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Techouva et la mémoire du passé intérieur

Le Rav Nahon relie la techouva à la vie de l'âme, à la chair purifiée et à la montée vers Erets Israël.

58 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Techouva, souffrance et guérison de l'âme, 51 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon commence par un récit personnel : l'enfance heureuse au Maroc, puis la perte du lien intérieur avec le passé pendant les études à Paris, retrouvé à Jérusalem par la téchouva. Il commente ensuite le texte d'Orot HaTéchouva du Rav Kook, selon lequel la téchouva relie le passé à l'avenir, la volonté profonde de l'homme étant la force qui la met en marche. Il s'appuie enfin sur Yehezkel 36 et sur le Kriat Chema pour montrer que le retour du peuple sur sa terre et la purification des fautes permettent de sentir la présence divine.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Je crois que j'ai déjà un peu raconté cela. C'est un souvenir qui me poursuit toute ma vie. Je me souviens, je suis né au Maroc, dans une ville très belle, près de la mer, Tanger. J'ai eu une enfance très heureuse, propre, gentille, un gentil garçon, un bon petit élève.

C'est ce qu'on me disait dans mon carnet: bon petit élève. Et je me souviens que pendant toute mon adolescence, j'avais toujours présent en moi mon parcours intérieur, depuis mon enfance jusqu'au bac. Je rentrais en moi et je retrouvais des moments que j'avais vécus dans mon passé. Ensuite, je suis allé à Paris, faire mes études d'ingénieur.

Dans cette atmosphère qui n'était pas Jérusalem dans sa grande propreté, je me souviens que j'avais perdu le contact avec mon passé. Je cherchais, je ne savais plus, je ne rentrais plus. Je n'avais pas de retour, je cherchais à l'intérieur de moi-même. Je me souvenais, un souvenir comme ça, mais pas un souvenir vivant comme dans mon enfance. Dans mon enfance, mon monde intérieur était présent, vivant.

Et cette histoire-là a duré toute mon époque française, tant que j'étais à Paris. Mais ce qui est beau, merveilleux, ce qui pour moi est merveilleux, c'est que quand je suis venu à Jérusalem, que je ne connaissais pas, j'ai fait une techouva, une dimension autre que ce que j'avais connu. J'étais un petit garçon incroyable: j'allais à l'école le vendredi et le Chabbat, l'école française. Vous, non, je pense que non ? Toi, Israël, tu étais à l'école juive ? Donc ça arrive à des gens très bien.

Mais quand je suis venu en Israël, Baroukh Hachem, je suis rentré peu à peu en moi, et je pense que j'ai plus ou moins retrouvé mon enfance aussi. C'est ce que je... Pourquoi je vous dis cela ? Parce que j'arrive dans le petit paragraphe Beit, à la page 9 de l'œuvre, qu'on a vu la dernière fois, je crois. On a vu Beit, d'accord ? Si tu veux, Daniel, tu le relis à nouveau. Doucement.

Je reprends ce qu'on a vu. On a vu cela la dernière fois, si je ne me trompe pas, au Perek Zayin, à la page Noun Aleph. Ce que je vous dis est vrai. Je suis heureux, comme tout, de vous voir ici, d'être avec vous, vraiment. Il ne faut pas que je pleure d'émotion, mais c'est vrai. On peut passer sur les noms.

Je suis digne de mes souvenirs. Je vais commencer par des noms que je connais, mais je ne suis pas sûr de les avoir tous notés. Est-ce que Béry est là ? Il n'est pas là, non ? Je lis la suite, mais je sais que les réponses ne sont pas toujours très positives. Koska Saharon n'est pas là. Benichou Jérémie, Rouven Bournino est très loin. Chikroun Rouven, Shalom Shalom, Shemda Daniel, Cohen Aviel, Yitzhak Etwati.

Malak Rouven, Auzi Jérémy, Kremar Emmanuel, là. L'aviot d'Eli Nathan, Lévi Benyamin, Lévi Eliyav, Ligari Daniel. Il y a toutes sortes de gens qui sont là. Maimon Eliyot, tu connais ? Marciano Aaron, Revivo Yoel, Tebol Malachi. Hop, là. Wisman Zachary. Il y a quelqu'un que je n'ai pas nommé ?

