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Techouva et l'humanité à la fin des temps

Le Rav Kook voit l'humanité retrouver son Créateur, Israël en étant le cœur, et la force de la techouva comme source cosmique.

51 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Techouva et Rav Kook : la maladie comme appel au retour, 54 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon commente le Perek Hei et le Perek Zayin du Rambam sur la techouva, en lisant le Rav Kook comme un visionnaire : l'humanité entière est appelée, à la fin des temps (Yemot HaMashiach), à retrouver son Créateur, et Israël, en tant que cœur sensible du monde, y joue un rôle central. Il rappelle que la rencontre avec la kedoucha n'a pas été vécue de la même façon par tous les peuples, et que la techouva touche d'abord le collectif avant l'individu. Il montre enfin que la techouva authentique puise dans des forces profondes de l'existence et qu'elle a une portée qui dépasse celui qui la vit.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Je voudrais reprendre, si ça n'a pas été fait, le dernier paragraphe du Perek Hei. Non, Chet. Chet, attends. Je voudrais voir un peu avec vous où est-ce qu'on en est. D'après toi, on a dépassé le Perek Hei ou non ? Va, va. Et le Zayin, on n'a pas touché, tu crois ? Peut-être. Bon, ces deux paragraphes qui sont là, Zayin et Chet, tout à fait…

Des bons témoins de la façon dont… Dans tous ces textes qu'on a devant nous, ce sont des textes qui ne sont pas des textes de conseils psychologiques pour réussir l'aventure de notre techouva personnelle. On est ici dans des textes qui sont dirigés vers l'avenir. On voit le Rav Kook apparaître ici comme un visionnaire.

Qui est sûr de lui, de la façon dont on va, vers quoi on va, dans l'humanité. Il sent très fort, il témoigne, il vit ça profondément lui-même, le fait que l'humanité avance vers cette direction qui s'appelle Yemot HaMachiah. Et cette situation de Yemot HaMachiah, c'est une situation dans laquelle l'humanité retrouve son Dieu. Retrouve son Dieu.

Elle retrouve le chemin de la capacité de faire face à son Créateur, de se souvenir de Lui, de goûter Sa présence. C'est Yemot HaMachiah, mais ce n'est pas vécu à un niveau individuel, c'est vécu à un niveau collectif. À l'intérieur de ce collectif du monde entier, c'est sûr que chaque individu trouve sa place. Mais la vision est une vision optimiste, idéaliste, mais très sûre d'elle-même, sur Yemot HaMachiah dans lequel l'humanité se retrouve.

À l'intérieur de cette humanité qui retrouve son Dieu, le rôle d'Israël est essentiel. C'est toujours comme ça. C'est ce thème qui revenait sans arrêt dans la bouche de Rav Tsvi Yehouda, au nom de son père aussi. C'était un thème qu'il avait capté et qui le faisait repasser encore chez Rabbi Yehouda Halevi, dans le Kuzari, dans lequel Rabbi Yehouda Halevi, présentant le rôle d'Am Israël, le présente très officiellement comme étant « Cheba Oumoua ». Le cœur, le peuple d'Israël, c'est le cœur du monde. Le cœur des peuples, le cœur des nations. C'est lui qui finalement sent les choses et qui arrive à influencer. C'est le centre, le centre sensible du monde entier.

On le voit dans Orot, on le voit dans Orot HaTechouva, on le voit partout. Orot HaTechouva, certainement, ça tu vas le voir tout de suite, très, très bientôt. Dans le Perek, dans le petit paragraphe Zayin, le Rav…

Pour le moment, ne fais pas participer ici encore Am Israël dans cette réalité-là, mais présente un peu ce que veut être l'humanité à la fin des temps. Et dit, je vous lis le texte là. Je prends Zayin, Mem Gimel Zayin, et Atid, Mem Gimel à gauche. C'est une page de gauche, Mem Gimel, paragraphe Zayin. Perek Hei.

Par la fin du Perek Hei.

Il faudrait mettre une toute petite introduction avant de toucher ce texte-là.

Je ne sais pas dans quelle mesure vous êtes conscients de l'immense bonheur que nous avons, nous, d'être des hommes qui ont eu, quand même, dans leur trajet humain, l'occasion de rencontrer la kedoucha et de la goûter. Mais je crois que c'est important d'être conscients que ça ne concerne pas, de fait, dans la vie, toute l'humanité. Tous les hommes ne sont pas arrivés à un niveau dans lequel ils ont pu rentrer en contact avec une émotion de kedoucha et la goûter dans sa constance, dans sa force.

Alors que nous, en Erets Israël, nous vivons cette expérience-là de façon très naturelle, surtout à Yerouchalaïm. Vraiment, Yerouchalaïm, c'est un endroit où l'expérience de la kedoucha est très naturelle. Ça se vit très fort. Mais ce n'est pas quelque chose qui se promène forcément partout dans le monde. Il y a des endroits et des personnes qui n'ont pas touché cette joie-là.

— Ken, je ne t'entends pas bien.

— Oui, oui, oui, certainement. Aussi bien juif que non juif. Aussi bien juif aussi. Enfin, ce n'est pas évident que tous les juifs de ce monde ont pu… C'est vrai qu'il y a une super sensibilité chez le juif, mais ce ne sont pas toujours les juifs qui ont eu la chance de pouvoir se retrouver en Erets Israël à cette époque-ci. Il y a des gens qui sont restés en marge, malheureusement.

Il y a une partie du peuple juif qui est assimilée dans le monde. Pourquoi s'assimile-t-elle ? Si elle était tellement consciente de son caractère, elle ne s'assimilerait pas. Je dis ça pour situer le contexte de ce que j'ai lu ici. C'est-à-dire que le Rav dit: viendra un jour où l'humanité entière, oui, sera toute concernée par cette expérience de la rencontre avec la kedoucha, et goûtera ça.

Parce qu'en réalité, c'est évident que l'être humain, dans son potentiel, tel qu'il a été fait, il a été fait pour être, c'est sûr, un vis-à-vis du Créateur. Au départ, l'idée essentielle de la création du monde, c'est de faire un vis-à-vis du divin qui soit finalement conscient de la royauté de Dieu dans ce monde. L'homme a été créé pour être celui qui est la conscience vivante de ce que c'est que le Dieu du monde. Donc c'est sûr que l'homme, dans son potentiel, est un être fait pour être conscient et relié à cette kedoucha, d'en haut. C'est sa nature.

N'empêche que, quelquefois, il ne le vit pas. Il ne le vit pas, quelquefois, des parties de l'humanité qui ne vivent pas ça. Elles ont un potentiel, elles passent à côté. La stabilité que donne la Torah n'a pas son équivalent. Mais c'est évident, dans l'expérience humaine du monde entier, qu'il y a des êtres humains qui sont conscients d'une rencontre spirituelle.

N'empêche que c'est quand même le genre de rencontre qui se fait après l'aventure du peuple d'Israël, et elle joue sur l'humanité entière, qui finalement va prendre cet exemple-là. Ce n'est pas évident que la rencontre avec la kedoucha, telle qu'Israël l'a vécue, soit vécue réellement dans les peuples de l'Antiquité. On n'a pas tellement… on n'a pas les… Enfin, pour autant que je sache, je ne suis pas un spécialiste, je suis loin d'être un spécialiste de la littérature de l'ensemble de l'Antiquité.

Il se peut que dans les peuples de l'Extrême-Orient il y ait une sensibilité vers la kedoucha, vers le spirituel, qui est authentique, mais il semble apparemment que des peuples sont passés dans le monde sans vivre cette dimension-là. Ils étaient touchés par la philosophie, par la pensée, mais pas forcément par cette rencontre avec l'esprit divin. Ça, c'est Israël qui finalement l'a vécu profondément et l'a mis en marche.

Avraham Avinu, d'une certaine façon, est quelqu'un qui a redécouvert la rencontre avec Dieu, qui s'était effacée du monde. C'est comme ça que le Rambam présente les choses: Adam HaRichon et une série de personnes avaient gardé cette tradition de la relation à Dieu, mais à un moment donné elle s'est perdue dans l'humanité. Quand on arrive à l'époque du déluge, on voit une humanité qui, sauf des gens très très spéciaux, a perdu son contact avec Dieu. Noa'h: il y a une certaine …

Cours d'Orot veKelim

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