Techouva, souffrance et guérison de l'âme
Pourquoi la souffrance accompagne la techouva et comment la guérison de la nefesh rétablit le lien avec le monde.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Techouva et Jérusalem, la lumière qui exige, 54 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commence par Yom Yerouchalayim et explique que Jérusalem est le centre d'Israël, et que le retour à Jérusalem est une forme de techouva collective. Il revient ensuite sur le chapitre du Orot HaTechouva consacré à la souffrance qui accompagne le chemin de techouva : une douleur qui touche l'âme, car la faute va contre sa nature, et qui libère l'homme comme la perte d'une dent libère l'esclave. Il conclut que cette souffrance est pour le bien de l'homme et que la techouva rétablit le lien rompu avec le monde.
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Enfin, deux mots simplement. On est à deux jours de Yom Yerouchalayim, et dans le contexte général d'Orot HaTechouva, c'est certain que Yom Yerouchalayim représente pour nous une dimension essentielle du retour à notre essentialité.
C'est-à-dire que chacun de nous, qui sommes ici en Erets Israël, se doit de transmettre le message à ceux qui ne l'ont pas encore vécu: à quel point, même si Yerouchalayim n'est pas encore cette ville dans laquelle le Midrach existe et n'a pas encore repris toute sa dimension, c'est évident pour nous qui vivons à Yerouchalayim que…
La joie que l'on vit d'être dans notre ville, près de la kedoucha, qui a été quand même partiellement mais déjà grandement libérée, nous permet d'ouvrir notre cœur à une prière devant une immensité, devant une dimension qui est…
Cependant, sans que ce soit encore le Beit Hamikdash dans toute sa grandeur, c'est sûr que pour nous, on se retrouve à Yerouchalayim. Quand on s'approche, par exemple, de cette zone de l'Aïvéville et du Côte-et-Vercoulé, on se trouve devant une dimension qui est certainement de l'ordre de l'infini, une dimension où, en ce sens, on se sent vraiment dépassé par une grandeur.
Qui va très, très loin, au point de vue spirituel, qui dépasse un peu ce qu'on aurait pu songer dans notre enfance, en tout cas. Je ne sais pas comment c'était pour vous. Moi, je sais que j'ai eu la chance d'être à Yerouchalayim au moment de la guerre des Six Jours. Quelques jours après la libération de l'endroit, on avait marché vers la vieille ville, et on était ravis là-bas. On était à Yenouké Cholmim, à Dayom Hazek. Jusqu'à aujourd'hui, quand on arrive au Kotel, quand même,
on se dit quelle grâce HaKadosh Baroukh Hou a faite avec nous, de nous permettre d'épancher notre cœur et de sentir la grandeur divine avec cette immensité, même si ce n'est que ce que c'est actuellement, qui est encore loin de ce que ça sera bé'ezrat Hachem. Mais c'est sûr qu'on nous permet déjà de sentir une énorme grandeur. Et il faut le dire, et il faut le redire, et il faut que ceux qui ne le connaissent pas
aient la chance de le connaître, et qu'ils viennent goûter ça aussi, parce que ça les concerne pas moins que nous. Toute âme d'Israël est concernée par Yerouchalayim, et Yerouchalayim est le centre du peuple d'Israël à jamais. Et chaque âme d'Israël, où qu'elle se trouve dans le monde, sait quelque part, de façon plus ou moins consciente, à quel point Yerouchalayim est son centre, et à quel point le retour à Yerouchalayim est l'exemple de ce qu'on appelle une techouva.
Au niveau d'un peuple, en tout cas, on est revenu, on a retrouvé notre centre, on a retrouvé le contact avec notre centre. Pas de loin, mais de beaucoup plus près. Ce n'est pas encore ça, mais il y a déjà beaucoup. Donc, ça, c'est pour Yerouchalayim.
Maintenant, dans notre contexte d'Orot HaTechouva, pour autant que je sache, on s'est engagé dans le Père Écrète. Et dans ce Père Écrète, on a…
Le Rav essaye d'affronter tout ce thème, qui est le thème de la souffrance en relation avec la techouva. Le titre de départ de ce chapitre, vous le voyez, est Mahove Achet, d'un côté, et Yissure HaTechouva, ou Marpé HaErat. On parle de la souffrance qui est liée à la faute. C'est…
La faute apporte sa souffrance, mais autre chose aussi apparaît, qu'il faut comprendre, et le Rav va nous aider à comprendre de quoi il s'agit: la souffrance qui est en rapport avec notre processus de techouva. On rencontre dans notre chemin de techouva des dimensions de souffrance qu'il faut placer, qu'il faut comprendre.
Leur rôle, qu'est-ce qu'elles font à l'intérieur de notre parcours ? Si elles sont bienvenues, qu'est-ce qu'on doit en faire, comment les supporter, les approcher, les rouler ? Et finalement, ce que dit la conclusion sur laquelle le Rav parle, c'est le fait qu'il y a, derrière tout ça, une dimension de guérison.
Qui est la guérison de la lumière de la techouva, qui apporte la guérison à l'homme. Une fois que l'homme a accédé à cette techouva, même à travers ce cheminement douloureux, il retrouve cette dimension de guérison, de rentrer en soi-même et de calme.
Le Rav, tel que tu le connais, tu as déjà pu commencer à connaître le Rav Kook, est un homme qui n'a pas cessé…
…au niveau de l'individu, et au niveau d'un collectif.
Alors, on n'est pas toujours conscient de ce que c'est. Pour ceux qui ont connu le Rav Kook, il nous a permis de comprendre profondément que notre aventure est une aventure collective, et que la notion de techouva concerne aussi le collectif. Et c'est évident que le collectif d'Israël, revenant sur sa terre, fait quelque chose qui s'appelle une techouva. C'est évident que oui. Il y a une notion de techouva pour le collectif, et elle se vit. Elle se vit par le fait que…
tous les éléments de ce collectif vivent ensemble une aventure extraordinaire. Et c'est ça la grandeur de notre peuple: ce peuple a une âme. Il a une âme, il a une réalité qui l'unit. C'est un être organique qui avance dans l'histoire, et son aventure ressemble à l'aventure d'un homme, en grand.
On a vu déjà le premier paragraphe de ce chapitre, ceux qui étaient là avec nous la semaine dernière.
Ce paragraphe parle du fait que, à l'intérieur de quelqu'un qui fait techouva, il y a des résidus de forces négatives qui, quand on arrive à une maturité suffisante pour l'homme qui veut faire techouva, à enlever, ça fait mal. Alors, ça, c'est le premier paragraphe de ce chapitre, qu'on a vu la dernière fois.
Et le Rav nous dit: c'est une souffrance, mais le message essentiel qui vient derrière, c'est que c'est cette souffrance qui nous permet d'acquérir la liberté qui la suit. Il donne comme exemple le cas d'un esclave à qui on aurait enlevé une dent ou un œil, et qui est libéré parce qu'il a souffert cette souffrance de perdre son œil ou sa dent. Et la Guemara de Béréchot en parle.
On apprend que la liberté s'acquiert par la souffrance. À travers la liberté qui était acquise par un esclave, dans le contexte de la Torah, qui, dans la souffrance de perdre son œil ou sa dent, acquiert sa liberté, la Guemara dit: kal vaHomer mi shen ve'ayin. On apprend ça, si dans le cas de shen ve'ayin, d'un esclave…
Il faut souffrir pour acquérir la liberté, pour acquérir la vraie liberté de la techouva et se libérer complètement de ses fautes. C'est sûr qu'il faut souffrir, mais ça vaut la peine, parce qu'on retrouve sa liberté intérieure. Et cette liberté intérieure, c'est essentiellement le fait qu'à travers notre cheminement de techouva, au bout d'un certain temps, on est porté par des motivations qui sont toutes bénies.
On porte dans son cœur, une fois qu'on a nettoyé son cœur, la joie d'avoir des initiatives intérieures pleines de sens,
Cours d'Orot veKelim
Dans la même série
Étude du traité Orot HaTechouva du Rav Kook. La téchouva comme force cosmique de réparation et d'élévation, au-delà de la simple repentance.
- 134
Techouva et la coupure avec la vieComment la faute coupe l'âme de sa source et comment la techouva recrée le contact avec toute l'existence. - 135
Techouva, prise de conscience et Providence cachéeLe Rav Nahon explique que la véritable techouva naît d'une prise de conscience mûrie, guidée par la Providence. - 136
Techouva, peuple et monde : les courants du retourLe Rav Kook décrit la techouva comme une force collective qui traverse l'humanité, guidée par la Providence divine. - 137
Techouva et la mémoire du passé intérieurLe Rav Nahon relie la techouva à la vie de l'âme, à la chair purifiée et à la montée vers Erets Israël. - 138
Techouva, souffrance et guérison de l'âmePourquoi la souffrance accompagne la techouva et comment la guérison de la nefesh rétablit le lien avec le monde. - 139
Techouva et Jérusalem, la lumière qui exigeLe Rav Yaakov Nahon montre comment la techouva naît de la rencontre avec la lumière divine et de la discipline qu'elle exige. - 140
Techouva : retour individuel et retour collectifLe Rav Nahon distingue la techouva personnelle de la techouva du peuple, puis du monde entier, et ce qu'elle exige. - 141
La souffrance de la techouva et la liberté intérieureLe Rav Kook montre comment arracher les mauvaises tendances fait mal, puis libère l'homme de sa servitude. - 142
La souffrance de la faute et celle de la techouvaLe Rav Kook décrit la douleur intérieure qui accompagne la faute et l'effort de repentir, et comment elle purifie l'âme. - 143
Techouva, souffrance et regard de l'âme face à la fauteComment le Rav Kook accompagne celui qui, en revenant à lui, découvre ses fautes et craint le désespoir.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav