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Bétsalel et la combinaison des lettres

Comment les lettres de la Torah servent à créer, à nommer et à révéler la lumière divine dans le monde.

1 h 08

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : La descente en Égypte, exil et sortie d'exil, 1 h 14

En bref

Le Rav Yoël Benharrouche explique le rôle de Betsalel, l'artisan du Mishkan, qu'il présente comme capable de combiner les lettres par lesquelles Hachem a créé le ciel et la terre, et donc de bâtir une image du monde dans le lieu saint. Il développe la notion de trois saintetés (des êtres, du temps, du lieu) et montre pourquoi la sainteté du lieu, liée à la terre d'Israël, ferme la voie à une pratique réduite à la seule religion. Il conclut en évoquant la transmission continue de la Torah et la manière dont les puits creusés par Avraham, Yitzhak puis Yaakov illustrent le dévoilement progressif de la lumière divine.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Alors, on commence. Aujourd'hui, nous allons parler de la combinaison des lettres, c'est-à-dire de la formation de tout. Je peux dire de tout, puisque nous pensons l'être, nous rêvons l'être, nous parlons l'être, et la création du monde tout entière a été faite avec des lettres. Il est donc très important de connaître et de se connecter aux lettres hébraïques, aux lettres qui appartiennent au Saint béni soit-Il.

C'est-à-dire que le Saint béni soit-Il a voulu partager toute sa bonté, son essence et son vouloir de cette essence, par des lettres, par des mots, par un verbe, par l'établissement d'un dialogue entre Lui et toute la création. L'essentiel de notre lien avec Dieu est donc un lien de dialogue, installé par Sa décision à Lui, qui nous arrive…

Et lorsque nous vivons ces lettres, elles acheminent vers nous la volonté divine, au point même de devenir des prophètes et d'entendre les lettres avec lesquelles le monde fut créé. Pourquoi je vous parle de tout cela ? Tout simplement parce que nous sommes cette semaine déjà dans la paracha qui va commencer à traiter de l'établissement du Tabernacle.

Du Temple du désert. La paracha va donc traiter, après avoir traité de la sainteté des êtres, après avoir traité de la sainteté du temps. Pour les êtres, c'étaient les Kohanim, avec les différents degrés d'impureté, qu'il faut éviter, et dont il faut se protéger. Et après, la sainteté du temps, avec le Chabbat et les fêtes. Nous avons déjà vu tout cela dans la Torah, jusqu'à la paracha d'aujourd'hui, Téroumah.

Et dans la paracha de Téroumah, qu'on va lire Chabbat qui vient, Be'ezrat Hachem, nous allons traiter d'un nouveau degré: la sainteté du lieu. La sainteté descend donc jusqu'au niveau du lieu, des mesures terrestres.

Et c'est ainsi que l'on termine encore une fois le fameux triangle, puisque nous avons traité de la sainteté des êtres, de la sainteté du temps, et maintenant de la sainteté du lieu. La sainteté du lieu est un degré très important, puisqu'il nous empêche, en fait, de tomber dans la religion. En effet, ceux qui n'ont pas conscience de la sainteté du lieu, comme celle de la terre d'Israël, par exemple, peuvent facilement tomber dans le degré religieux, où l'on n'a pas besoin du lieu précis de la terre d'Israël pour pratiquer la Torah et les mitsvot.

Ils ne s'attachent alors qu'à deux degrés sur les trois: la sainteté de l'être et le respect des temps, Chabbat et fêtes. Alors que le Saint béni soit-Il introduit dans notre existence une troisième sainteté, très importante, qui achève le triangle: la sainteté du lieu. C'est pourquoi quelque chose s'est passé dans notre histoire il y a 75 ans, 80 années. Au moment où nous sommes revenus sur notre terre, c'est la sainteté du lieu qui a pris sa place, d'une manière assez brutale, alors que pendant 2000 ans, nous n'étions que dans deux des trois saintetés.

