Techouva, faiblesse de la volonté et harmonie retrouvée
Pourquoi l'hésitation du penitent en chemin de Techouva n'est pas un échec, et comment la faute rompt l'harmonie intérieure.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Techouva et volonté : la noblesse de la volonté droite, 52 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente le Pérek Tet de Pirkei Teshouva (Samer Hey, Paragraphe Dalet à Vav) : la teshouva réveille la véritable volonté de l'âme, mais elle traverse une phase d'hésitation et de fragilité qui n'est pas un défaut moral mais un temps de maturation. Il met en garde contre le fait de rejeter, par zèle de teshouva, des forces positives mêlées à la faute, et explique que la faute commise en acte rompt l'harmonie entre la volonté et la connaissance. Il conclut que la passion qui a conduit à une faute peut être recanalisée vers la lumière et le bien plutôt que détruite.
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Nous nous retrouvons donc dans notre édition pour techouva, l'Or et Sillon, à la page Samer Hey, Pérek Tet, Seif Dalet, paragraphe Dalet. Je lis. Tu as le texte à lire ? Tu as ça, Yonatan ? Oui, c'est la page Samer Hey. Au bas de la page, sur ta gauche. Paragraphe Dalet, sur ta gauche.
— Non ? Riffion ? Non. Riffion, a ratzon. Abba, mitoch ashikoua ha tediri bachouva, af al pi shou chousha goufanit ve nafshit, shi tzlicha refoua. En kol makom yishba gam ken harbe min ha adinout ve ha tzilout ha mezakechet eta rouach.
Dans l'aventure de la techouva, quand elle est prise au sérieux, il y a une remise en question de nos forces et de nos engagements.
Pourquoi faire techouva ? Parce qu'on est conscient, quelque part, qu'il y a quelque chose qui ne va pas. On remet donc en question, en partie, ce qui jusqu'à présent était considéré comme valable. On est prêt à enlever en nous, à déraciner même, à la limite, parfois de façon douloureuse, des tendances que nous portons en nous et qui se sont avérées négatives.
On essaye de faire vivre des positions positives, qui sont mises en compte. On essaye de les faire vivre, et on n'y est pas encore habitué. On est un peu au début de notre marche, il y a donc aussi un chancellement du début de marche. Et tout cela se traduit par un certain manque d'assurance, qui se traduit aussi au niveau de la volonté.
Ce que dit le Rav ici, c'est qu'il y a un affaiblissement, ratzon, de la volonté. On a vu dans Pérek Tet qu'à travers la techouva, on réveille des dimensions authentiques de la véritable volonté de l'homme. La véritable volonté profonde de l'âme, c'est elle qui se révèle à travers la techouva. D'un côté. Mais d'un autre côté, si tu regardes au niveau de ton conscient comment cela se passe, il y a quand même une rencontre avec notre conscient, avec toute une série de remises en question d'une part, et des essais de faire vivre des forces qui ne sont pas encore vivantes en nous. Tout cela prend son temps.
Il y a donc un affaiblissement de la volonté. Le Rav nous dit que cet affaiblissement provient d'un engagement. Il y a un engagement constant dans la techouva. Af al pi she'ou chouchah goufanit ve nafshit, quoique ce soit finalement une faiblesse. Aussi bien au niveau physique de l'action, parce qu'il y a une hésitation qui se traduit au niveau du comportement: on n'est pas encore engagé, on ne connaît pas encore. Et aussi au niveau nafshi, au niveau de la volonté intérieure, des décisions: on ne sait pas encore, ce n'est pas suffisamment mûr intérieurement, il y a des questions qui se posent.
Il y a donc une faiblesse quelque part. Cependant, dit le Rav, cette faiblesse a besoin d'être guérie. Avec le temps, une fois que la techouva s'engagera et qu'on aura acquis plus de maturité, les rejets du négatif seront déjà bien acquis en nous, et on n'aura plus besoin de lutter contre eux. Les bonnes habitudes seront déjà de plus en plus engagées, et la faiblesse disparaîtra. Le Rav nous dit donc que tout cela a besoin d'une guérison. Cela viendra avec le temps, avec la maturité des engagements, aussi bien négatifs que positifs.