Tout le monde y est passé ? Et tu vois, par exemple, ça, je ne me souviens pas de son nom, c'est pas bien. Jérémie, je crois. On a repris le Perek Zayin, à la page Noun Aleph de notre édition jaune. Je relis, ça a déjà été lu, mais je relis encore ce qu'on a vu: Kol ma'avakh et chouva, quand elle est bien vécue, mais agedet et kol avar et laatid.

Meagged, c'est quoi, Meagged ? Eged, ça veut dire quoi, Eged ? On en a parlé, vous vous en souvenez ? C'est quoi ? L'Iye, d'accord ? Eged. Vous savez que la compagnie de bus qui s'appelle aujourd'hui Eged, vous savez comment elle s'appelait avant ? Ame Kacher. Ils n'ont pas beaucoup changé, ils ont un peu changé. Le contenu est le même.

C'est comme ça qu'on fait des techouvot. Mais à ce moment-là, c'est comme ça qu'on fait des techouvot. On met tout à fait en relation notre passé avec notre futur. Et à travers la volonté de faire des techouvot, et les plus belles formes de techouvot, ce sont les techouvot mé-ahava, qui nous permettent le meilleur de la relation avec le divin. Les techouvot mé-ahava, c'est comme ça qu'on fait des techouvot.

Notre futur, quand on l'aborde dans un contexte de techouva mé-ahava, se attide, mit'alé, s'élève, b'ilou yaratson, à travers l'élévation de la volonté, chel tshuva mé-ahava, d'achuvan paramou. Vous n'étiez pas là quand j'ai raconté cela, mais je vous le raconte à nouveau: ceux qui étaient là étaient là, ceux qui n'étaient pas là n'étaient pas là. Quand j'ai quitté mon Maroc natal après mon bac, j'étais un gentil petit garçon.

Je vous le dis, dans mon carnet de notes, on disait: bon petit élève. Et je me souviens encore, la première année à Paris, à un moment donné, tout mon passé, que je portais dans mon cœur tout le temps, a disparu. À cause de la pureté de Paris. La pureté ? La pureté de Paris. L'impureté de Paris, oui, pardon. Je me souviens que j'avais lu à l'époque L'Étranger de Camus.

Camus dit: celui qui a connu la vie dans les faubourgs de Paris... Lui, c'est un Algérien, Camus. Au départ, il a connu l'Afrique, propre, et ensuite il est allé à Paris. Et il disait, ce sont ses mots, dans L'Étranger: tous ceux qui ont connu la vie des faubourgs de Paris se sont définitivement souillés. Souillés.

Mais grâce à Dieu, ce n'est pas définitif, parce que celui qui est juif et qui arrive en Erets Israël arrive à faire le Dreikling. Mais il faut Jérusalem pour faire ce Dreikling. Il faut le faire, bezrat Hachem. Si tu persistes, tu y arriveras pleinement, à cent pour cent, pas quatre-vingt-dix-neuf pour cent. Bezrat Hachem. Tu apprendras, tu verras. Tu te marieras, bezrat Hachem, tu trouveras ta compagne. On en reparlera ensuite. J'espère que je serai là pour en parler. Marie-toi vite.

Ici, il te dit que la techouva, finalement, lie notre passé à notre futur, lequel futur est illuminé par cette dimension de techouva mé-ahava. En fait, nous disons chaque jour notre Kriat Chema. Et la Kriat Chema est un message on ne peut plus officiel de la mise en marche d'un roman d'amour, d'amour à tous les niveaux, entre le Maître du monde et nous. Quand vous lisez la Kriat Chema, qu'est-ce qui est dit ?

Avec tout ce que tu as. Tout ton cœur, toute ton âme, toutes tes capacités. Il s'agit de cela. C'est dit très officiellement. Et si c'est le bon Dieu qui le dit, c'est ce qu'il dit. Donc s'il dit qu'il nous aime, cela veut dire que c'est réciproque, cela va dans les deux sens. Il y a un potentiel de vie d'amour entre le Maître du monde et nous, qui est proposé sérieusement par le Maître du monde, qui sait ce qu'il dit. Donc, au travail.

Cours d'Orot veKelim

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