Le premier frémissement de la techouva selon le Rav Kook
Comment une simple pensée de retour devient une braise à garder, et ce qu'elle apporte de repos et de sens à l'homme.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Techouva et Torah : deux dimensions d'une même rencontre, 40 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente le premier paragraphe du chapitre « Erkam shel Irour Teshouva » des Orot HaTeshouva du Rav Kook, consacré aux prémices de la teshouva : la simple pensée d'un changement puis l'image intérieure qui l'accompagne. Il montre comment la teshouva apporte à l'homme un repos intérieur et une tête posée, en s'appuyant sur l'épisode de la tête d'Essav enterrée à Hevron et sur l'idée qu'une pensée sainte suppose un cœur apaisé. Il explique que ce début de teshouva ouvre déjà un monde nouveau, exigeant et porteur de joie, où la faute suscite la haine du mal et l'amour du bien.
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D'accord. Tov. Alors, notre peregzaïm, on va commencer. C'est toujours notre édition d'Orot HaTechouva, que vous connaissez. On se trouve dans cette édition, à la page Nun Alef. Le titre du chapitre: Erkam shel Yerour Techouva, Tziyura u-Mar'a Shafta. On aborde un thème important, celui de Yerour et de Techouva.
Le mot Yerour, c'est une prémisse de réflexion, c'est un début. Quand on parle de quelqu'un qui est cho'em, qui arer une techouva, ça veut dire que quelque part, dans son cœur, commence une question: est-ce que je vais, quand même, changer mon comportement ? C'est déjà un niveau de maturité. Si ce niveau est arrivé à être ressenti par la personne, ça veut dire qu'elle est arrivée à une maturité dans laquelle elle est
prête à s'engager, plus ou moins, dans son monde de Techouva. C'est un monde qui s'ouvre devant elle. On verra que le Rav donne énormément d'importance à ces Yerourim de Techouva, dans la mesure où c'est déjà rentré dans un monde, le monde de la Techouva, même si cela se passe à ses débuts. Mais c'est autre chose. Quelqu'un qui commence à penser
dans la direction de la Techouva est quelqu'un qui est prêt, quelque part, à remettre en question toute sa vie, tout son monde, dans une direction qui est une direction positive. Et le Rav va insister sur le fait que ce Yerour doit être regardé comme une petite braise qui commence à grandir, et qu'il faut garder à tout prix, comme, du temps de l'homme de Neandertal, les premiers hommes primitifs qui devaient garder le feu.
C'était la vie ou la mort. Il y a des choses, au niveau de cette Techouva. Quelqu'un qui fait Techouva a sauvé sa vie. Quelqu'un qui est dans son trou et qui n'arrive pas à faire Techouva risque peut-être de rater sa vie. Ce sont quand même des valeurs essentielles qui sont en jeu. Alors le titre, c'est Erkam shel Yerour Techouva, Tziyura u-Mar'a Shafta. Erkam, c'est la valeur du Yerour de Techouva, de ses prémices. On va traduire ça comme ça. Tziyura
c'est l'image qu'on se fait de cette Techouva, ou Mar'a Shafta, et la pensée qui l'accompagne. Et dans le thème de Tziyour, il y a quelque chose qui dépasse la simple pensée. C'est déjà le monde de l'imagination, du regard intérieur, qui entre en jeu. Mar'a Shafta, c'est une simple pensée. Tziyour, c'est déjà plus engagé au niveau de l'imagination. Alors je vous lis le premier paragraphe, qui contient deux parties. Commençons par la première.
« La nature de la Techouva, c'est qu'elle donne à l'homme une satisfaction et une dignité d'esprit, comme une seule. Elle l'apprécie aussi en éveillant la Techouva. Dans un petit point de la grande épreuve, il est déjà connu le bonheur, le bonheur et la joie du monde entier. Et avec cela, elle présente toujours, à l'œil de son esprit, des voies d'accomplissement. »
La première phrase parle, d'une façon générale, du thème de la Techouva. De façon générale.
