La souffrance de la faute et celle de la techouva
Le Rav Kook décrit la douleur intérieure qui accompagne la faute et l'effort de repentir, et comment elle purifie l'âme.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Techouva, souffrance et regard de l'âme face à la faute, 53 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente le début du Péricrète de Rav Kook sur la teshouva : la souffrance qui accompagne le péché et celle qui accompagne l'effort de retour, à partir d'une image chirurgicale (arracher les tendances qui se sont ancrées en nous). Il s'appuie sur le raisonnement a fortiori de l'esclave kenani, libéré par la perte d'une dent ou d'un œil, pour montrer que cette souffrance mène à une liberté intérieure authentique. Il explique aussi que la faute blesse l'âme comme une brûlure révèle au doigt sa limite, et que la teshouva rétablit le lien harmonieux avec le monde et la vie.
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Pé, Noun, Hé. On commence au Pérakh. Je disais, à Irmia ou à Chmouel, qu'il y a de très beaux textes dans ce Pérakh, et si l'on arrive à prêter oreille à ce qui est donné comme message, cela peut faire beaucoup de bien. Bon. D'abord, le titre: Pérakh Mach Ové Achet, Ve Yissouré HaTechouva, Oumar Pé Harata. Il y a une dimension de douleur, la douleur dont on parle ici, et on la retrouve à deux niveaux qui, apparemment, sont très différents l'un de l'autre. Le Rav nous donne comme titre Mach Ové Achet: le mot Mach Ové est comme Ke'ev, c'est-à-dire la souffrance du péché, d'une part. Et à côté de cela, Yissouré HaTechouva, la souffrance qui accompagne la techouva, ou Marpé Harata, la guérison qui accompagne aussi la techouva.
Mais la dimension de la souffrance, on la rencontre au niveau de la faute, et apparemment on peut aussi la rencontrer au niveau de la techouva, dans l'effort de techouva.
Maintenant, le premier paragraphe de ce chapitre essaye de bien montrer que, dans la mesure où il y a des habitudes qui sont de mauvaises habitudes, ancrées chez l'être, l'homme arrive, Baroukh Hachem, comme on le voit dans nos yeux, un jour à réaliser le bien et le mal, à prendre conscience des vrais critères de la vie, à réaliser ce qui est bien et ce qui est mal, et à réaliser qu'il porte en lui aussi des tendances qui ne sont pas toujours les meilleures, et qu'il porte en lui, de façon très ancrée, des comportements négatifs.
Le jour où l'homme veut quitter ce monde-là, c'est quelque chose qui parfois est très difficile: arracher ces comportements enracinés en nous, cela peut faire mal. C'est un peu ce qu'ils nous disent dans le chapitre.
Allez, on va lire le texte et voir comment il se présente.
Chelkei hanefesh haraïm, she'ein lahem takana kol zman she'hem mechubarim be-chativa achat be-organiyouta achat, metkalkelim et kol hanefesh ou-pogmim ota. Val yedei ha-techouva em olchim, ve-nitkarim ve-nikarim, mi-yatsmiyouta hanefesh hayesodit be-ikara, ve-kol nitouk mevi ke'ev, ka-ke'ev shel akirat evarim ha-mekulkelim ou-khitatam mi-tam ha-refoua.
Elohim ayisourim hayoter penimiyim, she'al yadam ba'em ha-adam yotzé lecherout, me-avdouta chashoukha shel chatahav, ounetiotah vachfalot, le-totzotam ha-ma'ut. Mikal va-chomer mi-chen v'ayin she-evet yotzeh ba'em lecherout, ashrei ha-geveh asher tiyasserenu Yah, ou-mitoratra telamdenu, al tikrei telamdenu, ela telamdenu davar zeh mi-tolatah limadetanu.
Bon, atchil.
La première phrase n'est pas facile à comprendre. Les messages sont clairs, mais la présentation, vous allez voir. Amachov, la souffrance, la douleur. Che margishim be-raion ha-techouva, que l'on peut sentir. Le Rav parle ici de sentiment, que l'on sent, be-raion ha-techouva, à travers la pensée, la mise en marche de la techouva,
be-réchit zrichato, au début de son apparition. Le mot zricha, c'est la lumière, c'est le lever du soleil, l'apparition, disons. Au début de son apparition, cette souffrance qui apparaît vient mi-penei nituqim, à cause des nituqim. Le natek en hébreu, c'est quoi ? Le natek, c'est coupé, séparé. Même pour un téléphone, on dit qu'on coupe la communication: c'est ça, une séparation, une coupure. Le Rav nous dit: à cause des coupures. De quoi s'agit-il ?
Maintenant, il présente tout le problème. Chelkei hanefesh haraïm: une partie de notre âme qui est mauvaise. De celui qui fait techouva, qui est arrivé au jour où il a décidé de faire techouva, il y a une analyse de son monde intérieur. Il trouve dans ce monde intérieur des tendances qui ne sont pas de bonnes tendances, et ces mauvaises tendances sont néfastes pour tout l'organisme.
Alors le Rav dit: she'ein lahem takana, il n'y a pas moyen de les arranger, et elles sont nocives tant qu'elles sont liées
en une unité avec l'organisme de notre monde intérieur. Tout cela forme une unité, apparemment, chez l'être, qui est le résultat d'années de vie et de tendances, et cela s'est assimilé. L'homme a ancré en lui-même des tendances, cela fait partie de lui-même. Et le Rav nous dit: ces tendances négatives, qui sont à l'intérieur de l'organisme de notre conscience intérieure,
ve-kol ha-nefesh ou-pogmim ota. Le metkalkelim, cela détériore tout notre monde intérieur. À cause de quelque chose, cela finalement fait du mal partout. Les metkalkelim, dit le Rav, ve-kol ha-nefesh ou-pogmim ota, qui font du mal et détériorent toute notre âme. Et la techouva, que fait-elle ? Ve-al yedei ha-techouva hem olchim, elles s'en vont. Il faut les enlever.
Seulement, c'est pour quelqu'un qui a vraiment réalisé qu'il porte en lui ces tendances.
Chacun de nous peut constater que, c'est vrai, nous portons parfois en nous des tendances qui ne sont pas de bonnes tendances. Elles sont en nous, elles sont ancrées en nous, et on décide de les enlever. Il y a un effort, un effort spirituel, qui ressemble, nous dit le Rav, à une trépanation, à une opération chirurgicale. Il dit: kol mitouk mevi ke'ev, chaque coupure que l'on fait, que l'on veut, que l'on met en marche,
apporte sa souffrance, ka-ke'ev shel akirat evarim ha-mekulkelim, comme la souffrance qui vient du fait de détacher, d'enlever, de couper des membres gangrenés, détériorés, ou-khitatam mi-tam ha-refoua, dans le contexte de la médecine, de la chirurgie. Il y a des fois où il faut enlever. Une gangrène, il faut l'enlever. Quand on l'enlève, cela fait mal.
Il dit la même chose au niveau de notre monde intérieur. Il y a un monde intérieur dans lequel se sont installées des forces, des façons de vivre, des façons de réagir, des façons de regarder le monde, qui sont négatives, qui sont néfastes. Il faut les enlever, et elles sont tellement entrées en nous qu'il faut les arracher, et cela fait mal.
Et le Rav dit que cela va très loin, au fond de nous-mêmes. Ve-Elohim yessourim yoter penimiyim: la souffrance est plus intérieure chez Ali Adam ou Bahem,
à travers lesquelles l'homme yotzé lecherout. C'est à travers ces souffrances-là que l'homme finalement sort vers un monde libre. Libre de quoi ? Libre de la servitude des péchés et des mauvaises tendances. Yotzé lecherout mi-avdout ha-chashoukha, il va vers la liberté, loin de cette servitude noire, sombre, des péchés,
ou-mitiotav ha-chafelot, et de ses tendances dans leur bassesse et leurs terribles, leurs amères conséquences. À travers cet effort de se libérer de ces tendances que l'on porte en soi, et il y a un effort spirituel authentique, il y a une souffrance authentique qui s'installe et accompagne ce mouvement. C'est comme ça que tu paies ton droit à la liberté intérieure, ton droit à vivre ta vie comme il faut.
Ce qui est cité ici, c'est finalement une sougya dans la Guemara de Brakhot, au début de Brakhot, aux pages Hé, Vav, qui parle de la souffrance de l'âme, et qui regarde d'un côté bénéfique de la souffrance. Le Rav nous dit: ce sont les textes donnés dans la Guemara de Brakhot. Oui, Brakhot est cité ici. Mikal va-chomer mi-chen v'ayin:
vous savez qu'il y a un din en Israël: un esclave qui est acquis par son maître, qu'il a pu recevoir même en héritage, qu'il a acheté, qu'il peut donner en héritage à ses …
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