Roch Hachana, jour du souvenir actif et de la techouva
Le souvenir, zikaron, commence l'année : il est actif, et il ouvre le dialogue avec l'infini.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Teroua, amitié et épouse : le Zohar sur le Shofar, 1 h 05
En bref
Le Rav Yoël Benharrouche explique que Roch Hachana marque le renouvellement du temps, chaque année portant une lumière divine particulière qu'Israël est chargé de faire descendre dans le monde. Il développe le sens du souvenir actif (zikaron) comme point de départ de l'année, et décrit les usages de la fête : habits blancs, repas festif, joie malgré le jugement. Il conclut sur la place de la simha, de la bonté et de la certitude dans le service divin.
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Alors, shalom à tous, shalom à toutes. Étant donné que nous sommes proches de Roch Hachana, du début du renouvellement, je vous rappelle que la notion de Chana (année) est une notion relative au temps. Roch Hachana, c'est le renouveau du temps. Il y a donc en fait des temps différents.
Depuis la création du monde, il y a 6000 temps différents qui correspondent à 6000 ans de la création. Ces 6000 lumières apparaissent chaque année, et nous sommes responsables de leur réalisation dans le monde. Ce sont des lumières qui nous viennent de l'Infini, béni soit-Il. Elles passent par le filtre du temps et de l'espace, pour gérer justement l'histoire humaine, avec le caractère qui est propre à l'année qui commence. Puisque chaque année a son propre caractère, de la même manière que les êtres ont des caractères différents, le temps lui aussi, comme l'espace, tous les éléments de la création ont des caractères différents, qui forment
comme une sorte de filtre par lequel passe la seule et même lumière infinie. Dieu ne change pas, ses vertus ne changent pas, son message ne change pas. Il est éternel, unique, dans une unité parfaite. Ce n'est que lorsqu'il traverse les filtres de la création, notamment les filtres du temps, qu'il prend une forme différente.
Nous devons donc travailler sur l'aspect que prendra la lumière lorsqu'elle apparaîtra dans notre monde l'année qui vient. Nous sommes coresponsables de la réussite divine de toute la création jusqu'à l'avènement messianique, qui dévoilera cette grande lumière d'une manière claire, précise, dans nos grandes actions comme dans nos petites actions.
Roch Hachana, étant donné que c'est la tête du changement, — vous voyez que ce n'est pas seulement la tête de l'année, mais la tête du changement — Chinouï, effectivement, c'est aussi la tête de l'année, donc de la notion de temps. Dans la Torah, elle s'appelle Yom HaZikaron, le jour du souvenir. On nous demande donc, effectivement, d'être dans le souvenir au départ de cette nouvelle année. L'année commence par un souvenir. La notion de temps renouvelé commence par un souvenir. C'est extraordinaire. On nous demande, au départ, puisque nous sommes à la graine de départ, de prendre ce souvenir.
En hébreu, le mot souvenir, zikaron, est lié à zakhar, c'est-à-dire à la notion masculine. La notion masculine est une notion qui met les choses en relief. Nous devons donc activer comme un homme, comme un côté masculin: nous devons être dans l'action du souvenir. Il ne s'agit pas d'une mémoire passive, mais d'un souvenir actif. En cela, il est zakhar, masculin. Nous devons mettre en relief, comme le corps de l'homme, le souvenir actif de ce pourquoi le monde a été pensé, de ce pourquoi le monde a été créé, de ce pourquoi nous sommes là, en tant qu'individus, dans tout ce programme.
Nous allons voir la Guemara du Talmud de Jérusalem, dans le traité qui traite de Roch Hachana, au premier chapitre, Halakha 3. Les Sages amènent des idées qui sont ensuite retenues dans un livre de halakha, le Tour Orach Chaim, et qui seront reprises à la fin du Siman 581.
Dans ce Siman, voici ce que nous dit la Guemara. Amar Rabbi Simon: Rabbi Simon nous dit: Ketiv ki mi goy gadol, il est écrit dans la Torah: « Qui est comme toi, Israël, une grande nation, ha-asher lo Elohim korovim elav ? »
Ce n'est pas une question, c'est une question rhétorique: aller chercher un autre peuple qui a un Dieu aussi proche de lui. Cela n'existe pas. Et comment sommes-nous témoins de cette proximité ? Nous sommes capables de L'appeler, nous sommes capables de Lui parler. Il s'est installé un dialogue entre Lui et nous. C'est quelque chose d'extraordinaire, qui dépasse l'entendement. Nous sommes dans un dialogue avec l'Infini, béni soit-Il. C'est facile, on a l'habitude de parler de Dieu, mais quand on réfléchit un tout petit peu, il s'agit de l'Infini. Comment l'Infini parle-t-il au fini ? Et nous sommes le peuple à qui l'Infini s'adresse et parle.
Je ne sais pas, hein, c'est pour vous quelque chose de naturel. Moi, j'ai peur dès que j'entends ça. L'Infini, béni soit-Il, s'adresse au peuple d'Israël sur terre. Vous vous êtes exaltés à l'idée que certains extraterrestres puissent entrer en contact avec les hommes. Là, c'est l'Infini qui entre en contact avec les hommes, et ce n'est pas quelque chose qu'on attend: c'est quelque chose qui a déjà été fait. Il nous a donné en plus la Torah, et il maintient ce contact, à l'infini.
Voici le verset, un verset de la Torah. Rabbi Hanina et Rabbi Yehoshoua disent: « Est-ce que vous avez déjà vu une nation qui soit, oumi-azo, comme cette nation-là ? » — en parlant, bien entendu, d'Israël — cheyot da'at ophiachel Eloheha. Là, on va entrer dans une résolution encore plus profonde: une nation qui connaît le caractère de son Dieu, le ophi, cheymin HaGosh El Olam, à tel point que nous savons comment nous conduire selon ce qu'Il est et ce qu'Il attend de nous.
Connaissant Son caractère à ce point, on se place exactement là où nous devons être, au moment où nous devons y être, et on fait les choses qu'il faut faire au moment voulu. C'est extraordinaire. Cela veut dire que le contact est tellement fort que je sais, par exemple — et qu'aucune nation ne sait, parce qu'aucune nation ne prend compte de cette information — que Roch Hachana, mardi soir, dans deux semaines, il y a un contact renouvelé pour recommencer la notion de temps pour une année nouvelle. Qui connaît ce secret ? Personne. Israël a reçu cette clé. Nous avons les clés du temps. Pendant que les nations toutes entières vont continuer leur vie, le peuple d'Israël va se réunir dans toutes les synagogues du monde pour célébrer cet instant de renouvellement.
Je ne sais pas si vous comprenez ce que je suis en train de vous dire. Chez vous, vous vous êtes habitués, parce que c'est marqué dans votre calendrier. Mais là, je dépasse la notion de calendrier. Je suis en train de vous dire que nous sommes les seuls à connaître ce secret, et il est tellement fort que nous savons même quoi faire pendant cet instant de renouvellement. Voilà ce que disent Rabbi Hanina et Rabbi Yehoshoua dans la Guemara.
Adam she-yesh lo din, un homme qui passe en jugement, généralement, lovesh shehorim: il s'habille en noir. Pourquoi ? Parce qu'il est angoissé. Il veut se faire tout petit, garder un profil très bas, parce qu'il a peur de ce que les juges vont décider. On le retrouve entouré de vêtements noirs, il se laisse même pousser la barbe, parce qu'il a peur, il est perdu, quoi. Ve-ein kotzrim tsipornayim: ils ne se coupent pas les ongles, ce qui veut dire qu'ils partent déjà perdants.
Chel she-eino yodea et yitsado, parce qu'il a une angoisse de ne pas savoir quel sera l'aboutissement de son jugement. Mais, cependant, Israël — — Israël, aucun rapport, ce n'est pas du tout ça. Lovshim levanim: ils doivent se mettre — et ils …
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