La souffrance de la techouva et la liberté intérieure
Le Rav Kook montre comment arracher les mauvaises tendances fait mal, puis libère l'homme de sa servitude.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : La souffrance de la faute et celle de la techouva, 43 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commence l'étude du paragraphe 'Mahovet Hachet ve-Yissourei ha-Teshouva' (Orot ha-Teshouva, chapitre Nun-Hei dans l'édition Oretzion) et explique que la douleur ressentie en faisant teshouva n'est pas une simple peur du châtiment mais la souffrance de l'âme qui se heurte à ses propres fautes. Il montre que cette douleur peut libérer l'homme, comme l'esclave libéré par la perte d'une dent dans la Guemara de Brachot, à condition d'accepter de regarder en face son monde intérieur. Il conclut que la teshouva vécue avec courage fait émerger la lumière de l'âme et laisse des enseignements positifs.
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Ach, Resh, Tsadik, Hey. Alors, on continue notre texte d'Orot HaTechouva, dans l'édition que vous connaissez, l'édition jaune d'Orot Tsion. Shalom. Nous nous trouvons à notre Pérek Khet. On a fini pratiquement le Pérek Zayin, et la dernière fois, nous avons terminé le paragraphe Vav, qui est le paragraphe le plus important.
Et nous allons commencer le Pérek Khet. Il touche un sujet complètement différent, mais qui s'inscrit dans une analyse très fine du conscient et du subconscient. Vous allez voir le texte, le titre est significatif. On va le lire ensemble. Nous nous retrouvons à la page Noun Hey, dans nos éditions. Noun Hey, Pérek Khet. Le titre, vous le voyez: Marhové Hachet, Ve'yissouré Hachouva ou Marpé Harata.
Alors, le texte dit ceci: Marhové Hachet, Ve'yissouré Hachouva ou Marpé Harata. C'est un sujet que nous avons très peu abordé jusqu'à maintenant, et qui cependant est assez central dans la dynamique de la techouva, quand elle est vécue authentiquement. Je traduis: Marhové Hachet vient du mot Ke'ev en hébreu, qui veut dire souffrance. Marhové Hachet, c'est donc la douleur qui accompagne la faute. Le fait de commettre une faute provoque, au niveau de notre âme, un désarroi, une distance, un arrêt de réception de lumière. C'est tout un monde de souffrances. Ça, c'est Marhové Hachet.
Maintenant, quelque chose d'autre: le fait de faire techouva peut aussi se traduire par le fait que l'on vit une souffrance apparente. On verra pourquoi je dis « apparente », c'est le Rav qui le dit. Une apparente souffrance, par le fait que l'on s'engage dans un monde de techouva. En fait, comme on le verra, c'est parce que, lorsqu'on s'engage dans le monde de la techouva, on est prêt à accepter notre monde intérieur avec ses souffrances, au lieu de le cacher à nous-mêmes. Et dans ce sens, il y a une souffrance dans la techouva, parce qu'on a le courage de faire face à notre monde intérieur.
Ouma'peh ve'arata — et Marpé Harata: le mot Marpé vient du mot Réfoua, la guérison, qui provient de la lumière de la techouva.
Et ils les touchent. Et à l'aide de la techouva, ils se déplacent et se rapprochent de l'esprit
Sel Chata'av, u'Neti'otav Ashfalot, Vetsotayem, Betotsa'otayem Hamarot. Mikal Vachomer, Mishen V'ayin, She'evet, Yotze'ba'em Lecherout, Asheret Hagever, Asheret Yaserenu Ya, Mitoratcha Telamedenu, Al Tikve Telamedenu, Ela Telamedenu, Davar Ze Mitoratcha Limad Tanu
Une partie du texte est citée d'une Guemara, la Guemara de Brachot. Ce n'est pas cité dans le texte, mais c'est indiqué en bas de page. Oui, Brachot.
Je reviens à notre texte. Avant de rentrer dans le détail: en général, dans notre vie, nous cherchons à nous adapter au monde extérieur. On se donne intérieurement un certain nombre de critères de vie sur lesquels on peut compter, et qui construisent notre monde intérieur, à travers lequel on arrive à faire face à la vie, ce qui n'est pas toujours facile. Mais vous allez comprendre ce que je veux dire.
Chez certaines personnes, par exemple, une partie de leurs problèmes se résolvent, pour le moment, depuis qu'elles sont enfants, dans le milieu où elles ont grandi, par des comportements qui sont courants. Par exemple, on ment. On peut résoudre un problème en mentant. Ou bien, au niveau de la joie de vivre, on peut se nourrir de choses qui apparaissent finalement comme interdites et qu'on ne devrait pas voir. Ou bien, on peut se défendre en médisant, en disant du mal de quelqu'un d'autre, de façon très forte. Ainsi, on arrive à rabaisser l'autre.
Et cela fait partie du complexe intérieur des forces, des forces souvent utilisées par notre monde intérieur, que quelqu'un peut utiliser pendant un certain temps de sa vie. Et puis, un jour, cet homme réalise qu'il porte en lui une série de comportements faux, des Hataïm, rejetés par les critères de la Torah. Or, ce qu'il porte en lui est parfois déjà enraciné en lui-même; cela fait partie de tout un monde intérieur. C'est tout ce monde intérieur qui s'équilibre autour, c'est comme ça qu'il se défend, et cela fait partie de son monde.