La sainteté des hommes, qui observaient la Torah et les mitsvot, et la sainteté du temps, ces mêmes hommes qui observaient le Chabbat et les fêtes. En fait, le judaïsme s'arrêtait à ces deux degrés. Et donc, malheureusement, il pouvait tomber dans la notion de religion, ce qu'il n'est pas. C'est pour cela que, dans ces 80 dernières années, il y a eu une introduction de la troisième sainteté, qui vient clôturer les deux autres: la sainteté du lieu.

À partir de cela, la Torah ne peut plus se réaliser d'une manière déconnectée de sa terre, et l'homme ne peut pas réellement se réaliser dans le judaïsme en dehors de sa terre. Nous avons donc maintenant les trois degrés, qui sont les uns dans les autres, car il faut les trois: la sainteté du lieu, la sainteté du temps et la sainteté de l'être. On appelle cela en hébreu Hachan, Olam, Shana, Nefesh. Dans la traduction littérale, c'est la fumée. Il n'en est rien. La fumée veut dire, en hébreu, trois degrés de dévoilement.

Pour l'instant, nous ne sommes pas encore sur la terre d'Israël. Nous venons de sortir d'Égypte, je vous le rappelle, et nous sommes donc dans une évolution permanente pour arriver vers cette terre où nous devions entrer, onze jours après la sortie d'Égypte, après le don de la Torah. Le problème, c'est que les explorateurs qui ont fauté ont allongé le temps de quarante ans. Au lieu d'entrer directement en Israël après le don de la Torah, on a erré dans le désert pendant quarante ans.

Arbaïm shana akout bedor va'omar am to'ei levav hem. Comment traite-t-on ceux qui errent dans le désert tout en restant religieux ? En respectant le Chabbat et les fêtes, en mettant les tefillin, tout ce que vous voulez. Am to'ei levav hem: un peuple qui se trompe, qui se perd. To'ei, avec un tav. To'ei levav: leur cœur n'est pas à la bonne place. Pourquoi ? Parce qu'ils n'ont pas compris l'importance de ce troisième pôle, la sainteté du lieu.

Ils tournent donc dans le désert en restant religieux, comme on peut tourner aujourd'hui parmi les nations du monde en croyant respecter les lois du judaïsme. C'est quelque chose de très important. Et pour arriver à cette terre, il faut un moyen intermédiaire, puisque nous sommes dans le désert: la création du Tabernacle, le Temple du désert, le Mishkan.

Pour créer ce Mishkan, il faut bien comprendre qu'il doit respecter les valeurs de la source. Il faut savoir que ce n'est pas l'édifice d'un monument, d'un immeuble, d'une création humaine dans laquelle on va décider de faire entrer Dieu à l'intérieur de ses murs. Bien entendu, ce serait du grand n'importe quoi; il faut faire très attention à cela. Là aussi, il s'agit d'un mouvement du haut vers le bas: c'est l'Éternel qui demande que nous fassions, dans ce monde, un édifice qui respecte et qui reste fidèle aux valeurs de l'absolu. J'espère être clair dans mes propos. Le Mishkan doit donc être un reflet, une réflexion parfaite de ce qui se passe dans les mondes d'en haut.

Ce sera donc le premier lieu. Bien que nous soyons encore dans le désert, nous avons parlé de la sainteté du lieu: on va donc introduire une sainteté de lieu, bien que dans le désert, en chemin vers la terre d'Israël. Ce tabernacle va servir jusqu'à l'arrivée en terre d'Israël. C'est comme une mini-forme d'Israël, avec des mesures précises, avec un dévoilement précis des valeurs supérieures.

Pour cela, il faut quelqu'un qui soit à la hauteur de ces valeurs supérieures: non seulement qui les connaisse, mais qui arrive à voir l'ombre de ces valeurs. Vous savez que l'ombre ne ment pas. Lorsque vous marchez, votre ombre reflète votre corps. Eh bien, il faut la refléter, sous forme d'ombre, les valeurs divines. En hébreu, l'ombre se dit tsel, et il faut donc aller dans l'ombre, Betsel El, à l'ombre de Dieu. C'est le nom de la personne qui a érigé le Temple: Betsalel. Ce n'est donc pas le nom d'un type qu'on a trouvé, qui était un peu doué en artisanat, non. C'est un choix divin.

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