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Torah, techouva et exigence de pureté dans l'étude

Pourquoi l'étude de la Torah exige une évolution intérieure, et comment la prière, le repentir et les actes se rejoignent.

52 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Torah, techouva et la lumière divine au mérite du monde, 44 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon poursuit l'étude du chapitre 10 d'Orot HaTechouva du Rav Kook et revient sur le lien entre l'étude de la Torah et la techouva. Il explique que le texte de la Torah, et plus encore les textes d'ésotérisme qui parlent de la lumière divine, exige une élévation du comportement et une pureté intérieure, faute de quoi on ne peut pas les aborder. Il décrit la prise de conscience de l'âme, qui perçoit ses propres manquements comme un écran, puis le désir profond de techouva qui doit s'appuyer sur une prière sincère pour se réaliser dans les actes.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

On va, si je ne me trompe pas, on n'a pas encore touché la fin du chapitre 10. Tu as marqué ça la dernière fois, Moshe ? — Oui, le Père Ekyoud, mais je crois qu'on est vers la fin. — On va essayer de toucher les deux derniers paragraphes, à la fin du Père Ekyoud. Le thème de ce passage, on en a déjà parlé et j'y reviens encore: c'est la relation qu'il y a entre la techouva et la Torah dans son étude.

La Torah, c'est un message d'étude. Il y a une vitalité qui s'appelle étudier la Torah, une rencontre avec un message. Ce message est celui qui a été révélé à nos ancêtres de par Hachem, et qui nous a été transmis jusqu'à nous par eux. C'est un message divin qui nous propose un programme de vie, dans lequel il s'agit de faire évoluer notre vie, de la faire changer. C'est une proposition de comportement évolutif qui fait de nous quelqu'un de meilleur.

Mais l'expérience de la rencontre avec le texte de la Torah, qui est l'étude, est une expérience très spécifique, qui n'a pas son équivalent dans d'autres études. Parce que c'est une expérience de kedoucha, dans laquelle on est en contact avec une volonté divine, touchée avec une sensibilité et une présentation du divin, avec toute sa beauté. Mais quand elle arrive à nous, elle arrive avec un message d'exigence de comportement. Le texte de la Torah ne se livre pas à celui qui n'en est pas digne. Et l'homme qui aborde le texte d'étude, à tous les niveaux de l'étude de la Torah, doit sentir, et en tout cas est obligé, avec le temps, de réaliser qu'il doit évoluer, dans un sens de pureté et de tikkoun, pour être à la hauteur de cette étude. Sinon, ça ne marche pas.

Il y a toutes sortes de niveaux dans la Torah, c'est sûr. Être à la hauteur de la rencontre qu'on fait à travers l'étude de la Torah, qu'est-ce que je veux dire ? Il y a des zones dans lesquelles l'expression de l'exigence du comportement n'est pas toujours explicite. Par exemple, quand je donne des textes que vous ne connaissez pas, ce genre de texte, enfin, je pense que non: des textes ésotériques, qui parlent de Kabbale, par exemple, sont des textes dans lesquels on essaie de parler de la façon dont la lumière divine se livre au monde. En principe, à ces niveaux-là, on parle de lumière. Or, en fait, on ne peut pas aborder ce texte si on n'est pas à la hauteur, au niveau d'un comportement digne de cela.

Et c'est ce que le Rav va nous dire ici. On va rentrer dans le détail tout de suite. Le Rav va insister sur le fait que, quand on veut pénétrer des textes dans lesquels il y a une rencontre avec la lumière divine, des textes de l'ésotérisme juif, on se rend tout de suite compte qu'il y a une exigence au niveau de notre qualité intérieure, de notre pureté, de notre comportement, pour pouvoir pénétrer ces textes. Sinon, on sent qu'on ne peut pas. On va prendre le texte bientôt.

— Quel est le risque pour celui qui étudie sans, sans y être préparé ?

