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La descente en Égypte, exil et sortie d'exil

Pourquoi l'exil est voulu par Hachem, et ce que signifient les descentes de Yossef et de Yehouda.

1 h 14

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Moché devant le buisson ardent et le cadenas de l'exil, 1 h 06

En bref

Le Rav Yoël Benharrouche explique que l'exil fait partie d'un plan voulu par Hachem : Yaakov descend seul en Égypte, et chaque exil sert à récupérer des étincelles dispersées, afin de faire passer l'homme du domaine de l'unité au domaine du pluriel puis de le ramener vers l'unique. Il montre comment la sortie d'Égypte a libéré la parole divine et donné naissance au peuple d'Israël, dont la mission est de délivrer l'humanité. Il conclut que l'exil ne se surmonte pas en le niant mais en en recueillant ce qu'il contient, car la Gueoula est déjà cachée à l'intérieur de la galout.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Aujourd'hui nous allons parler, Be'ezrat Hachem, de la notion de descente en exil, qui correspond au sujet de la paracha de Vayehi, qui clôt le livre de Béréchit. Nous devons comprendre quels sont les tenants et les aboutissants de cette descente en Égypte, et d'une manière générale la notion d'exil et de sortie d'exil.

Voici notre programme pour aujourd'hui. Il nous reste encore une minute. Pour commencer, on va laisser les gens nous rejoindre; je vois que ça se rajoute au fur et à mesure. Be'ezrat Hachem, juste pour vous dire que la paracha de Vayehi est une paracha qui est bouchée dans la Torah. On appelle cela une paracha setouma. Et pourquoi est-elle bouchée ? Tout simplement parce que l'exil est une extinction des lumières, mais c'est quelque chose de voulu, de prévu. Bien entendu, il a un début et il a une fin. Il y a donc quelque chose qui est prévu par l'Éternel lui-même dans la notion d'exil. On va commencer par les attachés: Yeridah, la galout, la notion de descente. Am Yisrael levado.

Le peuple d'Israël seul, c'est le seul peuple qui a reçu le joug de l'exil, c'est-à-dire la possibilité de cette notion d'exil. Parmi les descendants, ni Ismaël ni Essav ne sont descendus en exil.

Il n'y a pas d'exil, ni pour Ismaël, ni pour Essav. Lo Yishmaël ve lo Essav yarédou Mitsraïm. Yaakov levado yarad. C'est Yaakov qui est descendu, seul. Et nous disons dans la Haggada de Pessa'h quelque chose de très important qu'il faut comprendre: anous 'al pi haDibour, forcé par la parole divine. Autrement dit, il s'agit là de quelque chose de prévu d'avance: cette descente en Égypte vient parce que, dans le programme inhérent à la vie, inhérent à la structure de la vie, on prend en compte cette notion d'exil. Il y a donc quelqu'un, le Créateur lui-même, qui est derrière cet exil. Autrement dit, même la descente en exil fait partie d'un processus qui est voulu, qui est pensé.

## Le domaine de l'unique et le domaine du pluriel

Et on va essayer de comprendre pourquoi. Yetsi'a, la galout, ou azivat reshout hayaḥid, lehotsi reshout harabim. D'abord, il faut comprendre, au niveau kabbalistique, que la notion de galout, c'est quitter ce que l'on appelle reshout hayaḥid, le domaine de l'unique, de l'unité, pour sortir dans la pluralité, reshout harabim. Dans cette seule phrase se cache énormément de secrets. Nous savons que reshout hayaḥid* n'est pas seulement un domaine dans la Guemara de Chabbat, où l'on parle de reshout harabim et de reshout hayaḥid. Ce ne sont pas seulement des mesures et des lieux. Ce sont avant tout des notions, savoir se situer dans un domaine.

Dans le domaine de l'unique, donc dans le domaine de Dieu, dans le domaine de l'unique, de l'absolu, béni soit-Il; ou bien tu aurais quitté ce domaine pour te trouver dans le domaine des détails de la vie, que l'on appelle le domaine du pluriel.

