La Torah, un cadeau du ciel pour vivre ici-bas
Pourquoi la Torah est un chemin de vie concret, et comment l'âme juive y rencontre la lumière divine.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Volonté divine, nature et Techouva chez le Rav Kook, 48 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon présente la Torah comme un cadeau du ciel destiné à permettre à l'homme, dans sa complexité, de vivre à la fois sa responsabilité humaine dans ce monde et sa relation au divin, en Erets Israël. Il expose le principe de la techouva, qui permet de corriger rétroactivement ses fautes et de réorienter son cœur. Il explique enfin comment la volonté (ratzon) et la connaissance (daat) doivent s'unir, et comment la faute obscurcit cette union et ferme l'accès à la lumière de la Torah.
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Tu n'es pas devant un édifice que tu peux comprendre et dans lequel tu peux grandir jusqu'à la fin de ta vie. Dans le monde de la Torah, tu te trouves devant un cadeau méchagué. Vraiment. C'est un message qui a été préparé par le ciel pour permettre à l'homme, dans sa complexité, d'aller de l'avant. Et à l'intérieur de ce message, il y a une intelligence inouïe, dans laquelle tu rencontres en plus le Créateur du monde, celui qui a fait ton nefesh, et celui qui est la source de vie de la dimension la plus profonde de ton être, qui est ton âme.
Et la Torah, il faut être conscient de ce qu'on a. On ne connaît pas notre bonheur. Peut-être qu'on le connaît en réalité, mais ça se dit comme ça.
Et je pense que, de plus en plus, le monde entier lorgne vers ce qui se passe en Erets Israël, en prenant conscience qu'il s'y passe des dimensions de vitalité qu'ils auraient bien voulu vivre. Quand on parle de l'âme d'Israël, « Israël », c'est un drôle de beau nom. L'être juif, c'est un drôle de beau nom. C'est quand même quelqu'un qui n'est pas courant.
Je sais que, quand j'étais dans mes études de physique, en France, à la Cité universitaire, boulevard Jourdan, on avait souvent l'occasion de parler entre nous et avec tout le monde. Il y avait des juifs, les juifs étaient éparpillés partout. Je n'étaient pas à la « maison d'Israël », ça n'existait pas d'ailleurs. Mais dans nos rencontres, c'était, pour moi en tout cas, impressionnant de voir, de sentir à quel point mon intuition de Dieu et ma émouna instinctive vers l'unité de Dieu et de Kodesh étaient… ce n'était pas ce que je trouvais chez les autres. Et ça m'a pris du temps, au début, de réaliser que j'étais quand même différent.
Malgré le fait que, enfin, j'ai une tradition… je ne parle pas de moi. Enfin, nous portons une tradition juive qui remonte très haut, quand même, et il y a tout un monde, mais nos générations… Une grande partie de nos générations a quitté le monde de la Torah, est entrée dans le lycée français. Ils savent qu'ils sont juifs, il y a quelque chose, mais c'est… c'est assez vide à l'intérieur, beaucoup d'égoïsme. Mais n'empêche qu'au niveau instinctif, je me sentais, dans certaines discussions, quand on parlait de la émouna en Dieu et tout ça, très, très différent de mes amis non juifs.
Mais surtout, surtout des non-croyants. Là, ça allait très, très loin dans la différence de sensibilité par rapport au monde. Mais en tout cas, malgré le fait que nous sommes différents, je crois qu'on est profondément malheureux si on n'a pas de Torah, parce qu'on se sent avec quelque chose et on n'arrive pas à donner une issue à cette dimension.
Quand tu commences à retrouver la Torah, dès que tu vois un monde de Torah authentique, dès que tu commences à rencontrer ce mélange merveilleux de présence dans ce monde et de kedoucha, tu sens quelque chose d'autre, d'autre chose. Mais cette Torah est exigeante pour vraiment la comprendre, pour vraiment la vivre. On a besoin d'une disponibilité intérieure et d'un chinouh, d'une éducation intérieure, qui n'a pas son équivalent.
