Techouva et Jérusalem, la lumière qui exige
Le Rav Yaakov Nahon montre comment la techouva naît de la rencontre avec la lumière divine et de la discipline qu'elle exige.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Techouva : retour individuel et retour collectif, 37 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon poursuit son commentaire du Pérek Teshouva d'Orot HaTeshouva du Rav Kook : la teshouva n'est pas une simple réaction de conscience, mais la mise en mouvement de la volonté profonde de l'âme, qui aspire à rejoindre le divin. Il explique que cette rencontre avec la lumière d'en haut exige une discipline de vie (comportement, paroles, usage du temps) et une purification du corps. Il montre enfin comment l'étude de la Torah, et en particulier des textes de la mystique juive, éclaire la volonté et oriente l'action, chaque mitsva réveillant une racine spirituelle, tandis que la faute trouble à la fois le chemin et la pureté intérieure.
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Le titre de ce perek, que vous retrouvez à la page Samer Guimel, c'est « Erech Aratzon », un Midgalé allié à la techouva. C'est-à-dire: quelle est la dimension de la volonté ? On a développé ce thème la dernière fois. Ce n'est pas une volonté superficielle dont on parle dans un processus de techouva. Il s'agit de la mise en vie des forces profondes et volontaires de l'homme.
Le meilleur de soi-même qui est engagé dans la techouva, c'est la volonté de rencontrer, d'être à la hauteur de la rencontre avec le divin, qui est l'expression la plus profonde et la plus essentielle de notre âme. Notre âme, c'est une présence divine quelque part dans ce monde, dans un corps, mais cette présence divine garde à jamais le souvenir de son origine. C'est la princesse qui est toujours dans le souvenir de son roi, et elle est à la recherche de cette rencontre.
Donc le perek insiste sur le mouvement de techouva, qui est le mouvement du retour de l'âme vers sa rencontre avec le divin. C'est l'expression de cette âme, qui est le divin même. C'est une volonté de coïncidence avec le divin.
Maintenant, il y a une différence essentielle dont on peut parler. Quand je compare, par exemple, une lumière physique à une lumière spirituelle, en particulier dans le contexte d'Erets Israël, la rencontre avec la lumière physique ne remet pas en question le monde moral et le monde spirituel de l'homme. Mais la rencontre avec la lumière d'en haut, avec toute sa joie, toute sa beauté, est aussi une rencontre exigeante.
Quand on pense à quelqu'un qui est kadosh, qui est grand, on pense à une qualité de vie, une capacité d'accès à une vitalité divine. Mais en même temps, on pense à quelqu'un qui est capable d'une discipline intérieure pour être à la hauteur de cette exigence. Il y a une exigence qui accompagne celui qui veut rencontrer le divin: son comportement de tous les jours, ses midot, là où il en est réellement, son dibour, sa chmira, la façon dont il se garde, dont il utilise son temps.
Dans le perek, au tout début, il est dit ce qui se passe quand quelqu'un fait techouva. Qu'est-ce qui se passe chez cet homme qui fait techouva ? Cela peut se passer à différents niveaux. Cela peut se passer à un niveau qui est celui d'un conflit avec sa conscience: l'homme a fait quelque chose qui n'est pas bien, et il y a en nous une âme consciente qui a la force de nous embêter si on ne fait pas les choses comme il faut. C'est ce côté-là, certainement. Il y a cette dimension qui existe au niveau de faire les choses comme il faut.
Mais il y a aussi, dans un mouvement de techouva, quelque chose de beaucoup plus noble, de beaucoup plus haut, qui respecte certainement ce qui a été dit jusqu'à maintenant, mais qui va ailleurs. Quelqu'un fait techouva parce qu'à un moment donné de sa vie il a rencontré quelque chose de tellement beau qu'on n'oublie plus. Et ça, on le veut. À la recherche de cette lumière, on se rend compte qu'on est dans un processus de rencontre avec une lumière qui est exigeante. Une drôle de lumière.
