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Rouah HaKodesh et Nevoua : le potentiel et la révélation

Pourquoi le souffle divin reste en puissance, et comment la prophétie le fait passer dans la parole.

1 h 02

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Les sphirot, le triangle et le monde du tikoun, 50 min

En bref

Le Rav Yoël Benharrouche explique la différence entre Rouah HaKodesh, souffle divin présent en potentiel dans Israël dès sa création, et Névoua, la prophétie comme révélation d'une partie de ce potentiel par l'effort de l'individu. Il s'appuie sur le recueil Orot HaKodesh du Rav Kook pour montrer que la prophétie, bien que moins vaste que son réservoir, est jugée supérieure parce qu'elle est le fruit concret de la réalisation humaine. Le cours insiste aussi sur la fidélité à la nation comme condition de la prophétie et sur l'étude comme préparation des kelims pour recevoir la lumière.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

D'abord, ce n'est pas seulement nos dirigeants.

Ce sont avant tout les dirigeants, entre guillemets, religieux. Lorsque les événements arrivent, l'homme ne sait pas comment les appréhender. Il n'arrive pas à contenir la grandeur du moment, il n'arrive pas à contenir l'ampleur de l'événement. C'est comme si on donnait à un pauvre une somme d'argent trop grande, qu'il n'a pas l'habitude de recevoir.

Il a l'impression qu'on lui donne quelque chose de brûlant, il le lâche et il se sauve. Pour avoir une Gueoula qui soit acceptée, il faut préparer les Kelim pour cette lumière, et c'est ce que nous essayons de faire dans nos cours. Nos cours ne sont pas des informations données aux élèves, ce sont des préparations, des ustensiles afin de recevoir la lumière. C'est en cela que c'est différent de toute étude et de tout programme, parce que nous sommes là pour préparer, pour ne pas rater la prochaine fois, qui est en train de se mettre en place sous nos yeux, de recevoir justement ce que nous sommes en train de recevoir.

Vous comprenez bien que nous sommes face à des événements grandioses, et si on ne sait pas les retenir, les contenir, ces événements peuvent nous passer entre les mains.

C'est pourquoi cette peur arrive chaque fois que quelqu'un n'est pas prêt à recevoir, qu'il n'a pas appris à recevoir, qu'il n'a pas appris la réception, la kabbale. Des grandes lumières lui sont données et il ne peut pas les tenir. Il se dit: c'est trop bouillant, c'est trop brûlant pour moi. C'est pourquoi les religieux de l'époque et les hommes d'État de l'époque n'ont pas su garder les choses entre leurs mains. C'était trop soudain.

Aujourd'hui, nous devons nous préparer à tous ces événements, parce que les choses vont aller très vite. Grâce à cette étude d'Ezrat Hachem, nous fabriquons des Kelim assez solides pour pouvoir contenir, accepter, retenir et recevoir toutes ces lumières. C'est en ce sens que l'étude de la kabbale est importante, parce que c'est un ustensile de réception.

D'ailleurs, c'est relié au cours que j'ai préparé pour ce matin, qui va traiter de la prophétie et de ce qu'on appelle le Rouah HaKodesh. Vous savez que dans les notions de nos sages, il y a deux formulations: ou bien Nevoua, ou bien Rouah HaKodesh. Quelle est la différence entre Rouah HaKodesh et Nevoua ?

Je vais essayer tout doucement de développer ce sujet aujourd'hui. Rouah HaKodesh, je traduis: le souffle du Saint, béni soit-Il. Pas un souffle de sainteté, mais le souffle du Saint, béni soit-Il, c'est-à-dire un souffle divin. Et Nevoua vient du mot Nivé Sefatayim, c'est-à-dire les lèvres. La formulation est déjà au niveau du verbe. En tout cas, il y a un mouvement qui s'opère: dans Rouah HaKodesh, le mouvement n'est pas encore là; dans Nevoua, les lèvres commencent à bouger.

Je vous ai déjà un petit peu mis en place la teneur du cours. Maintenant, nous allons développer cela dans le texte.

D'abord, il faut comprendre que la prophétie est la condition sine qua non pour garder, pour observer le lien entre le Créateur et sa création. Il est très important que le lien soit maintenu, et donc le Créateur, en finissant de créer le monde, met en place

un système de liens pour revenir, en quelque sorte, se révéler dans sa propre création, de laquelle Il s'est retiré, je vous le rappelle, au moment même de la création. C'est ce qu'on a appelé le Tsimtsoum. Le Tsimtsoum est un retrait, alors que la Nevoua, la prophétie, est un retour, un lien qui opère: la volonté divine dans ce monde, c'est-à-dire ce qui permet aux êtres de la recevoir à nouveau, de l'entendre et d'activer ce mouvement. La prophétie est donc un trait d'union, mis en place par le Créateur du monde pour garder un contact avec Son monde.

Cette prophétie peut venir sous la forme de la Torah. Toute la Torah est une prophétie: elle est donnée, entendue, reçue par un peuple tout entier, qui a été fabriqué pour être capable de recevoir cette parole divine. Jamais la Torah, ni autre chose, n'a été donnée à des hommes de cette manière. Il n'y a que le peuple d'Israël qui ait une histoire pareille, où le Créateur du monde revient pour faire passer, par lui, les valeurs qui correspondent à la nature de ce monde.

Aucune nation ne peut inventer une histoire pareille. Elle est tellement grandiose que ça ne peut qu'être vrai. Et donc, si le peuple d'Israël est capable d'entendre et de recevoir la Torah, ce que nous fêtons à Chavouot, c'est que le peuple est déjà prophète. Ce que j'ai dit tout à l'heure, que Dieu a mis en place un système pour garder le contact avec Sa création, ce système s'appelle Israël.

Israël est donc le prophète de toutes les nations du monde, et pas seulement des êtres humains, mais aussi des animaux, des végétaux et des minéraux. C'est par Israël que le contact est gardé entre l'infini et le fini. À chaque fois que Dieu fait quelque chose, Il utilise Israël, passe par lui, et opère ce qu'Il a à opérer, fait ce qu'Il a à faire.

C'est pour cela que le peuple d'Israël s'appelle Nevi'im. Tout le peuple est un prophète dans son entité collective. Il s'agit maintenant de développer cette prophétie, entre guillemets, au niveau individuel. Autrement dit, l'individu que nous sommes doit être fidèle au collectif. Comment sait-on si l'on est fidèle au collectif ? Eh bien, on devient prophète soi aussi, on arrive à prophétiser.

Un prophète est donc un homme individuel qui s'est élevé, entre guillemets, qui s'est élargi et qui est devenu comme le peuple, même s'il reste un individu. Plus tu vis au rythme de ta nation, plus tu retrouves, tu récupères la prophétie, car elle appartient à la nation. Et si tu vis au rythme de la nation, tu deviens toi-même ce que tu es dans ta nature la plus profonde, c'est-à-dire un prophète.

Le devoir de chacun d'entre nous est donc d'être fidèle à sa nation. Qu'est-ce que cela veut dire ? Être à la place où se trouve cette nation, parler le langage de cette nation, vivre l'histoire de Dieu qui passe par cette nation.

Vous comprenez donc que tout ce que nous avons reçu dans la Torah, ce sont tout simplement des amplificateurs de la prophétie. Ce sont des moyens pour amplifier le contact entre le Créateur et la création, et c'est une condition sine qua non pour garder le lien et, le cas échéant, ramener l'ordre qui a été défait.

S'il y a un ordre dans ce monde, un rythme dans ce monde, un sens à la vie, toute faute ou toute erreur commise par les hommes est une sortie du système. La prophétie est là pour ramener les éléments au système qu'on vient de quitter. C'est donc une remise en ordre.

La prophétie remet en ordre ce qui est dans le chaos. C'est pourquoi les deux mille ans qui ont précédé le don de la Torah s'appellent deux mille ans de Tohu. Pourquoi ? Parce qu'il y a tout, mais …

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