Vous comprenez qu'il s'agit là de quelque chose de très profond. Parfois, nous devons sortir alors que nous sommes naturellement dans le domaine de l'unique, puisque c'est Lui qui nous crée, puisque nous venons de la lumière, donc forcément nous sommes liés à cette lumière. Nous sommes tous, à la base, dans ce domaine qu'on appelle reshout hayaḥid, le domaine du privé, de l'unique.

Et à des moments donnés dans la vie, nous devons faire un passage de ce domaine de l'unique vers le domaine du pluriel, rabim, rabbim, plusieurs. C'est-à-dire que nous devons quitter, à des moments donnés, notre vision unitaire de la vie pour rejoindre une notion de pluriel, dans laquelle se trouvent certaines étincelles que nous avons perdues. Il est donc nécessaire d'aller les récupérer pour les ramener dans la frontière du Kodesh.

Ces étincelles ont été perdues au moment même de la création du monde — c'est voulu — et au moment de la faute du premier homme, pendant les cent trente années où il a quitté son épouse. Justement, à ce moment-là, pendant ces cent trente ans, des étincelles de vie ont quitté le premier homme. Je ne rentre pas aujourd'hui dans ce détail, mais c'est un cours à part entière. Nous devons aujourd'hui, durant six mille ans d'histoire, récupérer ces étincelles. Il y aura donc, dans l'histoire d'Israël, des sorties en exil. Vous comprenez bien que ces sorties en exil sont dirigées par le Maître du monde, afin de nous aider à aller dans le domaine public, dans le domaine des nations, dans le domaine de la pluralité, pour ramener des éléments qui nous appartiennent et les ramener dans le domaine de l'unique, dans le domaine divin.

Tant que ces étincelles ne sont pas revenues à leur maison, ce sont comme des hommes et des femmes qui ont été kidnappés par nos ennemis et qui se trouvent dans des tunnels. C'est exactement la correspondance. Et nous avons le devoir d'aller les chercher, parce qu'elles font partie de notre structure unitaire. Sans elles, on perd quelque part cette notion d'unité. Le devoir, c'est donc d'aller les chercher et de les récupérer. Il faut tout faire pour cela. Bien entendu, on n'est pas prêt à payer tous les prix, mais certains prix sont apparemment nécessaires pour faire ce travail.

Dans cet exemple, nous avons vu Lavan, qui était le maître de ce domaine public, et Yaakov qui est descendu chez lui pour aller récupérer deux étincelles essentielles, Léa et Rachel. Léa et Rachel ne sont pas deux femmes qu'il a trouvées chez Lavan; ce sont deux étincelles divines qui ont été perdues du domaine de l'unique pour se retrouver dans le domaine du pluriel. Yaakov doit savoir les reconnaître, les épouser et les ramener dans le domaine de l'unique. C'est ce qu'il fait durant sa vie. De ce phénomène va apparaître le peuple d'Israël, puisque nous sommes les descendants de Rachel et de Léa. Il y a donc ici une structure nécessaire.

Dans cet ordre d'idées, chaque exil nous pousse à récupérer des étincelles d'un genre différent. Il y a des étincelles qui correspondent à des valeurs de lumière, mais de différents niveaux. Par exemple, dans l'exil d'Égypte, on est censé libérer plusieurs choses. Je vous parle de l'exil d'Égypte, puisque c'est le début de l'exil en Égypte, dans les sections de la Torah que nous lisons. Yaakov descend, et tous les frères descendent en Égypte, où se trouve déjà Yosef. Vous comprenez que Yosef a été envoyé là-bas, et c'est d'ailleurs ce qu'il dit aux frères: « Vous, vous croyez que vous m'avez vendu, mais en réalité il y a un processus divin qui m'a envoyé bien avant vous, pour préparer la récupération de toutes les étincelles qu'on a perdues durant la faute du premier homme, après la faute du premier homme. »

Nous sommes donc tous en Égypte, puisque c'est le domaine, géographique et au niveau mental, duquel il faut libérer ces étincelles qui ont été faites prisonnières. La sortie d'Égypte va donc être un nombre d'enfants d'Israël qui représente, en fait, toutes les âmes perdues par le premier homme. S'il y a 600 000 hommes de vingt à soixante ans qui sortent …

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