Le Rav, dans ce perek d'Orot HaTechouva, s'étend sur cette rencontre avec l'exigence qui accompagne la rencontre avec la lumière divine. Il faut être à la hauteur.
On est à la page Samer Guimel. Je reprends, mais c'est un peu ce qu'on a déjà vu. Je reprends le petit paragraphe Aleph de cette page.
Ça peut exister aussi, certainement. Le Rav Kook parle d'une dynamique de la fin des temps dans laquelle le monde fait techouva.
Et on est à l'intérieur de ce mouvement-là. Je pense qu'à ce niveau-là, une partie du judaïsme français est effectivement concernée par ça. Tout le monde entend Israël, il faut bien que j'en montre moi aussi. Je crois qu'il y a un côté comme ça: on rentre à la maison dans des conditions où l'on veut être à l'aise, où l'on veut être bé'sédér. Et ici, on va prendre d'abord ce premier paragraphe Aleph, et on va le relire à nouveau.
On va voir à l'intérieur de ce chapitre des directions qui apparemment sont différentes.
Par exemple, ce premier paragraphe du Perek parle de quelqu'un qui veut faire techouva et qui sent, qui vit que, pour réussir cette techouva, il a besoin de rencontrer le texte sacré. Ce n'est pas le fait qu'il veut comprendre le texte sacré, et que le texte sacré lui impose la techouva à ce niveau. Ce que veut dire le Rav ici, c'est que cet homme, qui s'engage et qui a senti, on en a parlé, la nécessité de faire techouva, comprend que, pour réussir cette techouva, il a besoin des Ktavé HaKodech. Il a besoin des grands messages des textes sacrés. C'est eux qui vont l'aider à faire techouva.
Mais il peut y avoir aussi le contraire, comme on le verra. C'est le fait qu'une fois que j'ai connu ces textes et que j'ai commencé à apprécier la rencontre avec les grands messages de la lumière divine, je me sens obligé de tout faire pour comprendre ces textes. Et les choses vont dans un sens comme dans l'autre. C'est un peu, Bezrat Hachem, comme une vie de couple: on ne sait pas par où on commence. On sent une nécessité, on a une rencontre, et cette rencontre nous révèle une vitalité, et cette vitalité a d'autres types d'exigences, et les choses se remplissent, se complètent les unes avec les autres.
Je reprends mon texte. On avance sur le texte même. Si je peux me permettre, essayez de suivre le texte avec moi, et ayez le courage, si vous ne comprenez pas, de dire « je ne comprends pas ». Ayez le courage, et l'intelligence, de chercher à comprendre vraiment le message.
C'est vrai, et je vous l'ai déjà dit, je le redis encore: la rencontre pour nous avec les textes du Rav Kook est une rencontre spéciale. Ce n'est pas par hasard que le Rav Kook est venu là où il est venu, il y a cent ans. Ces textes ont été écrits il y a cent ans. Mais le Rav Kook est quelqu'un qui parle pour notre époque, et il parle d'un processus. Il sait qu'on va vers quelque chose. Ce qui veut dire qu'une partie des textes que l'on va lire va certainement nous dépasser, et une partie ne va pas nous dépasser: ils vont justement nous donner la réponse à ce que l'on cherche. Mais c'est un cheminement qu'on commence.
Lire un texte d'Orot HaTechouva, c'est un chemin déjà avancé. Et ça prend cent quarante ans, et ensuite, Bezrat Hachem, quand on reviendra, on continue. On a l'habitude de dire cent vingt ans, mais peut-être cent quarante ans, mieux. Avec les projets, avec la façon dont avance la médecine, tout est possible.
Je pense qu'on n'a pas envie de quitter Jérusalem. À Jérusalem, on a quand même... Je crois qu'on est très sincère quand …
Cours d'Orot veKelim
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