Et la raison profonde, à mon sens, je crois que ça peut se dire comme ça, c'est que l'intention du Créateur, au niveau de l'homme d'Israël, c'est de créer un peuple qui est capable de vivre pleinement sa responsabilité humaine dans ce monde et sa relation profonde au divin. C'est un peuple spécial, de la même façon que cette terre est une terre spéciale. Elle s'appelle Erets HaKodech. Elle s'appelle Erets HaKodech.
Mais il faut savoir… Moi, je me souviens de ces chiourim que nous donnait le Rav Tsiouda. Et il disait les choses quelquefois de façon très simple, en insistant. Et il faut comprendre un peu le message. Il disait, en parlant du monde spirituel des Goyim: « Et pourtant, nous-mêmes… »
… en portant nous-mêmes un besoin de Kodesh qui n'a pas son équivalent. Il n'a pas son équivalent. Comment ? Quel ? À nouveau, tu vas traduire toi-même. Il parlait à nouveau des Goyim de façon générale. Ces Goyim, quand ils s'intéressent à la spiritualité, ils sont chamaïm, célestes. Mais Am Israël, toi et moi et nous, nous sommes artsiim. On a été fait pour vivre ici. Et la dimension de la Chekhina, qui est l'intention divine de vivre dans ce monde, ça se passe ici, ça ne se passe pas ailleurs, ça se passe ici. Il faut vivre ici, dans ce monde, dans notre vie.
Et la Torah, c'est une rencontre constante avec la vie. Kasher, c'est kasher, c'est plein de choses. Manger kasher, c'est ainsi pour… C'est toute une série d'exigences, mais qui te mettent en contact avec… tu es obligé de savoir ce qu'est une bête, comment ça marche, comment ça vit. Ne pas mélanger lait et viande. Des notions de temps: tu as une notion du temps extraordinaire à travers le Chabbat. La façon de vivre le Chabbat t'oblige à prendre conscience du temps à la seconde. C'est une Torah de vie dans ce monde.
Maintenant, dans le projet divin, l'homme idéal, c'est un grand homme. Ça va très loin, quand je vous dis… c'est quelqu'un qui est capable, normalement… Le projet, dans son idéal, c'est un bonhomme, préparez-vous, qui vit 120 ans et qui unit le ciel et la terre. Tu vois à quel point il faut se rendre compte aussi, dans ces zones-là.
Oh, car, Béézrat Hachem, chacun de vous va trouver sa compagne, va se marier. À quel point les gens, les spirituels du monde entier, s'étonnent du fait que nous vivions notre vie de mariage, notre vie de couple, tout en étant les plus spirituels que l'on soit ! Il y a une quantité énorme d'humanité qui se sent l'obligation de quitter sa femme et de se mettre de côté pour vivre une vie spirituelle sérieuse. Chez nous, ce n'est pas du tout comme ça.
Et moi, je me souviens… Je voulais peut-être raconter une fois, mais… Moi, j'ai été marqué par un de mes grands maîtres, le Rav Meir Yehouda Gates, qui était le Rav du Kotel, Zichronô Tsadik Livrakha, vraiment. Et il nous avait raconté, je vous ai raconté ça aussi, je crois, une fois, mais c'est bon à être redit et redit encore. Il nous avait raconté qu'une fois, au Kotel, il avait rencontré un médecin mefoursam, gynécologue. Et il lui avait raconté tous les dynimes de ce qui se passe dans un couple juif, et il ne les connaissait pas. Il était ébahi, époustouflé, transformé de la quantité d'intelligence qu'il y a dans cette périodicité de la vie du couple.
À quel point l'intelligence divine est capable de remettre en vie un couple, comme s'il commençait à nouveau, à neuf, se retrouver ! Et tous les gens mariés qui sont là vous diront que c'est vrai. Et vous, Bekarov, Bézrat Hachem, vous me direz que c'est vrai.
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