Il y a toutes sortes de possibles, dont celui dont tu as parlé à la fin, qui est de devenir cinglé. Un autre, c'est de perdre sa émouna. Perdre sa émouna, tout mélanger. Et il y a aussi une dimension, tout simplement, de s'impurifier, de se salir, qui est une faute. Et chaque fois qu'on fait un péché, on paye. Un homme qui est pur et qui s'impurifie fait une faute, il paye. Comment on paye ? De toutes sortes de façons. On peut payer de toutes sortes de façons, on peut glisser sur une peau de banane.

Non, je te dis aussi, ça peut être physique. Une faute est payée, aussi, à un niveau physique, dans certains cas. Isourim. La notion d'isourim est une notion très, très générale. Je te dis, un isour, c'est quelqu'un qui cherche une clé dans sa poche droite alors qu'elle est dans la poche gauche, ça aussi ce sont des isourim. C'est à très petite échelle, hein.

— C'est vrai. C'est quoi, un isour ?

— Une souffrance, une entrave.

— Et ça se vérifie à chaque fois ? Pour qu'une personne fautive, il y aurait quelque chose ?

— Tu sais, je ne te dis pas qu'on va faire un doctorat de vérification. Je te dis, de façon générale, il faut savoir qu'il faut faire attention, il ne faut pas faire de bêtises. Il y a d'abord un problème, qui est un manque de respect par rapport à la kedoucha. D'abord. Mais quand cette situation-là est franchie, alors, si c'est une faute, on paye chacun, de toute façon.

Bon, maintenant, rentrons dans notre texte: Keshé holkhim bederekh iyoun hatahor ba'elokiout. On va expliquer peu à peu. Mergish ha-adam be'atzmo, sheyesh massakh ha-mavdil beno ou ben ha'asagot ha-behirot.

La neshama, en elle-même, connaît que ce que nous voyons ici, ce sont des actes et des conditions qui ne sont pas bons. Et tout de suite elle s'éveille dans le cœur, elle s'éveille pour une techouva complète, pour la grandeur de la techouva. Et parfois, beaucoup de fois, elle ne s'éveille pas pour ce qu'elle voit, alors qu'elle s'éveille... Atefila ra'anana, ve'az yachouv maya nagvoura liyot mefakeh, ve'olekha la neshama. Traduisons d'abord et essayons d'expliquer.

Keshé olkhim be-derekh iyoun atahor: lorsqu'on se lance, on marche dans le chemin de l'étude pure, iyoun atahor. Ils appellent ça elokiout, la divinité. Ce sont essentiellement les textes kabbalistiques, les textes de la Hassidout aussi, qui parlent de la rencontre avec la lumière divine. Ça parle de ça. Le mot qui est utilisé souvent dans ces textes-là, c'est or lui-même. Disons, moins.

Déjà, ici, la façon dont un texte du Tanakh est analysé peut-être, dans certains cas, il faut lire des analyses du Tanakh. Ça dépend par qui, comment elles sont faites. Mais cette même lecture du Tanakh, a priori, est peut-être déjà moins exigeante que des textes qui parlent plus spécifiquement de ce genre de choses.

— Non, ce n'est pas la Michna, c'est la littérature, c'est la Guemara.

— D'accord. Le Midrash.

En tout cas, le Rav dit: quand on s'occupe d'études de ce qu'il appelle elokiout, c'est-à-dire le divin, le sujet, c'est la rencontre avec le divin, la rencontre avec l'esprit, la rencontre avec la kedoucha. Alors, dit-il: Mergish ha-adam be'atzmo, l'homme sent de lui-même qu'il y a un massakh, un écran, ha-mavdil beno, qui le sépare, ou ben ha-asagot ha-behirot, entre lui et la compréhension des hauteurs.

— Qu'est-ce que c'est, massakh ? C'est comme ça, non ?

— Un écran. Un écran qui sépare entre lui, d'une part, et les hasagot, le fait d'atteindre, de comprendre. Lehassig veut dire atteindre. Le mot qui est utilisé pour comprendre un sujet profond, délicat, c'est assaga. C'est quelque chose que tu dois chercher à atteindre, qui est haut, et pour lequel tu dois faire un effort. On utilise ce mot aussi physiquement pour …

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