Ou, par exemple, d'autres choses, comme haïr quelqu'un. En principe, c'est interdit par la Torah: tu n'as pas le droit de haïr quelqu'un, tu ne dois pas porter dans ton cœur une haine envers quelqu'un. Mais il y a des gens qui portent cela chez eux, ils y sont habitués. C'est ainsi qu'ils s'éloignent de l'autre qui ne leur plaît pas. Ils ne vont pas faire l'effort d'aller vers l'autre, de lui parler, de le retrouver, de recréer un lien avec lui.
Ou, par exemple, le fait de porter dans son cœur une rancœur, quelque chose de très courant. Or, c'est interdit par la Torah: Lo tikom ve lo titer, tu ne dois pas garder en ton cœur une rancune. Mais il y a des gens qui sont habitués à cela, ils le portent en eux. Et puis un jour…
Il y a l'eau. Mais tout cela fait partie de son monde intérieur, et c'est lié. Comme des racines de deux plantes l'une dans l'autre, ou de plusieurs plantes qui s'entrelacent les unes avec les autres, des buissons qui rentrent les uns dans les autres. Alors, pour en sortir un, il faut finalement sortir l'autre aussi. Et il y a des choses qu'il faut garder, et des choses qu'il faut rejeter. C'est un problème. Le Rav dit ainsi: Amachov.
Donc, cette souffrance, chez celui qui commence à vivre la pensée de la techouva, au début de son apparition, de l'idée de la techouva: pourquoi y a-t-il une souffrance quand on commence à aborder une techouva intérieure ? C'est une des raisons pour lesquelles les gens ne le font pas: ils ne sont pas prêts à se remettre en question. La grande difficulté dans le monde de la techouva, c'est qu'il faut avoir l'audace intérieure de se remettre en question.
— Vous dites: une personne qui n'est pas tout à fait consciente, peut-elle quand même faire techouva ?
Certainement. Elle peut aborder le monde de la techouva, et cela lui apportera certainement une réponse positive dans son monde. En plus, il y a de grandes chances que cela affermisse son bon sens. C'est-à-dire que quelqu'un qui fait techouva est, quelque part, plus réel que quelqu'un qui ne la fait pas. Faire techouva, c'est finalement coïncider avec des valeurs authentiques. Ce n'est pas fuir la vie. Au contraire, la techouva, c'est essayer de s'accepter tel quel, de voir les choses en face. Le Rav a ainsi vu, à plusieurs reprises, que faire techouva rend à une personne une pensée plus posée, plus retenue, plus consciente. Dans ce sens, cela peut faire beaucoup de bien, à une personne, de faire techouva.
C'est vrai, d'un autre côté, qu'aborder le monde de la Torah dans son grand volume n'est pas toujours facile, parce qu'il y a énormément d'obligations qui se présentent devant nous. Il faut donc arriver à vivre un équilibre.
Chez cette personne qui fait techouva et qui va entrer dans le monde de la Torah, jusqu'à quelle mesure peut-elle accaparer trop …
Cours d'Orot veKelim
Dans la même série
Étude du traité Orot HaTechouva du Rav Kook. La téchouva comme force cosmique de réparation et d'élévation, au-delà de la simple repentance.
- 137
Techouva et la mémoire du passé intérieurLe Rav Nahon relie la techouva à la vie de l'âme, à la chair purifiée et à la montée vers Erets Israël. - 138
Techouva, souffrance et guérison de l'âmePourquoi la souffrance accompagne la techouva et comment la guérison de la nefesh rétablit le lien avec le monde. - 139
Techouva et Jérusalem, la lumière qui exigeLe Rav Yaakov Nahon montre comment la techouva naît de la rencontre avec la lumière divine et de la discipline qu'elle exige. - 140
Techouva : retour individuel et retour collectifLe Rav Nahon distingue la techouva personnelle de la techouva du peuple, puis du monde entier, et ce qu'elle exige. - 141
La souffrance de la techouva et la liberté intérieureLe Rav Kook montre comment arracher les mauvaises tendances fait mal, puis libère l'homme de sa servitude. - 142
La souffrance de la faute et celle de la techouvaLe Rav Kook décrit la douleur intérieure qui accompagne la faute et l'effort de repentir, et comment elle purifie l'âme. - 143
Techouva, souffrance et regard de l'âme face à la fauteComment le Rav Kook accompagne celui qui, en revenant à lui, découvre ses fautes et craint le désespoir. - 144
La techouva, nécessité de la vie intérieureLe Rav Kook compare la techouva à la digestion : rejeter les déchets pour renouveler l'âme. - 145
Yerouré Techouva : les prémices du repentir selon le Rav KookLe Rav Kook décrit le premier éveil de la techouva, cette image de vie et cette pensée qui précèdent le changement. - 146
Techouva et neshama : la lumière de la techouvaComment la techouva, même naissante, ouvre l'âme à une joie et une élévation nouvelles.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav