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Techouva et Rav Kook : la maladie comme appel au retour

Le Rav Yaakov Nahon présente Orot HaTechouva et explique comment le corps et la souffrance appellent à la techouva.

54 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Techouva et unité du divin dans les deux infinis, 52 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon présente Orot HaTechouva du Rav Avraham Yitzhak HaKohen Kook, livre de la Tchouva écrit pendant la Première Guerre mondiale, et explique la place que le Rav Kook donne au retour du peuple juif sur sa terre dans le cheminement de la Tchouva. Il montre comme le Rav Kook distingue trois niveaux de Tchouva : naturelle au niveau du corps et de la nefesh, alimentée par la émouna et la tradition, puis intellectuelle. Le cours s'ouvre sur la Tchouva corporelle, où l'on apprend que les fautes ont des conséquences sur la santé, individuelle et collective, et que la Torah et la médecine éclairent ce chemin de réparation.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Orot HaTechouva est un livre du Rav Kook, le Rav Avraham Yitzhak HaKohen Kook. Au Makhon Meir, nous sommes des admirateurs des grands messages du Rav Kook. La plupart des enseignants ici, ou une grande partie d'entre eux, sont les élèves, ou les élèves d'élèves, du fils du Rav Kook, c'est-à-dire le Rav Tzvi Yehuda Kook, qui était le Rosh Yeshiva de Merkaz HaRav et qui, dans mon cas, a eu la chance et la joie d'être mon maître pendant des années. Par exemple, celui qui a fondé le Makhon Meir, le Rav Dov Bigon, a grandi à côté du Rav Tzvi Yehuda Kook, le fils du grand maître Avraham Yitzhak HaKohen Kook, dont vous avez une photo ici.

On ne juge pas selon les photos, mais c'est quand même impressionnant, cela vaut la peine d'être vu. Le Rav Kook est quelqu'un qui a marqué son époque et qui marquera aussi les époques qui suivent, dans la mesure où c'est un voyant qui voyait juste. Il a été très discuté de son temps lorsqu'il parlait du retour en Israël, lorsqu'il parlait au nom de la Torah et disait que le moment était venu de monter en Israël. Il a expliqué en long et en large comment se vit une rencontre avec la terre d'Israël et son retour à travers la lumière de la Torah. Certains l'ont discuté, d'autres étaient ses ennemis, d'autres étaient des admirateurs sans fin, mais l'histoire a montré que les choses se sont passées selon ses regards. La Shoah a été malheureusement une conclusion désastreuse, du fait que ceux qui n'étaient pas d'accord avec lui avaient tort.

Je vais vous raconter une petite anecdote que j'ai déjà dite dernièrement, mais je la raconte à nouveau parce qu'elle situe un peu le personnage. J'étudie depuis déjà une quarantaine d'années avec mon ancien directeur d'école, qui était en Israël quelques années avant moi, il y a cinquante ans, disons. Quand il était monté en Israël, lui aussi était très attaché au Rav Kook, et il avait posé la question au Rav Tzvi Yehuda: comment se fait-il que le Rav Kook soit une personne tellement contestée ? Comment se fait-il qu'il se présente comme le Maran, comme le dirigeant de son époque, et que cependant il ait été contesté ?

Le Rav Tzvi Yehuda avait décidé de répondre à cette question à différentes étapes, en disant: « Écoute, viens me voir à Tzfat pendant quelques Chabbats. » C'était à l'époque où l'on pouvait voir le Rav Tzvi Yehuda, il suffisait de lui parler, et il n'y avait pas autour de lui cent cinquante ou deux cents personnes. Pendant les premiers cours, il m'a raconté, mais je n'étais pas là, il m'a raconté que le Rav Tzvi Yehuda a énormément insisté sur le devoir de respect que l'on a envers tous les Talmidei Chachamim d'Israël. Tous ceux qui ont consacré leur vie à l'étude de la Torah doivent être respectés, entendus, écoutés avec déférence.

Après avoir dit cela pendant quelques semaines, il a ensuite dit: « Il faut quand même que tu comprennes un peu qui était mon père. Mon père était quelqu'un qui savait tout. C'était un spécialiste de la halakha, ça, tout le monde est d'accord. Même ses plus grands ennemis sont d'accord que, au niveau de ses responsa en halakha, ce sont tous des chefs-d'œuvre. Mais c'est en même temps un grand Mekoubal, quelqu'un qui connaissait dans toute son extension ce qu'on appelle Machevet Israël, la pensée juive. Et il a effectivement réussi à introduire en Israël, dans le programme d'étude, une grande partie des yeshivot, pour le moins, les grands penseurs juifs, comme Yehouda HaLevi, le Rambam [...]. Alors que les yeshivot, en général, ne sont pas tellement tentées d'aller chercher dans la pensée juive, elles préfèrent étudier uniquement la Guemara. »

Le Rav Kook insistait énormément sur le fait que, pour comprendre son époque, il faut savoir ce que c'est que la pensée juive dans toute son extension: le Maharal, Rabbi Yehouda HaLevi, comme je vous l'ai dit, tous ces grands penseurs. C'était quelqu'un qui connaissait la philosophie humaine en long et en large, qui connaissait l'humanité, qui était profondément ouvert à toutes sortes de choses. Et quand il a pris son rôle, il a été le Grand Rabbin d'Israël. Il y a toujours eu une rabbanout ashkénaze en Israël, mais quand l'aliya ashkénaze a commencé, il a fallu un rav ashkénaze. D'abord il a été le rav de Tel Aviv, ensuite le rav de Jérusalem, plus tard le grand rabbin d'Israël, et il était profondément impliqué dans la vie.

Il avait des ailes qui le faisaient aller très, très loin, et un cœur qui brûlait d'une mystique extraordinaire, pleine de vie. Mais c'est un homme qui avait, avec tout cela, les pieds très, très, très sur terre. Très. Quelqu'un qui était très proche des difficultés de l'agriculture en Israël, des difficultés de la médecine en Israël, qui était intervenu de toutes les manières possibles, et qui avait réussi à aider à faire marcher le Yichouv en Erets Israël.

La difficulté, c'est que ceux qui s'opposaient au Rav Kook étaient des gens spécialistes de ceci ou de cela, mais qui n'étaient pas capables de voir tout en même temps. La vision du Rav Kook était celle de quelqu'un qui, en tant que dirigeant du peuple, voyait tout ce qui se passait en même temps. C'est autre chose. C'est quelqu'un qui peut parler, quelqu'un qui a une ouverture vers toutes les écoutes qu'il y a. C'est la grandeur du Rav Kook: un homme qui était grand partout. Et son fils aussi était grand partout. Nous étions vraiment impressionnés quand nous nous approchions de cet homme. Mais son père, d'après ce qu'on dit, et d'après ce qu'il disait lui-même, était beaucoup plus grand que lui.

Ce texte d'Orot HaTechouva a été édité très tôt, du vivant du Rav Kook. C'est un texte qui a presque cent ans maintenant. Le Rav Kook est mort cinq ans avant la Seconde Guerre mondiale, mais il était déjà rav en Israël pendant la Première Guerre mondiale, et ce livre date de la Première Guerre mondiale. On dit que c'était son livre de chevet, qu'il lisait lui-même. Le Rav Kook a énormément écrit, mais, parmi les livres qu'il a édités de son vivant, ils sont très peu nombreux. Orot HaTechouva est le premier qui est apparu.

Il y a un second livre que j'espère que vous étudierez avec le temps, et que je vous conseille beaucoup d'étudier pour comprendre ce qui se passe de nos jours. C'est un livre qui s'appelle simplement Orot. Vous avez peut-être touché cela avec le Rav Cherki, je ne sais pas, je crois qu'il donne un cours là-dessus, mais en hébreu. On aura l'occasion d'en parler. Orot parle de l'épopée d'Am Israël dans l'histoire, et en particulier à notre époque.

Le Rav Tzvi Yehuda, quand il parlait d'Orot, disait à propos de cela qu'il y a une discussion dans la Guemara entre les Sages, sur la question de savoir si oui ou non on peut introduire Shir HaShirim de Chlomo HaMelech parmi les écrits saints. …

Cours d'Orot veKelim

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