Techouva : l'idéal de l'homme malgré ses fautes
Le Rav Kook montre comment l'âme, portée par le désir de plénitude, se réalise par la techouva.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Techouva et la coupure avec la vie, 36 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon introduit l'étude d'Orot HaTechouva du Rav Kook à partir d'un passage du chapitre 5 (et non du tout début du livre). Il explique que l'homme porte en lui une âme, étincelle divine aspirant à la plénitude morale, et des forces animales qui le font parfois trébucher. La techouva permet de concilier cet idéal avec la réalité de la faute, en corrigeant l'avenir et même, selon le Rav Kook, le passé. Il illustre cela par l'histoire de Ben Dordaïa, pécheur qui trouve sa place dans le monde à venir grâce à sa techouva.
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Je vous propose, comme introduction à notre étude d'Orot HaTechouva, un texte qui n'est pas du tout au début de l'ouvrage, mais dans le perek Hey d'Orot HaTechouva, à la page Membet. Certains d'entre vous le connaissent peut-être, mais même si c'est le cas, on peut se permettre d'y revenir une fois encore. Au moins une fois. Puisque tu es là, Emmanuel, et que tu as le texte devant toi, tu vas essayer de le lire très fort.
Vav, Adey, Achchevet, Bit, Chona, Achim, Arim, Achayim.
On saurait tout ce niveau.
Le message, on va essayer d'entrer ensuite dans le détail des mots. C'est un hébreu très riche, et c'est l'occasion d'enrichir votre hébreu en rencontrant le texte du Rav Kook. Mais le fond du message, qui est très simple, est le suivant. On rentrera dans le texte, mais l'être humain a été créé pour être à l'image de Dieu. C'est ainsi que c'est écrit.
Ce sont les textes qui apparaissent au tout début de Maassé Béréchit, les paracha'ot que nous lisons en ce moment. Et nous savons que lorsque HaKadoch Baroukh Hou a créé l'homme, il était question de faire quelque chose qui s'appelle B'Tselem Elokim. Malgré le fait que cet être, l'homme, porte en lui des forces très différentes les unes des autres. Il porte une âme qui est
une étincelle divine, qui porte en elle toute la pureté, la plénitude, la clarté, la lumière du divin, et qui garde pour toujours le souvenir qu'elle est une partie du divin, avec tout ce que cela implique comme droit à l'idéal. Et de notre côté, l'homme est un animal.
Un animal, c'est un être qui vit dans ce monde, mais qui est poussé par énormément de yetsarim qui font qu'il vit grâce à cela. S'il n'avait pas faim, il ne mangerait pas, et s'il ne mangeait pas, il ne subsisterait pas. S'il n'y avait pas de yetsarim, disons sexuels, ce n'est pas évident du tout qu'il y aurait
une continuité pour l'être humain. Il est évident qu'une femme n'est pas tellement intéressée à porter pendant neuf mois un enfant dans son ventre, et qu'ensuite cela fait mal. Ce n'est pas difficile, c'est une longue histoire. Mais dans le contexte où cela est accompagné de tout un monde de joie, d'obligation, de désir, de force, alors l'humanité continue. Ken.
Tu lèves très fort ta voix.
— Faire un enfant, ce n'est pas un désir. Hachem, après, Hachem...
Non, je dis que c'est un événement connu comme étant plein de joie. En dehors du fait de faire un enfant, il y a aussi le fait qu'il existe des forces. Le message, c'est qu'il y a une partie des forces que l'on porte en nous-mêmes, qui sont parfois
d'une puissance extrême. Et leur but est de faire marcher la vie. Maintenant, tu dis avec raison que dans certains cas, on n'a pas besoin de cela pour faire continuer la vie. De la même façon qu'il y a des gens qui mangent, non pas parce qu'ils ont faim, mais parce qu'ils savent qu'ils doivent manger, et qui choisissent ce qu'il faut manger. Mais la faim est quelque chose qui est pour le bien de l'humanité, c'est pourquoi on mange. Et si on mange, on vit. Et si on ne mange pas, c'est un problème.