Teva de la Techouva, c'est-à-dire la nature de la Techouva, Yi'ash, Shi notenet la adam, yi notenet la adam: elle donne à l'homme deux dimensions. Voilà ce qu'elle donne comme dimension: Menucha, et Kovèd Drosh. Le mot Menucha veut dire le repos, un repos intérieur. Tant que l'homme est pris par le monde, il le travaille intérieurement, en faute. Il est en lutte intérieure. Il n'y a pas de repos intérieur.
La Techouva, finalement, c'est l'issue de toute cette lutte intérieure, dans laquelle l'âme fait son travail pour essayer de faire son chemin, de remettre l'homme sur son droit chemin. Quand la Techouva commence, quelque part, on est arrivé à un repos. C'est le thème de Menucha. Deuxièmement, Kovèd Drosh, le thème de Kovèd Drosh.
C'est à la page Nun Lamed. Le thème de Kovèd Drosh, c'est penser posément: avoir la tête reposée pour pouvoir penser posément. Il est intéressant d'insister sur le fait qu'il y a des civilisations dans lesquelles on aurait pu penser que l'activité du cœur n'a pas tellement d'influence
par rapport à l'activité de la pensée. La pensée est ce qu'elle est, et le cœur est ce qu'il est. Cette conception existe dans une certaine civilisation, celle d'Essav. Dans la conception que nous comprenons du monde d'Essav, c'est un monde dans lequel la tête et le cœur ne sont pas liés ensemble.
Il y a un passage où, quand Yaakov Avinou, Alav HaChalom, est porté par ses enfants pour être enterré en Égypte, Essav essaye de s'opposer. On sait pourtant que, dans la tradition, Yaakov Avinou avait acheté, avec tout l'argent qu'il avait gagné, Bechoutz Naharetz, son droit d'être enterré à Marat Amar Pella avec les Avot. Apparemment, ce n'était pas évident, dans la mesure où peut-être Essav était premier-né.
Enfin, ça avait été acheté. Malgré ça, on raconte que quand les Chevatim ont pris Yaakov Avinou pour son enterrement à la Marat, à Machpela, Essav a voulu s'opposer. Dans cet épisode, il y a quelqu'un, Khushim ben Dan, le petit-fils de Yaakov Avinou, qui a demandé qui est cet homme qui embête tout le monde. Comment ? Je ne sais pas. Je n'ai pas l'impression qu'il était sourd. En tout cas, peut-être, je ne sais pas.
Vous avez une tradition, vous avez entendu ça ? Peut-être qu'il n'a pas entendu, mais en tout cas, il a vu qu'Essav embêtait. Il a brisé son épée, il lui a coupé la tête. On dit que la tête d'Essav a roulé, et qu'elle est enterrée quelque part, en même temps qu'il y a un couvre. Mais ce n'est pas simplement un message historique, c'est aussi un symbole. Ça veut dire que, quelque part, la tête d'Essav a le droit d'être enterrée aussi, à Amarat Amarpela. C'est le monde de la pensée.
C'est un monde, au niveau d'Essav aussi, qui est une pensée qui peut garder son intégrité, sa grandeur. Le problème d'Essav, ce n'est pas au niveau de sa tête. C'est au niveau de son cœur. Mais dans cette civilisation, celle d'Essav, on peut se retrouver dans un cas où quelqu'un a un comportement qui n'est pas satisfaisant et qui peut créer un problème au niveau du cœur. Cependant, la tête peut réfléchir.
Mais ça, c'est quand la tête s'occupe de certaines dimensions qui ne sont pas des dimensions du Kodesh. Dans le monde de la Torah et le monde du Kodesh, les choses sont différentes, dans la mesure où l'aventure de la Kedoucha est une aventure qui demande d'abord d'avoir réglé, et de régler constamment, le monde moral. La Torah ne s'ouvre pleinement, ne se livre
qu'à celui qui a un comportement moral à la hauteur. Laissez la porte un peu ouverte, en attendant, s'il y a d'autres personnes. Les livres sont là. Dans ce contexte, ce qui est dit ici, que la Techouva donne à l'homme le repos et donne aussi un Kovèd Drosh, c'est-à-dire la capacité de penser de façon posée, c'est parce que, quelque part,
la capacité de la pensée d'agir comme il faut, en tranquillité, dépend de la tranquillité au niveau de son cœur. La Techouva parle …
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