Mais, en même temps, mi kol makom, yesh bagam ken arbe: même dans sa situation présente, avant d'arriver à sa guérison, cette situation de quelqu'un qui hésite, qui est en train d'essayer de faire techouva, sans trop savoir où il en est en réalité, exprime quelque chose de très beau, de très fin. Elle exprime finalement la volonté de l'être de vivre cette techouva, d'accepter cette difficulté de soi-même, avec une douceur, une spiritualité authentique, comme dit le Rav.
Cette situation d'hésitation, mi-kol makom yesh bagam ken arbe, mina adinout, de la délicatesse, ve'a tzilut, de la noblesse, hamezakekhet et haroua'h, qui est capable de purifier notre esprit.
Quand certaines personnes sont très délicates, tu les vois très délicates, tu les sens peut-être trop délicates. Parle quand même, non ? Engage-toi, fais-toi… Mais de notre côté, tu réalises qu'il y a derrière cette délicatesse toute une prise de conscience très positive.
Ce que dit le Rav: pesha, c'est une faute, c'est-à-dire quelque chose qui manque. Il manque quelque chose à la personnalité à ce niveau de la techouva. On est en train de se remettre en question, et quelque chose manque. Ce manque, on peut l'appeler pesha, c'est quelque chose qui ne va pas. Mais on comprend. Al kol pesha'a, malgré toutes ces difficultés, seulement tera'sehava, l'amour, c'est-à-dire la prise de conscience du positif qu'il y a dans cette attitude. Cela recouvre finalement tout et fait tout admettre.
C'est vrai que dans l'aventure de la techouva, il y a des moments où l'on se retrouve un peu affaibli. C'est vrai qu'il y a des moments où l'on se trouve balbutiant et en recherche de soi-même. Nakhon. Mais c'est bien. C'est beau. Kol kavot, que tu es quand même capable de te remettre en question, que tu vas plus loin, et que tu as quand même la la émouna de savoir qu'avec le temps les choses vont s'arranger. Quelqu'un qui n'est pas prêt à s'engager dans la techouva, c'est autre chose. Celui-là, il a pris le courage de s'engager.
Le paragraphe Ayin, on l'a vu la dernière fois. Je reviens un peu dessus, parce que c'est un texte tellement central. Je ne sais pas si vous étiez là, à ce cours-là, Éli et Nathan. Je vais le redire pour vous, parce que le message est important. Il dit: en faisant techouva, il faut faire attention à faire techouva sur ce sur quoi il faut faire techouva, mais pas sur ce sur quoi il ne faut pas faire techouva.
Souvent, dans notre prise de conscience de quelque chose qui ne va pas, les forces qui sont en nous sont très mélangées les unes aux autres. Il y a différentes tendances qui sont en nous en même temps. Je prends un exemple: quelqu'un qui se met en colère. C'est sûr que c'est mal. Le Zohar, quand il parle de la colère, dresse les cheveux sur la tête en disant à quel point c'est négatif. Mais dans cette colère, il y a peut-être quand même une prise de conscience, une forme d'esprit critique.
Mais d'un autre côté, faut-il respecter ses parents au point d'annuler tout esprit critique ? Je vais faire techouva sur cette colère, donc je fais techouva dessus: cela les juge, j'arrête complètement, je ne remets plus en question mes parents, moi c'est ma façon d'être… Bon. De l'autre côté, on dit non, ce n'est pas évident. Ce n'est pas évident que tu aies le droit de te permettre d'annuler ton être face à l'opinion de parents qui ne sont peut-être pas forcément justes.
Dans le monde de la Torah, par exemple, un baal techouva se retrouve parfois avec des parents qui ont leurs propres habitudes. Nous avons devant nous le principe de *kavod ha-av …
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