Tout cela pour te dire qu'on porte en nous des forces animales, parfois un peu sauvages. Ce n'est pas simplement l'âme. Et cet être complexe doit vivre et essayer malgré tout de réaliser son projet: être un, créer, être un être à l'image du divin. Et dans la mesure où cet être est, comme je vous le dis, un animal qui fait des fautes,
on va voir des textes qui en parlent de façon très, très claire. Et si l'on veut quand même récupérer le droit de porter un idéal de plénitude qui nous rapproche du divin, il faut trouver le moyen, malgré le fait que l'homme fasse des fautes, de garder cet idéal. C'est ce que nous dit ici le texte du Rav. Deux mots, mais on rentrera dans le détail.
## La techouva, source d'assurance
Chez l'homme, cette assurance qu'il peut faire techouva ne laisserait pas de place à un authentique idéal de plénitude. Et maintenant qu'il sait que même s'il fait une faute, il peut corriger, reprendre et se renouveler complètement, il peut espérer parvenir avec le temps à une vitalité qui s'appelle shalem, pour être aussi à la hauteur de notre rencontre avec ce Dieu
extraordinaire qui est au-dessus de nous-mêmes, qui est un être, une folie d'intelligence, de beauté, d'esthétique, tout ce qu'on veut. Et on voudrait être, quelque part, un peu à la hauteur de cet être-là, dans la mesure où on a été créé, en principe, à son image.
Si vous le permettez, je reviens un peu sur ce texte qui a été lu par Emmanuel. Je reviens dessus. On essaie de suivre de très près, et je vous en prie, si vous ne comprenez pas, posez des questions.
Mi baladeh marchevet ha techouva menuhata ou bitrona. Si, s'il n'y avait pas le fait qu'il existe une techouva, sans l'existence de la techouva — ici c'est dit en termes de marchevet, qui est la pensée de la techouva, mais je pense que l'idée est la réalité, la vitalité de la techouva. Menuhata ou bitrona: Menuha, qu'est-ce que c'est ? Tu n'as pas de texte, ça va ? Tu n'en as pas besoin ? Tu l'as, pardon. Excuse-moi, je ne le voyais pas. Pardon. Nakhon, repos. Bitrona, bitakhon, c'est la sécurité.
Alors le texte nous dit que le fait de savoir que nous portons en nous un potentiel de techouva nous donne un repos. Parce qu'on sait que, même si on fait des fautes, et on sait que c'est humain de faire des fautes,
on va quand même pouvoir se corriger, et cela nous tranquillise. Et cela nous donne aussi une sécurité par rapport à nous-mêmes, bitahon, on va pouvoir aller de l'avant. Mais sans cela, l'homme ne pourrait pas trouver une véritable tranquillité. Et la vie spirituelle, qui est accompagnée d'une rencontre avec le divin,
qui est plein d'idéal, n'aurait pas pu se développer dans le monde. C'est la techouva qui nous permet cela. C'est comme si l'on disait: s'il n'y avait pas de crayon ni de gomme, il n'est pas question de penser qu'on peut apprendre à écrire. Grâce à cette gomme et à ce crayon,
on peut revenir sur ce qu'on a fait, revenir sur son ouvrage et corriger peu à peu. Et chacun de nous revient sur son ouvrage, qui est de réaliser en soi quelqu'un qui essaie de mener ce projet et d'être à l'image d'en haut. Et grâce à la techouva, qui nous permet de reconstruire et de refaire, peu à peu on apprend à vivre, on apprend à être à la hauteur. Et sans cela, l'idéal ne pourrait pas grandir. Dit le Rav.
## Le sens moral et l'idéal divin
Et il insiste sur le fait qu'on porte en nous une âme qui a un sentiment, un sens moral, avec toutes les exigences du moral. Je continue la suite de notre …
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