Techouva après Roch Hachana : le temps des Dix Jours
Pourquoi la techouva se travaille entre Roch Hachana et Kippour, et pourquoi elle coûte un peu d'énergie.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Techouva, providence divine et amélioration du monde, 43 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente la fin du chapitre Tet du cours sur la teshouva et Rosh HaShana, à partir du passage consacré aux dix jours entre Rosh HaShana et Kippour. Il explique que la teshouva ne se limite pas au changement de bonne volonté mais doit atteindre l'acte, et qu'elle permet de transformer rétroactivement son passé en déracinant les engagements négatifs. Il montre que ce travail affaiblit provisoirement l'homme, comme après un électrochoc, et que la joie de Souccot vient ensuite lui restituer sa vitalité purifiée.
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Écoutez, je vous propose, on va voir un peu comment ça évolue, de prendre quelque chose qui se trouve à la fin du chapitre Tet, qui, je crois, n'a pas encore été vu, malgré le fait que c'est quelque chose de très actuel. Premièrement, on est au centre de l'époque la plus puissante pour la techouva.
On est à l'intérieur de ce qu'on appelle, comme vous le savez, Assérèt Yemei Techouva, qui sont les dix jours entre Roch Hachana et Kippour. Dans tous nos textes, nous le savons, et nos maîtres nous en parlent souvent, c'est une époque bénie. C'est l'occasion ou jamais, pour chacun de nous, de profiter de ce moment pour essayer de corriger quelque chose qu'on n'a pas réussi encore à corriger depuis qu'on est sur cette terre. Ça ne manque pas, ce genre de choses, mais c'est un moment béni. Et vous verrez que si vous essayez, vous aurez une bracha spéciale pendant ces dix jours. C'est connu. Assérèt Yemei Techouva, c'est l'époque où quelqu'un peut arriver à corriger des tendances qu'il porte en lui, qu'il essaie de corriger et qu'il n'arrive pas à corriger.
Maintenant, si vous voulez, on va prendre un texte à la fin du chapitre Tet qui parle un peu de notre époque, c'est-à-dire de ce moment de l'année, spécialement consacré à la techouva, ce temps qu'il y a entre Roch Hachana et Kippour. Le jour de Roch Hachana n'est pas un jour de techouva. Le jour de Roch Hachana, il n'y a pas de vidouï. Comme vous le savez, on ne se confesse pas le jour de Roch Hachana. Comment ? C'est le siman que l'on veut: on exprime le fait que l'on veut rejeter toutes les fautes que l'on porte au monde. Il n'y a pas de techouva, en principe, c'est-à-dire que tu ne fais pas un retour sur chaque détail de ce que tu as mal fait, mais de façon générale, tu fais le tachlikh pour exprimer que tu veux te libérer de tout le poids des fautes que tu portes sur toi.
Mais l'essentiel du jour de Roch Hachana, c'est une prise de conscience de notre dossier. Et c'est accompagné, apparemment, par ce que normalement un dossier comme ça devrait donner. C'est-à-dire qu'on est jugé le jour de Roch Hachana. Si quelqu'un n'évolue pas, il reste dans cette situation-là. Seulement, HaKadoch Baroukh Hou a donné, à l'intérieur de notre calendrier, une époque bénie qui est faite pour corriger. Et vous verrez, ceux parmi nous, je pense que c'est tous, je le redis encore, je l'ai déjà dit, mais je le redis encore,
qui essayent de rentrer un peu dans leur cœur, et de voir leurs tendances, et de voir qu'il y a certaines choses qu'on n'arrive pas toujours à corriger. Essayez de corriger, ça va marcher. Vous verrez. Si vous voulez vous occuper un peu de vos yeux, il y a beaucoup de travail, comme vous le savez. C'est le moment ou jamais d'essayer de le faire, et vous pouvez acquérir en dix jours, enfin presque dix jours, jusqu'à Kippour en tout cas, la capacité de corriger des choses.
