël. Et donc cela se révèle en même temps que le don de la Torah. Israël prend conscience de sa segoula, de sa capacité de base à réaliser la volonté, le but même de toute la création.

Mais Moshé ne s'arrête pas à ce stade. Moshé Rabbeinu connaît le secret: le fait de libérer Israël seul n'est pas suffisant. Et il va falloir d'autres exils pour libérer autre chose, en plus de ce qui a été libéré à la sortie d'Égypte.

Donc Moshé, au départ, refuse de faire sortir les enfants d'Israël d'Égypte. Pas parce qu'il veut les laisser là-bas, mais parce qu'il sait que si tout le tri se fait complètement, il n'y aura plus besoin de sortir dans d'autres exils.

Pour éviter les futurs exils, Moshé Rabbeinu dit: terminons le travail en Égypte, pour ne pas avoir encore une fois à sortir dans les exils différents qui nous ont empoisonnés jusqu'à aujourd'hui. Mais ce n'était pas possible. Pourquoi ? Parce que, comme nous le disons dans la Haggada de Pessa'h, si nous n'étions pas sortis d'Égypte à ce moment-là, nous n'aurions plus pu sortir.

On était arrivé à un degré où l'identité égyptienne avait presque avalé l'identité d'Israël, comme dans la fameuse parabole des vaches maigres et vilaines qui ont avalé les belles vaches sans pour autant grossir. C'est-à-dire que la puissance de l'Égypte, c'est d'avaler la lumière d'Israël, les belles vaches, sans pour autant en profiter, mais en éteignant l'identité d'Israël, Chas Vechalom.

Pour éviter cela, l'Éternel nous fait sortir d'Égypte avant le temps nécessaire. C'est ce qu'on appelle ripayon, la hâte, la vitesse, l'accélération du mouvement, pour que nous ne soyons pas avalés complètement en Égypte.

HaKadosh Baroukh Hou nous sort de là-bas avec une main forte, justement pour nous éviter de nous éteindre complètement. Le problème, c'est que cette sortie se fait d'une manière pas naturelle. D'ailleurs, la nature va gêner, et donc l'Éternel va repousser les lois de la nature d'une manière incroyable, à tel point que le liquide va devenir du sang, l'eau va devenir du sang, et toutes les plaies d'Égypte, qui ne sont pas naturelles, avec pour conclusion l'ouverture de l'eau. Tout ceci est en réalité hors nature. Pourquoi ? Parce que naturellement, on n'aurait pas pu sortir. Il fallait donc transcender les lois de la nature.

Mais la nature s'est plainte. Elle est allée voir l'Éternel en lui disant: « Mais tu m'as créée. Pourquoi tu me crées si, à des moments donnés dans l'histoire, tu me repousses ? » Et l'Éternel dit à la nature: « Tu as raison, complètement. Mais je t'explique: j'ai fait ça pour sauver mon peuple, parce qu'en sauvant mon peuple, je sauve mes intérêts divins. Car je dois me révéler dans le monde, et c'est ce peuple-là qui me révèle. Et là, si on était resté en Égypte ne serait-ce qu'une seconde de plus, mon nom ne serait jamais révélé sur terre.

Mais tu as raison de te plaindre, et je te promets, ma très chère nature, qu'à la fin des temps, dans la dernière délivrance, non seulement je ne vais plus te repousser, mais je vais t'utiliser. C'est-à-dire que la nature va jouer un rôle, et le temps va prendre le temps qu'il faut. »

C'est-à-dire qu'on n'ira pas plus vite que la musique pour faire la dernière Gueoula. Donc ne vous affolez pas. La Gueoula qu'on est en train de vivre maintenant, vous voyez qu'elle se fait petit à petit. Et elle ne se voit que pour ceux qui sont capables de voir …

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