Techouva, peuple et monde : les courants du retour
Le Rav Kook décrit la techouva comme une force collective qui traverse l'humanité, guidée par la Providence divine.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Techouva et la mémoire du passé intérieur, 58 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente le chapitre 4 d'Orot HaTechouva du Rav Kook, consacré à la teshouva comme force qui traverse le monde entier et s'exprime à la fois dans le retour individuel et dans le mouvement collectif du peuple d'Israël. Il montre comment toutes les dimensions de la vie peuvent être reliées à leur source divine, y compris les actes en apparence les plus ordinaires. Il explique aussi que la liberté humaine, réelle mais très conditionnée, s'inscrit dans une providence qui dirige aussi bien les grands mouvements de l'histoire que le cheminement de chacun.
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Alors, nous prenons nos textes d'Orot HaTechouva et je passe. On était dans le Pérek Guimel. On a un tout petit peu parlé, touché le thème de la techouva par rapport à un état d'esprit. Mais je ne veux pas m'interdire sur ce texte. Et je vous propose de commencer le Pérek Dalet, à la page Lamed Hé de nos textes.
Alors, lisons le titre ensemble: Hachouva Hachratit Hayekhidit, veHachouva Hachlalit Hachiburit Hacholamit, baOlam ouvKnesset Israël. Je reviens un peu sur le texte de ce titre. Vous allez voir que ce texte unit deux dimensions, le grand et le petit.
Le Rav nous parle, baOlam, d'une part, de façon générale, dans le monde entier, et d'autre part, beKnesset Israël, à l'intérieur de l'assemblée d'Israël. Vous voyez que le Rav parle ici apparemment de deux dimensions qui sont différentes. L'une est la dimension de l'aventure individuelle dans notre techouva, et deuxièmement, quelque chose que nous, notre génération en tout cas, est certainement capable de vivre très fort. Cela a toujours existé, mais ce n'était pas toujours évident que chacun était capable de le sentir.
Nous sommes certainement conscients que notre génération est une génération dans laquelle il y a une techouva collective sur beaucoup de directions, comme par exemple le retour sur la Terre d'Israël, le retour aux sources juives. Tout cela, ce sont des techouvot collectives. Ce n'est pas vécu uniquement par nous-mêmes. On sent qu'on fait partie d'un mouvement général auquel on participe, nous aussi. Quand on arrive au Kotel, au moment de Chavouot, et qu'on voit des milliers, des dizaines de milliers de personnes qui arrivent, on sent qu'un mouvement rentre, et on sait que ce n'était pas toujours comme ça.
Pendant deux mille ans, c'était un peu n'importe quoi. Et puis on est rentrés à la maison: il y a une techouva collective, un retour. Ce n'est pas encore fini, il y a encore beaucoup de chemin, mais on a sûrement des exemples de ces choses-là, on sait de quoi on parle. On va lire un tout petit peu le premier paragraphe qui est là. Ce premier paragraphe décrit un élan mystique extrêmement puissant de la part du Rav Kook, qui sent, qui voit.
Je lis le texte.
On rentrera un peu dans la traduction de certains de ces mots, de ces textes. Pas en entier, on va tout lire d'abord, mais on va choisir un peu par-ci, par-là, des thèmes.
Nothenim chayim la-Amon olamim, le-tsiburim, besforout… …ukha… ve-hamon harav, shel atsvayim harabim, asher la shemesh hagedola azot ha-meira la-olamim kulam, shemesh ha-techouva, mipeneh shitfam verivouya, mipeneh mehiroutam ha-niflaa, mipeneh shehem baim mimakor ha-chayim be'atsmam.
J'apprends un peu depuis le début.
Le Rav parle de courants de techouva qu'il vit, qu'il sent comme étant des courants qui concernent le monde entier. Il dit: chodfim em zirmei techouva. Le mot zerem veut dire courant. Les courants de techouva, les forces de techouva qui s'étendent dans le monde. Chodfim: se déverse, coule.