Maintenant, en principe, la techouva et le din, la décision qui nous concerne comme jugement à cette époque de l'année, c'est quelque chose qui se conclut à la fin de Chavouot, à la fin de Souccot. C'est Hochana Rabba, où, en principe, on ferme le dossier. Mais ce dossier est en marche pendant toute cette année. Il faut en profiter, même si ça fait peur. Enfin, vous, vous êtes des gentils garçons, que du pouvoir. On va lire quand même le tout début du paragraphe Yod de ce chapitre Tet. Tu veux lire ? Tu veux essayer de lire ?
— Tu lèves ta voix très fort. Mais tu lèves ta voix, mais pas très vite.
Le message en deux mots, ensuite on rentrera dans le détail des paroles, mais le message en deux mots, c'est: si on prend notre époque et qu'on la consacre vraiment à une techouva authentique qui marche, sachez quand même qu'il y aura une dimension de difficulté, une certaine lourdeur qui va s'installer en nous par le fait que l'on remet en question notre monde intérieur. Une faiblesse. C'est dit pour des gens sérieux, quand même.
Je prends le texte avec vous. HaTechouva: cet effort que l'on fait de rentrer rétroactivement dans tout notre passé pour essayer de corriger. Et ça, c'est le don divin qui nous donne la capacité de corriger rétroactivement toute une série de comportements, ce qui n'est pas une chose évidente. A priori, quelque chose qui est fait, c'est fait, puis c'est fini. HaKadoch Baroukh Hou nous donne la possibilité de faire techouva, non seulement au niveau de changer de direction et d'être capable de mettre en marche des forces et des engagements autres que ce qui était avant, mais encore beaucoup plus. C'est de l'ordre du miracle, il faut en être conscient. C'est-à-dire que si on travaille sur ça, on est en train d'utiliser un potentiel de miracle qui est en nous, qui est celui de retransformer notre monde aujourd'hui, en ayant la capacité de rentrer rétroactivement sur notre passé, et que notre aujourd'hui change comme si notre passé avait changé.
Grâce à notre force actuelle, on est capable de corriger rétroactivement nos comportements, de dépister et de trouver des engagements qui étaient des engagements négatifs, qui étaient à l'époque acceptés par nous-mêmes, que l'on a faits peut-être même de tout notre vouloir. Et on essaie de faire, et on peut, rentrer dans toute la vitalité qui a accompagné ce genre d'engagement négatif, la changer, et, dans un premier temps, se repentir, déraciner un engagement négatif, et, dans ce même genre de choses, prendre des engagements positifs dans cette direction.
Grâce à cet effort que l'on fait aujourd'hui, c'est comme si, en réalité, depuis cette époque vers laquelle on a fait le Chouva, on était décédés. Vous vous rendez compte de ce que ça veut dire ? On change rétroactivement notre passé. C'est de l'ordre d'une rencontre avec l'Eternel, qui dépasse aussi le temps, comme son nom l'indique.
D'un autre côté, si on comprend, et nous le comprenons, nous savons ce que c'est. Si nous faisons l'effort de prendre conscience de la complexité de la structure de l'être humain, et de ce mélange qu'il y a entre la nécessité de mettre chez l'homme des forces qui le poussent à vivre —
parce que sinon, il ne peut pas vivre — et le fait que ces forces sont aveugles. Une partie des forces vitales que l'on porte en nous-mêmes ne sont que des tendances. Elles ne vont pas plus loin que ça, et nous sommes pris par ces tendances-là. Elles ont leur raison d'être, parce qu'elles permettent la vie. Mais dans la mesure où elles sont aveugles, s'il n'y a que ces tendances, il n'y a pas de tête qui les dirige. Ça risque de faire des bêtises. C'est pour ça qu'on arrive, à travers notre pensée, premièrement, de plus en plus avec le temps, à structurer nos tendances. Mais il nous est donné encore plus. Dans la mesure où l'on sait qu'au début c'est très difficile …
Cours d'Orot veKelim
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