Après tout, il y a aussi bien la techouva des individus que la techouva générale. Ce sont des forces qui sont lancées dans le monde. Et à quoi cela ressemble-t-il ? Comme les vagues de feu qui sont sur le soleil. Le Rav écrit, à son époque, en pleine découverte de toutes sortes de regards scientifiques sur le monde. On regarde le soleil: nous savons que le soleil est parcouru de flammes sans arrêt. Cela a été démontré par toutes sortes de télescopes, tout simplement pour ceux qui savent regarder. Et le Rav a vu cela, il en parle. C'est une espèce de feux d'une puissance énorme, qui sont en train d'animer la vie.
Et ces feux-là, milkhem etad, c'est une bataille constante. Ils se répartissent, s'éclatent, vont et descendent, et ils donnent la vie à une foule de monde et de créatures sans nombre. On n'a pas la force de saisir toute la richesse des couleurs de ce soleil énorme qui illumine le monde: le soleil de la techouva, qui rayonne partout, qui influence partout. On ne peut pas tous s'en rendre compte, mipenei chitfam verivouyam, à cause de la puissance des forces qui entrent en jeu, à cause de leur vitesse. Mipenei parce que mevaim mimakor hayim be'atsmam: ce sont des forces qui viennent de la source même de la vie.
Che-azman be'atsma: où le temps lui-même a disparu. C'est encore plus haut que l'apparition du temps. Ce sont des forces qui tirent leur puissance de l'origine même de la vitalité. Ce que le Rav dit là, c'est la techouva dans son essence la plus grande. C'est le Rav dans sa grandeur mystique: à quel point la force d'en haut, le divin, est concernée par le fait de mettre le monde en marche, de le faire évoluer, de lui faire faire techouva, de le changer. Il vit cela de façon très mystique et puissante, comme des forces énormes qui sont sous-jacentes au monde entier, qui le brassent et qui travaillent à tous les niveaux, collectifs et individuels.
Le texte que le Rav propose, regardez, je relis encore cette phrase. La Neshama, la Yechidit et la Tsiburit, aolamit ve-olme olamim, kelavyiatno ra'a tsoaket, bechavlea letikoun gamour, lemetsiyouta ide'alit, ve-anu chashim eta machovim, ve-memarkim otanu, kemo arze shemamtik et habasar, hemamtikim et kol merorotenu.
La Neshama, la Yechidit et la Tsiburit, l'âme de l'individu et du collectif. C'est un terme sur lequel on reviendra, beaucoup, dans ce chapitre. Cette notion d'âme collective est accessible quelque part, elle existe et elle est accessible. Et c'est le collectif, essentiellement le collectif d'Israël, mais c'est aussi le collectif du monde entier.
Aolamit ve-olme olamim: au niveau du monde et des mondes. Kelavyia nora: comme une lionne, en train d'accoucher, une lionne énorme, terrible, tsoaket bechavlea: qui crie dans ses douleurs d'enfantement. Letikoun gamour: pour mener le monde à une correction totale, lemetsiyouta ide'alit: vers une réalité idéale.
Ve-anu chashim eta machovim: le Rav dit que, dans sa sensibilité, nous sentons ces souffrances, ce désir profond qui est dans le monde, que le monde évolue vers le mieux. Nous sentons cette souffrance. Memarkim otanu: ces souffrances-là nous purifient. Kemo melah: comme ce sel qui, d'une part, pique, mais en même temps guérit, et qui, quand il est mis sur la viande, la purifie. Hemamtikim et kol merorotenu: ces forces-là, dans leur amertume, dans leur difficulté, adoucissent nos amertumes, ce désir du bien.
Je vais rentrer sur des textes peut-être plus faciles à aborder. On va lire le paragraphe.
C'était la page suivante, page Lamed Vav.
L'idée centrale, c'est que les vitalités humaines que nous vivons ne sont pas forcément reliées à l'origine divine de notre vie. L'homme peut vivre une aventure qui peut apparaître comme profane, mais à travers la techouva que nous vivons, que le monde peut vivre, on peut mettre en relation toutes nos vitalités avec leur origine divine et donner un sens plein à cette …
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